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LA SOCIETE AU MOYEN-AGE

 

 

L'organisation

 

La fin d'un monde

Peu après les invasions barbares, le décor urbain de Rome disparût, et laissa place aux champs, pâturages et forêts. Les principes de la culture urbaine des Romains devaient ainsi s'adapter à ce nouveau changement. De puissantes tribus germaniques envahirent l'Europe et s'y installèrent aux IIIe et IVe siècles de l'ère chrétienne. Elles amenèrent de nouvelles règles de conduite, de nouveaux codes d'éthique et une nouvelle manière d'accumuler et de répartir les richesses.

La décadence de l'Empire

Détail d'un tableau représentant une orgie romaine, signe de la décadence de l'Empire.

Les Romains de la décadence - par Thomas COUTURE (Musée d'Orsay)

Les Romains de la décadence - par Thomas COUTURE (Musée d'Orsay)

Une société chaotique

Le monde était entré dans une nouvelle ère remplie d'énigmes et de mystères, il était dangereux de s'aventurer dans les forêts hostiles où les bandits avaient le contrôle. Les voyageurs du temps des Romains avaient disparus. La peur collective régnait partout. Les premiers Mérovingiens occupés à se détruire ont peu fait pour améliorer cette situation de chaos. A peine les invasions de l'Est endiguées qu'il fallait faire face aux Vikings et Normands. Le grand Charlemagne restaura en partie la situation en posant les principes d'une nouvelle administration. La monnaie circula de nouveau, des écoles furent crées, la population se hiérarchisa entraînant souvent la possession de privilèges pour les uns par rapport au autres. Cette période est couramment appelée : « La Petite Renaissance ».

L'organisation féodale

L'administration locale

Sous l'Empire carolingien, l'empereur représentait le cœur de l'organisation administrative. L'étendue de son territoire l'avait contraint à déléguer son pouvoir à des responsables de régions, contrées ou districts. L'insécurité du territoire était telle que le royaume était délimité géographiquement de telle sorte que l'on pouvait aller d'un point à un autre en une journée de cheval. Les rivières ou les forêts délimitaient les régions ainsi formées. La nécessité et la peur avaient imposé un tel réseau de relations entre le responsable d'une région, appelé vassal et l'empereur ou le roi auquel il avait juré fidélité. Le vassal prêtait serment au seigneur, il occupait ainsi un fief, domaine terrien de taille importante. Il devait fournir des soldats au seigneur et lui assurait des revenus. En retour, le seigneur le protégeait avec son armée.

L'organisation du fief

Certains champs et villages dépendent directement du vassal qui est retranché dans le château fort. Celui-ci a confié des hameaux à des arrière-vassaux qui protègent à leur tour des sous-vassaux qui s'occupent de quelques parcelles et maisons.

(Bibliothèque nationale de France)

(Bibliothèque nationale de France)

Décentralisation du pouvoir

Le système féodal est donc formé d'un ensemble de rapports personnels, fondés sur les aides réciproques qui organisent la société sur de nouvelles bases. Un certain rapport de force est caractéristique du système féodal. Le puissant a besoin d'hommes fidèles pour l'aider à administrer les terres et l'armée. Il y a d'autre part les moins puissants qui demandent aide et assistance, ils deviennent ainsi serviteurs du plus puissant. Mais ils pourront en outre promulguer des lois, recruter des soldats... Le système féodal est né de la faiblesse des États et de l'insécurité qu'elle engendrait. L'État fut par la suite morcelé en un grand nombre d'unités autonomes et accompagné du déplacement de la vie sociale et économique vers la campagne ainsi que vers la résidence du seigneur : le château.

La vie au château

Le château était le centre d'un ensemble vivant pratiquement en circuit fermé. Il comprend les habitations du seigneur, des soldats, des paysans libres, des artisans, des serfs ainsi que tout ce qui était nécessaire à leur vie : les écuries, les entrepôts, les magasins, les fours, les ateliers... Dans des situations exceptionnelles telles qu'un siège, il pouvait se passer du monde extérieur.

(Bibliothèque nationale de France)

(Bibliothèque nationale de France)

Une société nouvelle

Le vassal n'était pas le vrai propriétaire de son fief, cela revenait au suzerain, mais il pouvait administrer et utiliser à son profit les ressources et les produits de la terre. A la mort du vassal, la terre revenait au suzerain, mais dans la pratique le fils du vassal venait renouveler le serment de fidélité fait par son père. Le vassal peut lui-même être assisté par d'autres personnes qui lui prêtent serment, ces personnes recevaient alors, un château, une tour fortifiée avec un village, des champs, ou une route et un pont. Ils constituaient les arrière-vassaux. A cette époque on distingue déjà trois ordres : la noblesse qui s'occupait de commander et guerroyer, le clergé qui priait pour la paix spirituelle, les paysans quant à eux travaillaient moissonnaient, ils survivaient avant tout.

L'émergence de la noblesse

A la mort de Charlemagne, le pouvoir impérial s'affaiblit, les délégués du pouvoir prirent de l'indépendance et de l'importance. Une noblesse émergea et se hiérarchisa respectivement en barons, vicomtes, comtes, marquis, ducs et princes. Il arrivait même que des vassaux soient plus riches que leurs seigneurs. Ainsi les ducs de Normandie qui contrôlaient l'Angleterre étaient plus puissants que les rois de France. Lorsque les Capétiens montèrent sur le trône leur pouvoir était très réduit, ils ne contrôlaient pas tout le royaume mais uniquement la région d'Île de France. Il leur fallait aussi assurer leur hérédité, mais peu à peu les Capétiens parvinrent à restaurer l'autorité royale et à renforcer leur pouvoir. De son coté, l'Église récupéra le monopole spirituel de l'Occident où la vision manichéenne du Diable et de Dieu n'a jamais été aussi forte.

Le serment du vassal au seigneur

« Tout le monde sait que je n'ai rien pour me nourrir et me vêtir. C'est pour cela, mon seigneur, que j'ai sollicité votre miséricorde, et vous avez bien voulu me l'accorder, la faveur de me placer sous votre protection. Je le fais à condition que vous me donniez de quoi vivre, en échange de mes services... Tant que je vivrai, et bien que demeurant libre, je vous servirai avec fidélité. Mais en échange, je resterai toute ma vie sous votre pouvoir et votre protection. »

Chroniques de Jean Froissard, XVe, (Bibliothèque nationale de France)

Chroniques de Jean Froissard, XVe, (Bibliothèque nationale de France)

Expansion du système féodal

L'Empire carolingien était à l'origine d'une renaissance artistique, qui s'effondra sous les invasions normandes. Cependant les Normands adoptèrent le système féodal, ils l'exportèrent même en Sicile et en Angleterre. Le système féodal fut même employé en Espagne par les Musulmans. Les Croisades l'exportèrent jusqu'aux seigneuries latines d'Orient. Au XIIe siècle, les fiefs sont les plus importants au Nord et au Centre de l'Europe. Ils allaient donner naissance aux régions et principaux États modernes. Le système féodal se maintint en place près d'un demi-millénaire. Pendant des siècles, des régions européennes vécurent dans un climat de paix et de prospérité, cela n'excluait pas les guerres entre barons, mais le peuple avait rarement à subir les pillages et rapines.

La hiérarchie de la noblesse

  • Prince
  • Duc
  • Marquis
  • Comte
  • Vicomte
  • Baron
  • Chevalier
  • Ecuyer

La condition des pauvres

Différentes conditions pour le peuple

  • Les artisans : Ce sont les plus favorisés, ils s'occupaient de travailler le fer, le cuivre, le bois, la laine... Ils obtenaient un atelier et une maison par un seigneur et devaient lui fabriquer des outils en contrepartie (des armes en général). Mais ils restaient des hommes libres.
  • Les alleutiers : Parmi les agriculteurs qui cultivaient les champs du seigneur, nombreux étaient ceux qui étaient également libres. Ce sont les alleutiers qui étaient propriétaires d'un alleu (terres libres sans le contrôle d'un seigneur). Ils nécessitaient cependant une protection, et réclamaient ainsi le soutien d'une armée à un seigneur. En échange, ils fournissaient au suzerain une partie de la récolte et devaient effectuer des corvées (travaux gratuits) : réparation d'un mur du château, construction d'un pont, moissons... Ils devaient en outre payer une taxe pour utiliser le four ou le pont seigneurial. Mais malgré ces charges lourdes, il en résultait un accord entre hommes libres.
  • Les serfs : Beaucoup plus modestes que les autres, ils étaient quant à eux attachés à une terre et à un seigneur, ils n'étaient donc pas libres, mais ils vivaient dans des conditions beaucoup moins dures qu'on ne le pense. Cette « servitude » leur apportait une sécurité et une certaine stabilité.

Le travail de la terre au mois d'octobre

Jean et Herman Les très riches Heures du duc de Berry, le mois d'octobre - par Paul LIMBOURG (musée Condé, Chantilly)

Jean et Herman Les très riches Heures du duc de Berry, le mois d'octobre - par Paul LIMBOURG (musée Condé, Chantilly)

Le monde rural

La ruralité est le nerf du système, elle constitue la base de la survie économique. Les industries sont en effet peu présentes, elles se réduisaient à la fabrication des armes, de forteresses, de cathédrales... Et le commerce interrégional existait à peine. La majorité des paysans restent des hommes libres chez eux, l'esclavage se limitait à la cour royale et à la vassalité. Les paysans semaient à la main et utilisaient des bœufs pour cultiver. Chaque année, des terres étaient laissées en jachère (non cultivées) afin de les rendre fertiles. Mais très vite, les conditions du paysan se dégradèrent. Le temps devint plus humide et plus froid au XIIIe siècle, les récoltes furent mauvaises. Bientôt, il n'y avait plus assez de soleil pour extraire le sel de l'eau de mer, la viande ne se conservait plus. Ainsi, des maladies apparurent : la typhoïde, la dysenterie et la peste, elles s'ajoutèrent à la famine qui poussait certaines personnes à manger chiens, chats et même leurs propres enfants.

Les chevaliers

La chevalerie

Rompant avec la tradition franque qui consistait à partager le royaume entre les fils, le seigneur féodal fit de son fils aîné l'unique héritier du fief. Les autres fils recevaient une somme d'argent, une armure, un cheval dressé pour le combat, un écuyer et une épée. Nantis de ce bagage, ils s'aventuraient sur les routes, et avec l'aide de Dieu et de leur épée pouvaient-ils conquérir un fief. Ce furent les premiers chevaliers. C'est sous l'influence de l'Église que fut créée la chevalerie, un ordre militaire et presque religieux, difficile à accéder. Ses membres devaient s'engager à servir le bien, la justice et l'honneur.

Chevalier au cours d'un tournoi

L'initiation du chevalier

Seuls les fils de nobles pouvaient devenir chevaliers. De rares exceptions étaient faites pour « les chevaliers de l'épée » qui obtenaient ce titre pour leur courage sur le champ de bataille. Mais le postulant devait suivre un long apprentissage. Dès sept ou huit ans, le jeune cadet devenait page et servait le seigneur comme un domestique noble. A quatorze ans, il devenait écuyer, il portait son écu (bouclier représentant les armoiries), il devenait son assistant sur le champ de combat. Il apprenait dans le même temps, le maniement des armes et à monter le cheval en portant son bouclier et sa lourde lance. Il s'entraînait à l'esquive des coups avec la quintaine (mannequin en bois qui pivotait sur un axe). L'instruction durait sept années en général.

L'investiture du chevalier

La cérémonie d'investiture du chevalier avait traditionnellement lieu le jour de l'Ascension (quarante jours après Pâques). Le seigneur fournissait le coûteux équipement du chevalier. La veille de la cérémonie, le postulant portait une chemise blanche et une tunique rouge, couleur du sang. A la tombée de la nuit, le chevalier passait la nuit agenouillé devant l'autel de la chapelle à prier. A l'aube, une sonnerie de trompette annonçait le début de la cérémonie. Durant la messe, le chapelain rappelait les devoirs du chevalier. Après la communion, le cheval du futur chevalier entrait dans la chapelle. Puis la main tendue au-dessus de l'Évangile, le jeune homme jurait solennellement de respecter les règles de la chevalerie. Il revêtait alors son armure (haubert, cuirasse, brassards, jambières). Puis le seigneur frappait du plat de l'épée, les épaules et la tête du chevalier (adoubement). Le seigneur prononçait alors ces mots : « Au nom de Dieu, de Saint-Michel et de Saint-Georges, je te fais chevalier. Sois preux, loyal, généreux. » Le chevalier mettait son casque, saisissait sa lance et sautait à cheval. Cette chevauchée était le symbole de son errance à travers le monde où il devra faire respecter la justice, défendre la foi...

L'adoubement du chevalier


Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • Fascicule Soldats de plomb du Moyen Âge (Altaya)
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_f%C3%A9oda

 

La religion

Introduction

Au début du Moyen Âge, la foi religieuse était déjà profonde et bien ancrée chez les chrétiens européens. Malgré une tendance à générer un certain fanatisme, elle ne s'exalta que rarement jusqu'à la violence. Les choses changèrent cependant à mesure que grandissait et s'étendait la menace de l'Islam...

Présentation du contexte historique

L'expansion du christianisme

A partir de l'an 100 de notre ère, les conversions au christianisme au cœur même de l'Empire romain alarmèrent les dirigeants impériaux. Sous le règne de Néron, la persécution s'effectuait à une cadence vertigineuse. Le théologien Origène qui s'était castré pour ne pas succomber au péché de chair écrivait alors : « La foi en Jésus Christ s'assoit, se nourrit et s'étend sur des montagnes de martyrs ». La logique et la morale de la pensée gréco-latine ne pouvait comprendre la chrétienne. Alors que les Romains se livraient avec délice au paganisme, l'empereur Constantin Ier fut frappé par une vision, et se convertit subitement au christianisme. En fait ce césar se souciait moins de ses convictions que d'une opportunité diplomatique.

Le Bien contre le Mal

Dans ce bouillon de culture très particulier que fut le Moyen Âge, bourré de fantaisies démoniaques et de visions angéliques, deux acteurs tiennent un rôle de premier plan : Dieu et Satan. Deux antithèses mères de tous les excès entre ferveur et exaltation. Hors le Ciel ou l'Enfer, point d'alternative au genre humain en cette période sombre. Sauver son âme telle était l'objectif. Pourtant au début des invasions barbares, Dieu était craint, ses colères étaient redoutées, mais finalement en quittant l'époque mérovingienne, le Dieu exerçant les châtiments est progressivement devenu un Dieu bienfaiteur incarnant le Bien, et Satan est devenu la personnalisation du Mal.

La sagesse de Dieu

L'image de Dieu en vieillard tenant le globe, se répand dans l'art occidental au cours du XIVe siècle.

Heures à l'usage de Troyes (Troyes, B.m., ms. 3713, f. 093, 3713)

Heures à l'usage de Troyes (Troyes, B.m., ms. 3713, f. 093, 3713)

Divers exemples de la ferveur religieuse

La croisade contre les albigeois

La ferveur religieuse fut le grand symptôme du Moyen Âge, à la chute de l'Empire romain, le christianisme apparaissait comme une religion jeune et vigoureuse. Un processus d'expansion soumis à des évolutions du point de vue dogmatique et spirituel, lui donnait un beau dynamisme. Cependant les hérésies et les schismes florissaient et se multipliaient. L'un des plus dangereux schismes était sans doute l'arianisme qui niait la divinité du Christ. L'une de ces hérésies fut celle des bogomiles de Bulgarie, et qui s'étendit jusqu'à l'Occident. Ce fut alors une grave crise religieuse en France qui vit s'affronter l'Église catholique aux Cathares et aux Albigeois. La croisade entreprise par la papauté contre l'hérésie cathare fut commandée par l'ambitieux Simon de Montfort. Les armées papistes ravagèrent l'Aquitaine, entraînant des milliers de victimes et détruisant la culture la plus raffinée de l'époque : la civilisation occitane issue du mythe de la chevalerie, de l'honneur chevaleresque et de l'amour-courtois, honorée par les troubadours.

Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle

La tradition raconte qu'après avoir été décapité en Judée, les restes de Saint Jacques le Majeur, apôtre du Christ, auraient été amenés dans le plus grand secret sur la côte de Galilée. De là, on suppose qu'ils furent embarqués pour la Galice extrémité de la péninsule ibérique. Un culte primitif local entretint et perpétua la mémoire de cet événement, tenant secrète la sépulture jusqu'à sa découverte au IXe siècle. La nouvelle se répand alors dans le monde chrétien de l'Europe de manière vertigineuse enflammant les esprits, exaspérant la foi de tous. Un engouement pour ce nouveau culte apostolique va drainer des foules pèlerines en quête « d'extraordinaire ». Des hommes se mettent en route, à pied par les sentiers et les chemins peu sûrs, traversant rivières impraticables et denses forêts au mépris de tous les dangers. Les pèlerins d'Europe se retrouvent en France et traversent notamment le col de Ronceveaux (la Chanson de Roland). L'élan de la Reconquista espagnole donnera de l'ampleur au pèlerinage.

Jacques le Majeur

Les croisades

Bénie par le pape et conduite par les monarques des royaumes chrétiens, cette aventure devait représenter tout ce que l'esprit médiéval avait de bon en lui. Huit croisades au total, où s'impliquèrent tous les états (clergé, noblesse, bourgeoisie et université), toutes castes confondues. Forgerons, tanneurs et artisans équipèrent les Croisés, les travailleurs de chantiers navals fournissaient les navires pour traverser la Méditerranée. Les femmes confectionnaient vêtements, couvertures, et brodaient avec ferveur les bannières, enseignes et fanions qui devaient arborer les champs de bataille, de nombreuses femmes de la Cour suivaient la reine qui accompagnait parfois son royal conjoint. Et la hiérarchie du clergé priait depuis les plus hautes cathédrales aux modestes chapelles. Les multiples campements devant les cités assiégées étaient en proie à une dévotion particulièrement atroce. Ainsi, après la mise à sac de la Palestine, Raoul de Caen, chroniqueur de la Première Croisade écrivait : « A Maarat, les nôtres firent cuire les païens adultes dans des marmites et embrochèrent les enfants pour les manger rôtis. » Certains prêtres musulmans qui savaient où se cacher la Sainte croix du Christ furent torturés, des Juifs étaient enfermés dans leur synagogue et y brûlèrent vifs. Ces entreprises démesurées étaient principalement menées par les Francs qui perdirent durant les Croisades plus d'hommes que tous les autres pays Chrétiens réunis.

La hiérarchie du clergé

Le clergé peut se distinguer entre :

  • clergé régulier: qui suit la règle d'un ordre religieux.
    • ordre monastique (bénédictains, cistérciens)
    • ordre mendiant (franciscains, dominicains)
  • clergé séculier : qui vit dans le « siècle », c'est-à-dire dans la société.

On peut également distinguer :

  • Le haut clergé, les prélats:
    • Pape
    • Cardinaux
    • Evêques
    • Archevêques
    • Abbés
    • Prieurs
  • Le bas clergé:
    • Prêtres
    • Frères convers
    • Curé

Annexe : voir la liste complète des papes

La justice

La justice au Moyen Âge

L'époque médiévale vit la coexistence de deux concepts en matière de justice :

  • Le premier se réclamant du droit romain, il s'agit de celui des rois et de l'Eglise, qui, après la chute de l'Empire et la christianisation des barbares incarnait l'antique prestige de Rome. Le Droit romain consistait en l'application de la justice en vertu de lois et décrets écrits : La loi des Douze Tables de l'ère républicaine tout d'abord, puis les lois plébiscites ou codes, à l'époque de l'Empire. Les Romains avaient adopté la manière des Athéniens de rendre la justice.

  • Le second est celui du peuple et des seigneurs sur leur fief qui désiraient établir leur justice sans rendre de compte, ce mode de justice dérive des principes du droit germanique Par essence, la justice germanique était très simpliste : le seigneur se réservait le droit d'infliger des châtiments à ses sujets, en application de vagues concepts issus d'antiques traditions. Cependant aucune loi n'était rédigée. L'exercice du droit germanique des seigneurs féodaux était réparti selon trois niveaux :

    • La haute justice, qui donnait pouvoir de vie ou de mort et l'octroi de l'utilisation de la torture ainsi qu'à la saisie des biens.
    • La moyenne justice se limitait à punir des délits qui n'impliquaient pas la peine de mort mais pouvaient conduire à de lourdes condamnations.
    • La basse justice était restreinte au châtiment des serviteurs dépendant du seigneur.

Scène de torture d'un homosexuel au Moyen Âge

Justice et châtiments

Les concepts de droit romain et de droit germanique se heurtèrent au cours des siècles, de nombreux châtiments physiques refirent leur apparition en Europe. La principale nouveauté introduite en Europe fut l'ordalie, il s'agit d'un système visait à démontrer la culpabilité ou l'innocence de l'accusé. Cette pratique barbare consistait à soumettre l'accusé à une épreuve difficile qu'il devait surpasser pour prouver son innocence. Parmi les plus courantes : la bassine d'huile bouillante dans laquelle l'accusé devait plonger une main et la ressortir indemne ou celle des braises de charbon chauffées qu'il devait se saisir sans se brûler... Evidemment dans la majorité des cas, l'accusation était suivie par l'exécution capitale. L'Eglise ne fit rien pour éradiquer ces pratiques brutales, bien au contraire, elle les développa avec dextérité. Une variante de l'ordalie fut celle du « jugement de Dieu » : l'accusateur affrontait l'accusé dans un combat mortel. Les femmes et les nobles pouvaient choisir un champion pour les représenter. Une autre pratique fut celle de l'écartèlement. Le prisonnier, après avoir été pendu, décapité, lapidé, ou criblé de flèches, était mis en pièces : chacun des « morceaux » était exposé publiquement.

Le Tribunal d'Inquisition

L'Inquisition était chargée dès le XIIIe siècle de réprimer l'hérésie dans certains États catholiques. Les premiers inquisiteurs connus, deux moines de l'ordre de Cîteaux lors de l'hérésie cathare. C'est en 1231 que le pape Grégoire IX créa Le Tribunal d'Inquisition, placé sous le contrôle de l'ordre des Dominicains. D'abord présentée comme un organisme judiciaire temporaire, l'Inquisition a été transformée en établissement régulier et permanent par les conciles du Latran (1215) et de Toulouse (1229). Toute personne pouvait être poursuivie sur simple dénonciation, l'essentiel pour les juges étant d'obtenir l'aveu des inculpés, ce qui, à partir de 1252, les amena à utiliser la torture. Par son action brutale, elle fut aussi utilisée pour combattre d'autres formes d'hérésie, pour réprimer la sorcellerie, pour persécuter les non-chrétiens ou jugés tels. Au XVe siècle, les progrès de la centralisation royale firent peu à peu tomber en désuétude les tribunaux d'Inquisition en France.

Sorcellerie et satanisme

En cachette, on pratiquait l'envoûtement et l'exorcisme. On croyait au pouvoir des talismans, amulettes, ou des philtres. La justice civile et religieuse ne tarda pas à mener une lutte féroce contre ces pratiques. Le satanisme se réfère à un maître, Satan ; c'est une religion qui s'oppose ouvertement à la chrétienté. Mais à cette époque, on ne fit pas de distinction entre sorcellerie et satanisme. Même l'herboristerie pouvait être considérée comme une hérésie.

Inquisition Scene, par Francisco GOYA 1816 (Royal Academy of San Fernando, Madrid)

Inquisition Scene, par Francisco GOYA 1816 (Royal Academy of San Fernando, Madrid)

Les ordres

Les ordres de chevalerie

Les Hospitaliers
L'ordre des Hospitaliers est fondé en 1113 en Palestine pour soigner et protéger les pèlerins qui s'y rendaient. Gouvernés par un grand maître, les Hospitaliers faisaient vœu de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Après la perte de la Terre Sainte avec la prise de Saint Jean d'Acre en 1291, ils s'installent à Chypre et conquièrent l'île de Rhodes sur les Byzantins en 1309. Charles Quint leur cède l'île de Malte; ils prennent alors le nom de Chevaliers de Malte. Ils continuent à s'illustrer contre les Turcs et s'illustrent lors de la bataille de Lépante en 1571. L'ordre demeura à Malte jusqu'à la prise de l'île par Bonaparte en 1798. L'ordre siège aujourd'hui à Rome et n'a plus qu'un rôle honorifique.
Les Templiers
L'Ordre des Chevaliers de la milice du Temple est fondé en 1119, pour la défense des pèlerins en Terre Sainte. Il s'enrichit, posséda domaines et forteresses, servit de banque aux pèlerins et, plus tard, aux rois. Après la perte de la Terre Sainte, l'ordre se retire dans ses possessions européennes. En butte à de nombreuses hostilités, notamment parce qu'il ne relève que du pape, l'ordre est persécuté à partir de 1307 par Guillaume de Nogaret et Philippe IV le Bel : arrêtés et soumis à la question, les Templiers avouent des crimes peu vraisemblables. Le pape Clément V convoque un concile sous la pression du roi de France. En 1312, Clément V prononce la dissolution de l'ordre des Templiers. Le grand maître de l'ordre, Jacques de Molay, est exécuté en 1314, et les biens des Templiers sont transmis aux Hospitaliers.
Les Chevaliers Teutoniques
Cet ordre hospitalier et militaire est fondé vers 1128 par les Croisés à Jérusalem, mais exerce son influence surtout en Allemagne. L'ordre bénéficie bientôt de privilèges et de donations considérables. Les heurts avec les Hospitaliers les incitent à chercher un établissement en Europe Orientale. Leur avancée à l'Est est limitée par les Russes (défaite devant Alexandre Nevski en 1242). Au XIVe siècle, le grand maître des Teutoniques apparaît comme un des souverains les plus puissants et les plus riches d'Europe. Le XVe siècle voit cependant leur déclin la défaite de Tannenberg de 1410 face aux Polonais et Lituaniens. Napoléon supprime l'ordre en 1809, qui se reforme en Autriche en 1840.

Le trésor des Templiers

On a beaucoup écrit sur ce fameux trésor, nombreux l'ont cherchés en vain. Pourtant l'ordre était infiniment riche, lorsque les sbires de Philippe le Bel investirent le Temple de Paris, ils ne trouvèrent rien. Un cortège de chariots recouverts de paille, avaient quitté la capitale la veille a-t-on dit. On dit que le trésor fut emmené au Nord de la France pour aller jusqu'en Angleterre. D'autres sources affirment qu'il fût caché dans les monts d'Auvergne. Mystère...

Diffusé sur www.mythes-et-legendes.net

Diffusé sur www.mythes-et-legendes.net

Les ordres religieux

La vie monastique a pris forme, dans ses structures essentielles, entre le IIIe et le XIIe s. Selon la tradition chrétienne, le monachus (moine) mène une existence retirée, plus ou moins solitaire, ceci est vrai pour l'ermite et, à un degré moindre, du cénobite (celui qui vit avec d'autres moines).

Les ordres monastiques (bénédictins, cistérciens)
L'ordre bénédictin, fondé au VIe siècle par saint Benoît de Nursie, est le plus ancien ordre monastique d'Occident. À partir du XIe siècle, l'ordre se diversifia : clunisiens, camaldules, chartreux... En 1098, avec la création de Cîteaux par Robert de Molesme, naissait l'ordre des cisterciens, dont le théologien le plus célèbre fut saint Bernard, abbé de Clairvaux. Mais les entorses à la pureté primitive de la règle se multiplient, le prestige des cisterciens décroît au profit des ordres mendiants.
Les ordres mendiants (franciscains, dominicains)
Saint Dominique part prêcher dans le pays languedocien en proie à l'hérésie cathare. Il prend conscience de l'ignorance de la population et du clergé. Il fonde à Toulouse en 1215, l'ordre des dominicains, une communauté de prêtres destinés à mener une sainte vie, à la prédication itinérante et à l'enseignement. C'est une innovation que de concevoir une vie religieuse au contact des foules et non dans un monastère isolé. Saint François d'Assise, quant à lui, fondateur des franciscains (1210) fait une rencontre personnelle avec le Christ qui le conduit à se dépouiller de tout son passé et à épouser Dame Pauvreté. La vie intérieure de St François est marquée par la réalisation de son propre péché et de la miséricorde de Dieu qui vient racheter. Les franciscains portent une robe brune avec une corde pour ceinture (ce qui leur a valu le nom de cordeliers), habit des pauvres de leur temps.

St Dominique


Sources et liens

  • Fascicule Soldats de plomb du Moyen Âge (Altaya)

 

 

L'art de la guerre

Stratégie militaire

Au Moyen Âge, à l'exception de Crécy, Bouvines ou Azincourt, il n'existe pas vraiment de grandes batailles. La majorité des opérations militaires consistent à éviter la bataille rangée et l'affrontement en rase campagne. La majorité des conflits ne sont que des escarmouches ou des embuscades (cependant meurtrières), des raids et des opérations relativement courtes mais avec des déplacements relativement longs en raison de la progression lente des armées. Souvent, dans les conflits locaux, il s'agissait de mettre en difficulté son adversaire en l'affaiblissant militairement (perte d'hommes, de matériel...) et économiquement (demande de rançons, destruction des ressources). Ainsi, il était coutume d'engendrer la crainte et la terreur, ce qui explique les sacs, pillages et autres rapines qui touchaient le plus souvent des populations pauvres et innocentes.

La bataille de Crécy (1346)

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

Tactique militaire

Le plus souvent, une armée était une combinaison de cavaliers et d'hommes à pied, ce qui aboutissait à un dispositif assez complexe qui était l'œuvre de grands tacticiens comme Charles le Téméraire par exemple. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, il n'existait pas de cartes d'état-major. Les commandants en chef n'avait une connaissance du terrain qu'en employant des espions ou des guides locaux. L'usage des cartes n'apparaît qu'au cours du XVe siècle pour les opérations terrestres, alors qu'on en employait depuis le XIIIe siècle pour les expéditions nautiques.

La bataille rangée

Refusée la plupart du temps, la bataille rangée était cependant le point le plus culminant de toute campagne. Il existe trois types de combattants au cours des batailles :

  • La cavalerie montée : Constituée de 3 ou 4 rangs de cavaliers formant une « bataille ». L'ensemble était constitué de petits groupes tactiques appelés « conrois » groupés autour d'une bannière représentant une famille ou un seigneur. On formait alors des blocs de cavaliers et de lances le plus serré possible. Les cavaliers se mettaient lentement en route pour conserver l'alignement, puis accélérant au moment d'arriver sur l'ennemi. Le but était de disperser l'ennemi, pour former des groupes isolés facile à vaincre.
  • La cavalerie démontée : La tactique était d'attendre l'attaque de l'adversaire. Cela pouvait durer longtemps... Elle était très utilisée par les Anglais, les Français, quant à eux l'appréciaient peu et l'employèrent bien trop tardivement.
  • L'infanterie : Le corps d'infanterie avait trois dispositifs de combats : en ligne de front sur quelques rangs formant une sorte de rempart ; en cercle très en usage chez les Suisses, employé par les Français à Bouvines ; en bloc comme la bataille en forme de quadrilatère, auquel s'ajoute un triangle d'hommes faisant face à l'adversaire. Une telle formation de 10 000 hommes occupait une surface de 60 m sur 60.

Sièges et places fortes

Les Sièges

La plupart du temps, face à l'arrivée d'une massive armée, la seule solution adoptée est d'aller se retrancher dans une place forte où l'on s'organisera pour soutenir le siège. La guerre de l'époque n'est donc qu'une succession de perte et de reprise de places fortes émaillés par de fulgurantes charges de chevaliers. Si l'attaque échouait, les chevaliers survivants se retranchaient à nouveau derrière les murailles de la place forte. C'est ce que l'on appelle la guerre guerroyante. Les armées se livraient alors à une incroyable partie d'échecs qui consistait à s'emparer des places fortes, car celui qui les dominait, contrôlait tout le fief.

Le siège d'Orléans par Jeanne d'Arc

Le château fort

Le château est le lieu de résidence du seigneur, plus il est imposant et doté de moyens de défense, plus le seigneur affirme sa puissance et sa gloire. Mais c'est aussi un lieu militaire protégeant les biens et habitants du fief. Les premiers châteaux furent des tours en bois établies sur des collines que l'on protégeait par plusieurs palissades et fossés. Vulnérables aux feu et autres armes de jet, la pierre fut utilisée sous l'impulsion de normands. Les premiers donjons en pierre étaient carrés, par la suite on les faisait arrondis pour réduire les angles morts. Puis sous l'impulsion de Philippe Auguste en France, les châteaux devinrent de véritables forteresses. Il devenait alors difficile de s'en emparer. La méthode la plus courante était le siège, on encerclait le château pour le couper des ressources. En manque d'approvisionnement, les assiégés finissaient par se rendre. Cependant le château pouvait contenir une grande quantité de ressources et le siège pouvait durer des années. Il fallait alors passer à la prise du château.

Voir la description intéractive d'un château fort

Les corps d'armées

La cavalerie

Généralement, il y avait trois divisions de cavalerie, la première vague devait enfoncer l'ennemi, le gêner et le disperser, pour que les deux suivantes vagues puissent le mettre en déroute. Les chevaliers, qui étaient l'élite de l'armée obéissait rarement aux ordres, ils combattaient uniquement pour leur gloire personnelle, la victoire n'était qu'au second plan. Parfois, les stratèges mettaient leurs cavaliers à pied à combattre avec les fantassins en renfort, on se plaçait derrière des dispositifs (pieux, tranchées) pour contrer des charges. La bataille de Crécy (1346) montre bien l'indiscipline des chevaliers, les Français qui étaient bien plus nombreux se sont butés face aux archers Anglais qui se retranchaient derrière des pieux, ils étaient appuyés par des chevaliers à pied, et vainquirent les Français. Mais à la fin du Moyen Âge, le rôle de la cavalerie lourde était beaucoup plus réduit, les stratèges avaient compris qu'il ne suffisait pas de charger des troupes d'infanterie bien disciplinées. Les charges dévastatrices étaient encore possible, mais lorsque l'ennemi était en fuite et désorganisé.

Les archers

Pendant le Moyen Âge, il y avait toute sorte d'armes de jet (arc court, arc long, arbalète), l'avantage des archers était de pouvoir tuer l'ennemi sans engager de combat individuel. Très pratiqué dans les temps anciens, l'arme de jet s'oublia au début du Moyen Âge où les chevaliers dominaient les territoires. Le code d'honneur rejetait l'arc, qui est considéré comme l'arme d'un lâche. Mais les archers demeuraient utiles pour les sièges et batailles, ils furent déterminant au cours des batailles d'Hastings (1066) et Crécy (1346). Les archers étaient en formation compacte, leurs flèches pouvaient percer une armure à moins de cent mètres. Les Anglais utilisèrent beaucoup les archers car ils étaient désavantagés lorsqu'ils se battaient hors de leur île. Ils développèrent la tactique du tir de barrage, plutôt que de viser une cible individuelle, ils visaient la zone qu'occupait l'ennemi. Ils pouvaient en outre tirer six flèches à la minute. Les arbalétriers devinrent incontournables dans les autres armées d'Europe, qui bénéficient d'une meilleure précision. Vers le XIVe siècle, les premières armes à feu de poing apparurent aux champs de bataille.

La bataille d'Hastings (1066)

Épisode extrait de la Tapisserie de Bayeux

Épisode extrait de la Tapisserie de Bayeux

L'infanterie

Pendant l'Âge sombre, les fantassins étaient prédominant dans les armées, la tactique était simple, on s'approchait de l'ennemi et on lui donnait de grands coups d'épées. Les Francs lançaient leurs haches avant de se précipiter sur l'ennemi pour briser leurs rangs. L'arrivée des chevaliers éclipsa l'infanterie, qui manquait de discipline et d'entraînement, il s'agissait souvent d'une milice de paysans. Les Saxons et les Vikings utilisaient leurs bouclier en avant pour se protéger des archers et des cavaliers. Les pays vallonnés (Écosse, Suisse) apprirent à utiliser l'infanterie contre l'ennemi, les lanciers et piquiers armés de lances et de pointes pouvaient ainsi mettre en déroute une cavalerie. Les Écossais plaçaient un cercle de lanciers pendant leurs guerre d'indépendance (comme dans le film « Braveheart »). Les Suisses se spécialisèrent avec l'utilisation des piques en réadaptant les formations de phalanges grecques. Pour contrer ces lourdes formations serrées, les Espagnols eurent l'idée d'utiliser l'artillerie, puis chargeait avec une infanterie équipés d'armes légères.

Les informations ci-dessous sont tirées du site www.donjons-de-france.com que nous remercions pour sa coopération.

Les armures

L'armure du soldat

Très vite, on comprit que se défendre du combat était aussi important que porter un coup à l'ennemi. Le terme "armure" n'apparaît qu'au XVe siècle pour désigner les protections en aciers, auparavant on parlait d'harnois ou d'adoubement. Les premières armures étaient faites en cuir, les Grecs et les Romains utilisèrent le bronze. A la chute de l'empire, l'armure disparût, les barbares ne portaient qu'un bouclier et un casque. A l'époque carolingienne, l'armure réapparaît, on plaçait des pièces de métal (écailles, rectangulaires, anneaux) sur une large étoffe, c'est la broigne, utilisée par les Carolingiens et les Normands. Au XIIe siècle, on adopta le haubert (cotte de maille), véritable tissu de métal. Un capuchon de maille et des gants de peaux complétaient parfois l'équipement. Puis, au XIIIe siècle, on complétait la cotte de maille avec des gantelets et des chausses de mailles, on ajoutait ensuite des pièces de fer, car le haubert était vulnérable aux armes de choc (masse, marteau). Puis bras, torse, coudes, jambes furent tour à tour protégés. Au XIVe siècle, il y eut une transition entre la cotte de mailles et l'armure de plates complètes, avant d'être abandonnée par l'apparition des armes à feu.

XIIe siècle - Haubert de mailles long, casque conique à nasalXIIIe siècle - Cotte de mailles complétée de chausses et de gantelets, surcot, heaume cylindriqueXIVe siècle - Gambison et haubert, surcot, cubitières, genouillères et grèvesXVe siècle - Armure de plates complète, gorgerette de mailles et bassinet

Le heaume

Le heaume désigne l'armure de tête, le terme fait son apparition au XIIe siècle, l'utilisation du casque remonte cependant à l'Antiquité. Les améliorations successives du casque consistèrent à couvrir de plus en plus le visage rendant difficile l'identification de son propriétaire. C'est peut-être l'origine de l'Héraldique, la science des blasons. Un épisode très célèbre figure dans la tapisserie de Bayeux, Guillaume le Conquérant enlève son casque pour être reconnu par ses hommes qui le croyait mort. Au Xe siècle, on utilisait le casque conique à protection nasale qui fut importé par les Normands. A partir du XIIIème siècle, pour mieux protéger le visage, on créa un heaume cylindrique enveloppant la tête entière avec des fentes uniquement pour les yeux. Ces heaumes étaient lourds et rendaient la respiration difficile. L'amélioration des techniques de travail du fer permit de revenir à une forme conique sur le dessus du heaume qui protégeait davantage que la forme plate, tout en conservant une protection du visage. Le bassinet, qui apparut vers le début du XIVe siècle améliora considérablement le confort. Il était moins lourd et possédait une visière pouvant être relevée. A la fin du XIVème siècle, le heaume à "tête de crapaud" fait son apparition (utilisé lors des tournois et joutes).

Casque conique avec protection nasale (XIe siècle)Heaume cylindrique à dessus plat (XIIe siècle)Heaume à bassinet (XIIe siècle)Heaume à "tête de crapaud" (XIVe siècle)

L'écu

Le bouclier est la plus courante et ancienne des armes de défense, spontanément, les hommes utilisaient des pièces de bois pour parer les coups. Puis on y installa des attaches destinés à maintenir le bouclier d'une seule main, parfois on y ajoutait une sangle pour reposer le bouclier sur le dos afin de manier des armes lourdes. Les premiers boucliers étaient ronds, mais ce sont les Romains qui adoptèrent les boucliers à bords droits, beaucoup plus efficaces contre les projectiles. Mais au Moyen Âge, les Francs et les Vikings utilisaient plutôt des boucliers ronds recouverts de cuir pour une meilleure rigidité. On appelle écu, le bouclier du Moyen Âge. Dès le XIe siècle, les Normands adoptèrent le bouclier long, arrondi sur le dessus, et se prolongeant pour protéger les jambes. L'amélioration des armures et l'utilisation du cheval contraignit les soldats à employer un bouclier plus petit. A partir du XIIIème siècle, l'écu porte régulièrement les armoiries de son propriétaire ce qui permet de l'identifier. Au XIVe siècle, le bouclier de tournoi, plus petit apparût, il possédait une encoche sur le dessus afin de maintenir la lance. Le pavois fit également son apparition, il s'agissait d'un grand bouclier ovale porté par les fantassins et les arbalétriers, qui le plantaient dans le sol pour se protéger lors du rechargement de leurs armes.

Bouclier Vicking avec l'umbo au centreBouclier Normand du XIe siècleÉcu en V du XIIIe siècle

Les armes

Les armes de corps à corps

  • L'épée : C'est l'arme la plus utilisée par l'homme d'arme du Moyen Âge. L'époque carolingienne voit s'installer l'épée longue (les Romains utilisaient des épées courtes). Elle devint alors une arme noble et le chevalier lui donnait parfois un nom (Durandal, l'épée de Roland). A la fin du XIIe siècle, la poignée devient plus longue pour être portée à deux mains. On distingue deux types d'épées, lames légères et lourdes qui servent à frapper d'estoc ou de taille (de la pointe ou du tranchant), les chevaliers possédaient souvent les deux types de lame.
  • La lance : C'est une arme très ancienne, on utilise un long bâton équipé d'une pointe en fer. Au XIe siècle, la lance ne dépassait pas trois mètres, elle servait à charger l'ennemi. On y ajouta une garde d'acier pour protéger la main du chevalier. Au XIVe siècle, on utilisait un crochet fixé sur l'armure afin que le chevalier puisse maintenir la lance sous l'aisselle. La lance fut ainsi plus longue et plus lourde.
  • Le fléau : C'est un manche de bois muni d'une chaîne métallique sur laquelle est accroché une masse de fer, les Français ne l'utilisaient que très peu. Elle était particulièrement destructrice pour les hauberts, elle fut ensuite rallongée, pour atteindre les cavaliers. La masse était généralement sphérique et armé de pointes. Une variante du fléau : le goupillon possédait plusieurs chaînes garnies de boules à pointes acérés.
  • La hache : Les peuplades germaniques furent les premiers à utiliser la hache (outil) au combat. Les Francs utilisaient la francisque (hache courte à une lame), qu'ils pouvaient lancer à 3-4 mètres pour ouvrir le combat. Ils utilisèrent plus tard la hache Danoise, longue (1m50) tenue à deux mains. Au XIVe siècle, des haches nouvelles apparurent (hallebarde), pouvant frapper de taille et d'estoc (tranchant et pointe).
  • La masse : Composée d'un manche et d'une tête garnie de pointes, on l'utilise dès le XIIe siècle. La masse pouvait briser un crâne ou même casser un membre à travers le haubert. Plus tard, la masse était formée d'une série de lames, le manche fut fabriqué en fer pour éviter qu'il se casse.
Le fléauLa hacheLa masseLa hache francisque

Les armes de jet

  • L'arc : Arme qui date du néolithique, il s'agit d'un bâton de bois courbé avec une corde liée aux extrémités. L'arc composite fut une avancée majeure, améliorée au niveau de la corne et des nerfs. Les flèches devaient avoir une trajectoire stable pour être efficace, généralement peu coûteuses, elles étaient produites en quantité. La taille des flèches dépendait de la difficulté à bander l'arc. L'archer était vêtu légèrement pour pouvoir se mouvoir plus facilement, pour sa survie, il devait disposer d'une arme supplémentaire (couteau, épée).
  • L'arbalète : Cette arme dérive de l'arc, elle est utilisée dès le Xe siècle. L'arc est posé sur une pièce en bois qui le maintient (arbrier) et d'un mécanisme (noix) qui permet de maintenir la corde tendue, de lâcher la flèche, et de bander l'arc. L'arbalète est plus puissante et précise que l'arc mais sa cadence est plus faible. Les flèches courtes étaient appelés les carreaux (15 à 30 cm). Le pape Innocent II interdit en 1139 l'usage de cet instrument (qui dit-on fut inventé par le diable), mais elle fut employée contre les infidèles lors de la IIIe croisade. Les différentes arbalètes se caractérisent par leur mécanisme :
    • L'arbalète à croc : tout en maintenant l'arbalète des deux mains, le soldat engageait son pied dans un étrier et tendait la corde en poussant l'arme.
    • L'arbalète à pied de biche : constituée d'un levier à deux branches, lorsqu'on le basculait, il ramenait deux crochets vers l'arrière qui bandaient l'arc. Elle était beaucoup utilisée par les arbalétriers à cheval.
    • L'arbalète à moufle : une corde attachée à un treuil était placée à l'aide d'un crochet sur la ceinture du soldat qui en tirant dessus rabaissait le treuil et bandait l'arc, c'est la plus puissante des arbalètes.
    • L'arbalète à cranequin : constitué d'un tambour rotatif qui sous l'effet d'une manivelle se déplaçait sur une roue dentée à crémaillère. Un stratège chinois inventa au IIIe siècle une arbalète à répétition qui pouvait tirer dix traits en quinze secondes.
ArcherArbalétrier

Sources et liens

  • Fascicule Soldats de plomb du Moyen Âge (Altaya)
  • http://jeanmichel.rouand.free.fr/chateaux/armes/armes.htm

 

 

L'art et la culture

 

Les différents mouvements d'arts

L'Art au Haut Moyen Âge

Peu après la chute de l'Empire Romain, on assiste à l'apparition d'édifices à plan centré basé sur le cercle, le carré ou l'octogone entourés de demi-cercles. A l'origine, à vocation thermale ou de loisirs chez les Romains, mais adopté comme édifice religieux par les chrétiens. Sur les différents décors, les personnages sont représentés avec de très grands yeux et des traits figés, l'individualisation se faisant plus par les vêtements et la chevelure. Les sarcophages sont taillés dans des pierres dures et sculptés de scènes de loisirs, de chasses. Les invasions barbares apportent un nouvel élan dans la culture artistique (tombeau de Childéric). Plus tard, sous Charlemagne, l'héritage culturel des Romains est mis au goût du jour. Dans le domaine des manuscrits, la minuscule caroline fait son apparition. Une part nouvelle est faite pour les finitions et détails, comme en témoignent l'architecture et la sculpture. L'art ottonien (d'Otton Ier) se situe dans le prolongement de la renaissance carolingienne mais avec une influence byzantine dont les œuvres d'art circulent par les voies marchandes. On emploie beaucoup de pierres brutes ou polies (saphirs, rubis, émeraudes). Le Saint Empire Romain Germanique où règne l'empereur Otton succède à l'empire carolingien. La Saxe est désormais la région la plus florissante aux dépens de la France.

Les rois mages

Les rois mages - par Saint-Apollinaire de Ravenne

Les rois mages - par Saint-Apollinaire de Ravenne

L'Art Roman

L'art roman est né de questions physiques dans le domaine architectural qui sont apparus au Xe siècle : remplacer les plafonds de bois en pierres, élargir les nefs, augmenter la hauteur des églises et faire mieux pénétrer la lumière. Le terme roman désigne en partie l'appartenance avec l'art romain ainsi que l'essor des langues romanes. Les différentes caractéristiques sont la recherche de chapiteaux et de voûtements, l'apparition du cuivre champlevé, le culte pour les reliques, et la vogue des pèlerinages. A partir de 1120, débute la sculpture des tympans d'église (espace sur les portails d'églises décoré de sculptures), de magnifiques frises font leur apparition. En architecture, les voûtes sont plus larges, et en Normandie, sous l'influence réciproque avec l'Angleterre, on commence déjà à voir les prémisses du gothique. La tapisserie de Bayeux est l'œuvre la plus représentative de cette époque. Après la dislocation de l'empire carolingien apparaît en Meuse une forme artistique intéressante et originale, qui aura quelques liens avec l'art ottonien en Germanie, et qui participera à l'éclosion de l'art gothique. C'est l'art Mosan (de la Meuse) qui est un art "charnière" entre roman et gothique.

La tapisserie de Bayeux

Épisode extrait de la Tapisserie de Bayeux

Épisode extrait de la Tapisserie de Bayeux

L'Art Gothique

Sous l'affermissement des rois Capétiens (Louis VII, Philippe Auguste...), cet art nouveau apparaît en Île-de-France. L'architecte gothique cherche à unir les masses, à fondre les volumes. L'arc-boutant y joue un rôle tout aussi important que l'ogive. Il crée une dynamique verticale, il permet aussi de réduire le rôle porteur du mur. Les grandes arcades s'inscrivent dans une volonté d'amplifier les vides au détriment des pleins. Dès lors, une grande vague de reconstruction balaye la France, à cause d'incendies ou autres événements, les églises se réadaptent à ce genre nouveau qui s'impose très vite. Les vitraux sont beaucoup mieux utilisés, parfois jusqu'à la démesure (cathédrale de Reims). Par ailleurs, les sculpteurs affirment leur originalité par un jeu complexe de courbes et de contre-courbes dans les plis, par des effets d'ombre et de lumière. Dans tous les domaines d'arts, la lumière joue un rôle dynamique. La sculpture devient servante de l'architecture, cet accord correspond à un grand bouleversement stylistique. La peinture joue un rôle plus prépondérant, on voit ainsi apparaître de magnifiques fresques murales. Les objets d'arts se multiplient, notamment à Limoges. L'art gothique s'impose comme l'art caractéristique du style médiéval. Mais comme toujours, l'art sert avant tout la religion, ce n'est que bien plus tard, dans les peintures flamandes et italiennes, que l'on commence à peindre des gens ordinaires, et des scènes du quotidiens.

Voir la description intéractive d'une cathédrale

Classification des mouvements d'arts

  • Haut Moyen Âge
    • Art du Haut Moyen Âge
  • Bas Moyen Âge
    • Art roman
    • Art gothique
  • Renaissance
    • Prérenaissance (1300-1400)
    • Première Renaissance (1400-1500)
    • Haute Renaissance (1500-1530)
    • Renaissance tardive ou Maniérisme (1520-1580)
  • XVIIe
    • Art baroque/classicisme
  • XVIIIe
    • Rococo
  • XIXe siècle
    • Néo-classicisme
    • Romantisme
    • Réalisme
    • Impressionisme

La littérature au Moyen Âge

Troubadours et jongleurs

Selon la tradition, le fondateur de la poésie lyrique des troubadours fut Guillaume IX (1071-1127), comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, un vassal plus puissant que le roi de France. Ses compositions étaient fortes et raffinées. D'ailleurs les troubadours appartenaient le plus souvent aux classes dominantes. Les jongleurs en revanche, étaient issus exclusivement des classes ouvrières. Les deux « métiers » étaient distincts. Les troubadours composaient leurs propres vers et les mettaient en musique. Accompagné d'un instrument à corde, le jongleur n'était que l'interprète de ces chansons. Le réel artisan de la poésie provençale du Moyen Âge fut le troubadour. Certains n'étaient pas toujours noble, cependant lorsqu'un poète atteignait la condition reconnue de troubadour, on le considérait plutôt comme un marquis que comme un tavernier. Le Sud de la France était une région attentive plus que partout ailleurs à ce phénomène lyrique.

Troubadours - XIIe siècle

L'éloge de l'amour courtois

Les structures féodales étaient différentes au Nord, où oui se disait « oil » (langue d'oil). Au Sud, où l'on parlait la langue d'oc, la femme était une source infinie pour la poésie occitane. En Languedoc, la femme avait une importance politique plus large, elle pouvait dirigeait le fief en l'absence de son époux. Saint Bernard de Clairvaux, fondateur de l'Ordre cistercien avait influencé le culte de la Vierge Marie. Grâce à Marie, la femme avait une représentation de la Création, et par conséquent, une source de perfection. La Dame « chantée » par un troubadour n'était pas son épouse, mais celle d'un noble située socialement très au-dessus de lui. Sur un plan plus laïc, Guillaume, abbé de Saint-Thierry, l'ami de Saint-Bernard, dans son traité « De la nature de l'amour », place la femme au-dessus de l'homme dans l'expression de ce sentiment. La structure féodale continuant à être la règle dominante de la société européenne, la supériorité atteinte par l'image de la femme par rapport à celle de l'amant, très platonique, finit par créer dans cette relation un lien de vassalité similaire à celui du chevalier avec son seigneur. C'est le principe courtois. Parmi ces marques extérieures de « dépendance », se trouve celle de la soumission reproduite dans les miniatures où le Chevalier jure à genoux fidélité à sa Dame. A cette époque, où l'on célébrait les mariages d'intérêts, il était toléré qu'un troubadour fasse l'éloge de l'épouse d'un noble. Au contraire, l'épouse se trouvait glorifié, et par conséquent le conjoint aussi. Cependant, l'amour physique était secrètement souhaité, mais rarement consommé.

Scène érotique médiévale

La chanson de geste

La chanson de geste est la première forme de littérature profane écrite en langue française. C'est la forme médiévale de l'épopée latine, transposée au monde de la guerre, de la poésie hagiographique, de l'exaltation de la vie des saints. La chanson de geste est une forme littéraire de l'action comme l'indique clairement le terme de geste (du latin gesta : actions). Le mot chanson met en évidence le caractère oral de ces textes qui sont, en règle générale, chantés et récités par les jongleurs. Un seul jour n'était pas suffisant pour réciter les 4 000 vers de « la Chanson de Roland », la plus célèbre de toutes. Les sources manuscrites sont ainsi très différentes entre elle compte tenus de ce caractère oral. Ces longs poèmes narratifs célébraient les prouesses guerrières, les héros, en général des chevaliers français devenus des personnages légendaires. Les événements narrés remontent à plusieurs siècles avant la création du poème, mais sont revus à l'occasion des conflits contemporains. Le thème récurrent de la croisade sert de prétexte pour exalter la vaillance guerrière et les prouesses des héros sur fond mythique de combats surhumains et de descriptions fabuleuses. Exprimée à une époque chrétienne, la chanson de geste véhiculait une profonde charge idéologique, celle de la lutte entre le Bien et le Mal. La Chrétienté contre les Sarrasins musulmans. La plupart des chansons sont composées dans le Nord-Ouest de la France (Normandie), mais il se peut que le berceau de cette forme poétique soit né au Sud de la France. Les chansons les plus célèbres sont celles de Roland, de Charlemagne, de Guillaume d'Orange et du Cid.

Autre formes littéraires

Dans les cours princières et seigneuriales, jusque là très rudes, l'influence des clercs et le contact avec les civilisations orientales par le biais des Croisades, firent naître le goût d'une littérature écrite dans la langue du pays. Outre les chansons de geste, vus précédemment, d'autres formes littéraires s'exprimèrent. Au milieu du XIIe siècle, la poésie aquitaine s'introduisit dans les cours du Nord : elle chantait dans un langage précieux les aventures et les amours des chevaliers. Ce genre atteignit son sommet avec les romans de Chrétien de Troyes : Perceval ou Lancelot sont des monuments de la poésie française. Puis apparurent les contes et chantefables, composés de morceaux de proses et de couplets en vers accompagnés de mélodies : Aucassin et Nicolette, au XIIIème siècle annonçaient déjà une littérature plus populaire.

Perceval au château du Graal

Perceval visitant le chateau du Graal - par Ferdinand Piloty

Perceval visitant le chateau du Graal - par Ferdinand Piloty

La culture et l'enseignement au Moyen Âge

Culture écrite ou orale

Les récits colportés par les ménestrels n'étaient pas la source unique des connaissances du peuple. Transmise de père en fils, la tradition orale inscrivait dans la mémoire de chacun des faits, des recettes et des enseignements moraux : proverbes, contes et légendes, chansons, recettes pour guérir telle ou telle maladie formaient la culture populaire à laquelle s'ajoutait l'enseignement de l'Église. A cette époque, l'imprimerie n'était pas encore inventée, les livres étaient écrits à la main par des moines copistes qui mettaient une année, ou plus, à écrire ou à recopier un seul ouvrage. On écrivait sur des feuilles de parchemin, obtenues par tannage de peaux d'agneau et de brebis. Les livres coûtaient si cher qu'ils étaient des objets de luxe. Il y avait très peu de livres, mais peu de gens savaient lire et encore moins écrire. A chaque fois que l'on devait lire une lettre, de connaître le contenu d'un recueil de lois, ou d'écrire une missive, on avait recours à un spécialiste. Il s'agissait d'un métier, et personne ne s'étonnait de l'analphabétisme des rois et des princes.

L'Église, moteur de la culture

Dans l'océan d'ignorance du Moyen Âge, l'Église représentait l'unique « institution culturelle » et le trait d'union entre l'Antiquité et la culture moderne. Dans les églises et les couvents, on préserve avec soin les conquêtes du genre humain : la langue latine, la littérature, la sculpture, la peinture, les arts ainsi que les techniques les plus précieuses. Benoît de Nurcie, au VIe siècle avait recommandé aux moines d'apprendre l'art de l'écriture, de constituer une bibliothèque dans chaque couvent et de constituer une école élémentaire ouverte à tous. C'est grâce à cette action que put s'étendre la grande culture médiévale. Mais c'est Charlemagne qui ordonna l'ouverture d'école publique dans les monastères. Les écoles se multipliaient auprès des cathédrales, des églises importantes et des monastères. Le rôle principal de ces écoles était de former les futurs clercs. Il y avait deux écoles auprès de chaque cathédrale :

  • L'école « intérieure » était réservée à ceux qui désiraient approfondir leurs études pour entrer dans le clergé.
  • L'école « extérieure » était une sorte d'école élémentaire ou primaire. Cette dernière qui était aussi ouverte aux pauvres, joua un rôle décisif dans la diffusion du savoir en Europe.

Un moine copiste

Les premières universités

Après avoir acquis des notions d'arithmétique, de grammaire, de géométrie, de musique et de théologie, l'étudiant pouvait continuer ses études en se rendant dans une université. L'université est une création typiquement médiévale, bien que différentes des nôtres à l'heure actuelle. En effet, il s'agissait d'une association d'étudiants provenant de régions et de nations très diverses, qui se réunissaient autour d'un maître qu'ils payaient eux-mêmes. Les docteurs ou professeurs, hébergeaient souvent les étudiants sous leur toit. Être professeur au Moyen Âge n'était pas de tout repos, s'il n'était pas clair ou ennuyeux, il était chahuté et même malmené. Clercs et étudiants formaient une catégorie à part. Unis par le même amour du savoir, parlant entre eux le latin, grands amateurs de divertissements, ils se déplaçaient par groupe dans toute l'Europe. Ces compagnies turbulentes d'étudiants itinérants contribuèrent à former une culture internationale.

L'enseignement du Moyen Âge

L'intérêt majeur des docteurs se portait sur la théologie, c'est-à-dire l'étude approfondie de Dieu et de son œuvre : l'Homme et son destin. Le grand foyer de la théologie fut la Sorbonne, où régna au XIIIe siècle Saint Thomas d'Aquin. Bien vite, la philosophie ou étude des idées, fut adjointe à la théologie. La renaissance de cette discipline fut due pour une grande part aux Arabes qui avaient sauvé les œuvres des penseurs grecs comme Aristote, qu'ils avaient traduites et commentées, avant de les répandre jusqu'en Occident. Parallèlement à ces deux sciences fondamentales se développèrent d'autres disciplines liées aux nécessités pratiques. Le contact avec le monde arabe, et en particulier avec l'école de Bagdad fit naître de grandes écoles de médecine : Salerne en Italie, Séville en Espagne, Montpellier en France devinrent des centres renommés pour les soins et la recherche médicale. Vers le milieu du XIVe siècle, après l'épidémie de peste noire qui ravagea le tiers de la population, on découvrit la propagation des maladies contagieuses. Par ailleurs, le développement du commerce permit aux mathématiques de faire des progrès considérables. Les études juridiques reçurent quant à elles, une grande impulsion grâce au développement de l'État et de l'administration centralisée.

La Sorbonne


Sources et liens

  • Fascicule Soldats de plomb du Moyen Âge (Altaya)
  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://facweb.furman.edu/~pecoy/links/artma.htm

 

Le commerce

Introduction

Au Moyen Âge, un commerçant spécialisé dans le type de marchandises orientales (poivre, noix, cannelle, huile...) était un homme riche. Avec le développement du grand commerce, la fortune et le pouvoir des « bourgeois commerçants » allaient toujours croissant. En effet, au cours du bas Moyen Âge, les petites associations, à caractère régional, d'artisans et de commerçants ayant des intérêts communs évoluent et prospèrent jusqu'à devenir des ligues européennes puissantes. Nous allons traiter dans cet article :

  • Les voies de communications
  • L'activité commerciale au Moyen Âge
  • La navigation

Les voies de communications

De nouvelles routes commerciales

Les Européens commencèrent doucement à s'émanciper vers les territoires extérieurs. Grâce aux Croisades, ils se déplaçaient maintenant avec assurance sur terre comme sur mer. La carte des routes commerciales du Moyen Âge montre que le grand commerce touchait toute l'Europe :

  • Au nord, une puissante association de villes germaniques et scandinaves, la Hanse, exerçait un véritable monopole en mer du Nord et dans la Baltique.
  • Au sud, les villes portuaires de Gênes, Amalfi et Venise, en Italie, dominaient le commerce méditerranéen. Ces villes bénéficiaient des conséquences des croisades qui contribuèrent puissamment à réactiver les échanges avec les ports du Levant.

De plus, des pistes caravanières et des routes maritimes rejoignaient l'Inde, le Sud-Est asiatique et la Chine. Les produits provenant de ces contrées étaient achetés par les Européens dans les villes du Levant ou à Byzance. En échange, ils y vendaient du bois, du fer, du blé, du vin, de l'huile, etc.

Caravane espagnole

Caravan crossing the Silk Road (Bibliothèque Nationale de France)

Caravan crossing the Silk Road (Bibliothèque Nationale de France)

Des innovations techniques

Parmi les causes de l'essor du commerce médiéval, il faut compter certains progrès techniques accomplis dans le domaine des moyens de transport. Pour le transport terrestre, il y a les avancés du ferrage, du harnachement et de l'attelage à la file des chevaux. Ces innovations furent complétées par le cerclage de fer des roues des charrettes et des chars ainsi que par l'augmentation des routes pavés. D'autres améliorations se produisirent plus tardivement : au XIVe siècle apparurent les sangles suspendant les caisses des charrettes et les avant-trains tournant autour d'un essieu.

Le réseau romain

Depuis Rome, comme « centre nerveux », de nombreuses voies et chaussées rayonnaient suivant des tracés qui pouvaient atteindre n'importe quel point de l'Empire, y compris le plus éloigné, et au long desquels les voyageurs pouvaient bénéficier d'un remarquable système de relais pour les chevaux et d'auberges pour se reposer. Lors de la chute de l'Empire romain, le changement qui s'opéra, s'il ne fut pas brutal, suivit cependant un lent processus de détérioration et d'abandon qui se prolongera durant plus de deux siècles. Concrètement, depuis le règne de l'empereur Caracalla, jusqu'au troisième siècle de notre ère, Rome avait cessé de se préoccuper de l'entretien du réseau secondaire de routes ; seules, les grandes voies qui partaient de Rome bénéficiaient de ces tâches vitales, les relais fonctionnaient, et les auberges bien que se raréfiant demeuraient ouvertes. L'immense réseau de voies de communications élaboré par les Romains, cette œuvre parmi les plus colossales de l'ingénierie civile de tous les temps, devait malheureusement disparaître avec le collapsus de l'Empire.

Le pont du Gard, aqueduc romain du Ier siècle

Les voies d'invasions

Au VIIe siècle de notre ère, les grandes voies romaines, déjà fortement détériorées, restaient néanmoins le meilleur et le plus fréquenté des moyens de communication de l'époque. Ce furent les voies romaines qu'empruntèrent en priorité de nombreuses tribus barbares pour envahir l'Empire à partir du IVe siècle, avec leurs pesants chariots tirés par des bœufs, bétail et esclaves, sans compter les femmes, les enfants et de redoutables guerriers montés à cheval. D'après les chroniques de l'époque, en Europe et dans la première moitié du VIIIème siècle, ces voies ou ce qu'il en restait furent délaissées au profit des voies strictement vicinales. Les villes, les cités et des villages entiers connaissaient alors une désertification en masse. Cette période coïncide avec le début du féodalisme.

La « petite Renaissance »

Dans la seconde moitié du VIIIe siècle sur le Vieux Continent se produisit un renouveau de l'activité commerciale, intellectuelle et religieuse initié par l'empereur Charlemagne, personnalité dominante du Haut Moyen Âge (période qui s'étend du début du Ve siècle jusqu'à l'aube du XIIème siècle). L'Empire Carolingien, maintenu par les successeurs de Charlemagne devait durer presque un siècle et demi au cours duquel il connut une authentique renaissance qui s'affirma dans la première moitié du IXe siècle. Les routes de l'Europe au cours de ces longues périodes furent à nouveau fréquentées. Mais c'en était fini des antiques chaussées romaines ; le temps avait fait son œuvre d'une part, et, après le passage successif des barbares et des paysans, elles avaient été saccagées et pillés, car le matériau dont ces voies étaient faites, blocs de pierres d'excellente qualité s'était révélé d'une grande utilité pour la construction des habitations. De nombreux manoirs furent construits à partir de la pierre extraite des chaussées romaines. Toutes ces raisons firent qu'il restait bien peu de choses des larges voies qui traversaient jadis les montagnes et franchissaient les rivières sur des ponts ingénieux, la plupart détruits. Les chemins et les sentiers de l'Empire carolingien, s'ils s'inspirèrent de la voie romaine étaient beaucoup plus modestes.

Carte de l'Europe de l'Ouest

Le féodalisme : localisation du commerce

Le féodalisme avait fait de timides apparitions dans la première moitié du VIIIe siècle, voici qu'il resurgit avec toute sa vigueur au début du Xe siècle. A cette époque, le système féodal de vassalité prédomine en Allemagne, en Angleterre et dans une grande partie de la France. Système rigide dans lequel le paysan, serf de la glèbe, devait se plier au joug de la terre. Au sommet régnaient les grands seigneurs féodaux, propriétaires d'immenses territoires et auxquels devaient se soumettre d'autres propriétaires moins bien nantis, les vassaux. Le féodalisme est un système très local qui est quasiment indépendant de l'extérieur. Les seigneurs assurent la protection des vassaux car les routes ne sont plus très sûres. De ce fait, le Xème siècle fut la période la plus obscure de l'histoire de l'Europe. Les chemins se vidèrent de leurs voyageurs, seuls les troupes de soldats les parcouraient, lors d'inévitables incursions guerrières. Les cités et les villes laissées à l'abandon, ressemblaient alors à des fantômes de pierre. Rome qui, un siècle avant notre ère, avait hébergé un demi-million de personnes, selon les calculs les moins optimistes, ne recensait au Xème siècle pas plus de cinquante mille âmes, soumises à toutes sortes d'actes de violence et d'humiliations de la part d'une noblesse avide.

Les routes au service des pèlerinages

Malgré tout, à partir de la moitié du XIe siècle, l'activité commerciale commença à redonner des signes de vies. Le chemin de Santiago, qui conduisait jusqu'aux confins du Nord-Est de l'Espagne, là où selon la légende, reposait les restes de l'apôtre Jacques le Majeur, devint la route la plus fréquenté d'Europe. Les pèlerins partant de France traversaient les Pyrénées pour aller se recueillir sur la tombe du saint apôtre. Le chemin de Compostelle ou « chemin français » était surveillé de manière efficace par le célèbre ordre militaire des Templiers, et ses chevaliers avaient pour mission de nettoyer le chemin des pillards et des malfaiteurs, bandits de grands chemins et filous de tout poil qui le hantaient. En fait, ce zèle se confondait parfois à quelques excès, à tel point qu'en deux occasions le Pape dut mettre un frein à l'excessive ferveur de certains chevaliers. En plus des pèlerins, qui voyagèrent habituellement à pied et par groupes peu nombreux, beaucoup d'autres voyageurs en transit empruntaient le chemin français : montreurs, acteurs, ambulants, bambocheurs, femmes de mœurs légères, arracheurs de dents, barbiers, drapiers, commerçants en vin, marchants de bois, vendeurs d'eau, vendeurs de reliques (toutes certainement fausses) ; toutes sortes de prêtres et de frères, les membres d'ordres mineurs tels celui des frères mendiants.

L'activité commerciale au Moyen Âge

Le commerce au Moyen Âge

Le Moyen Âge se divise en deux grandes étapes :

  • Le Haut Moyen Âge : Elle s'étend du Ve siècle au milieu du XIe. C'est une époque chaotique où le dépeuplement des villes et des cités va croissant. Période éminemment rurale au cours duquel le système de commerce est fondé sur le troc.
  • Le Bas Moyen Âge : Cette période verra fleurir le commerce et les marchands, ainsi devait naître une forme de capitalisme qui s'affirmera au fil du temps. Les guildes et les hanses sont issues de cette deuxième partie du Moyen Âge. A l'origine, il s'agissait de confréries à caractère religieux, qui fleurirent au cours de l'Empire Carolingien, lesquelles donnèrent naissance aux corporations.

Rue marchande au Moyen Âge

Des confréries aux ligues

Malgré une idéologie respectable « association traditionnellement pieuse et charitable mise sous la protection d'un saint patron », certaines des confréries s'attirèrent de nombreuses critiques pour leurs désordres de vie. En 852, Hincmar, archevêque de Reims, critiquait durement les coutumes de groupes capables de transformer les fêtes de sanctification à la gloire de Dieu en banquets des plus fastueux. Il devint difficile alors de distinguer confréries et corporations, religion et profession étant alors étroitement unies. En dépit d'une soi-disant renaissance carolingienne, l'Europe demeurait une société rurale où villes et cités comptaient peu. A partir de l'essor économique de la fin du Xe siècle, les villes et les cités commencèrent à compter dans le milieu toujours dispersé de la société campagnarde, et les artisans se regroupèrent par domaines d'activité : merciers, orfèvres, marchands d'eau, drapiers, épiciers, peintres, musiciens... Les corporations défendaient les intérêts de leurs membres et servaient également aux autorités municipales pour contrôler la qualité des produits et fixer les taxes. Les marchands vont jouer un rôle de premier plan au cours du XIe siècle. Les échanges commerciaux prennent de l'ampleur : les marchandises sont transportées d'un point de l'Europe à l'autre par voie de terre ou le long des côtes méditerranéennes. Les risques encourus tout au long de l'acheminement étaient multiples : banditisme, péages outranciers, etc. La nécessité de protéger les intérêts mutuels s'imposait donc et les marchands vont s'associer en guildes : de la cité, l'échange s'étend alors à la contrée et très vite aux régions, annonçant la prospérité.

Guildes et frairies

Les guildes possédaient leurs privilèges et leurs propres juridictions codifiés selon un statut officiellement reconnu. Parmi ceux-ci, figuraient la fixation des prix, celle des poids et mesures et le monopole commercial. Certaines guildes obtinrent le droit de frapper leur propre monnaie, mais ces cas étaient cependant rares et de courte durée. Dans le contexte de l'époque, la guilde passa pour être une authentique association de marchands et de transporteurs sur une même voie d'eau, de clients attirés d'un même centre commercial. La Guilde des marchands de Tiel, en Gueldre, par exemple, était en contact avec l'Angleterre, c'est la plus ancienne. La frairie était celle de la Halle basse de Valenciennes, en France, dont les archives datent de 1050. Apparut ensuite la Guilde marchande de Saint Omer. Mais ce sont la Flandre et les régions rhénanes qui furent le fer de lances des guildes économiques qui, beaucoup plus tard vers le XVIIIe siècle s'étendront en Angleterre, à la totalité des Pays-Bas, aux pays scandinaves...

La fête du Ommeganck à Bruxelles

Procession des corps de métiers. On remarque les emblèmes correspondant aux différentes confréries.

La fête du Ommeganck à Bruxelles, par Denis van Alsloot (Musée du Prado, Madrid)

La fête du Ommeganck à Bruxelles, par Denis van Alsloot (Musée du Prado, Madrid)

Hanses d'Europe

Les guildes avaient vigoureusement contribué au développement du mouvement communal en suscitant l'esprit de solidarité et la résistance au régime féodal. Mais ces corporations vont bientôt disparaître pour laisser la place à une politique plus ambitieuse, d'abord régionale puis européenne : la création des hanses (de l'allemand ancien hansa, troupe, bande). Tout d'abord regroupement de guildes, les hanses n'échappèrent pas au mouvement et se transformèrent en ligues de villes marchandes :

  • La Hanse de Londres regroupait plus d'une vingtaine de cités et de villes autour d'échanges commerciaux avec la capitale britannique.
  • La Hanse des XVII Villes, association de marchands drapiers, qui va s'affirmer dès 1230 aux Pays-Bas et dans le nord de la France.
  • La Hanse Teutonique, sans aucun doute alors la plus célèbre et la plus importante de toutes. Au XIVe siècle, elle est à son apogée. Contre la domination de ce patriciat, oligarchique et exclusif, les petits se liguèrent. Sa puissance était telle que les États traitaient ses représentants comme les ambassadeurs d'un grand pays.

Le commerce hanséatique était fondé, d'une part, sur le trafic des fourrures et de la cire, provenant de Russie et de Prusse, d'autre part, sur celui des draps flamands et anglais et du sel gemme. A ces produits de base s'ajoutaient le cuivre et le fer de Suède, les vins de France ou du Rhin, etc. Au XVème siècle, la décadence des guildes et des hanses devint manifeste, à l'exception de la Hanse Teutonique. Beaucoup d'entre elles firent un retour au concept de confrérie religieuse, dont les rites allaient se maintenir jusqu'à une époque tardive (au milieu du XIXe siècle, en Angleterre).

Les grandes foires

Si la plus grande part du commerce international provenait des ports du Nord ou de la Méditerranée, ceux-ci irriguaient ensuite le continent tout entier. Désormais, les commerçants étaient de véritables hommes d'affaires, alors que leurs prédécesseurs se déplaçaient à dos de mulet ou sur des charrettes branlantes, ils achetaient désormais des chargements entiers de navires et des lots de marchandises. Dans les foires, où ces grands marchands se donnaient rendez-vous, se réglaient d'énormes affaires. Les foires étaient l'âme du commerce médiéval. Elles se déroulaient dans toutes l'Europe : Londres, Reims, Troyes, Cologne, Leipzig, Genève... Les foires duraient chacune six ou sept semaines selon un calendrier fixé afin que les foires puissent s'enchaîner chacune par rapport aux autres. Ainsi, le marché était actif toute l'année. Les affaires conclues au cours de ces rencontres encourageaient la production industrielle et artisanale, elles stimulaient les progrès techniques. Afin d'éviter aux grands marchands de transporter une grande quantité d'argent, on inventa la lettre de change : ce moyen permet de payer une dette à distance, en passant par l'intermédiaire de deux banquiers qui correspondent entre eux. La lettre de change introduisit le crédit, mais de façon camouflée car l'Église interdisait les prêts avec intérêts. Au cours de cette période, ce sont les riches familles italiennes qui furent à l'avant-garde dans le domaine bancaire. Le monde changeait, les châteaux féodaux perdaient de leur importance tandis que les villes commerçantes croissaient. La fortune des seigneurs s'amenuisait au profit des riches bourgeois qui tenaient les rênes de l'économie. Ceci contribua à la naissance des États modernes.

Foire marchande

La navigation

Progrès techniques dans la navigation

Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe, à moins qu'elle n'est été redécouverte par des marins ou des astronomes occidentaux. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Outre la boussole, on commença à utiliser deux instruments arabes, l'astrolabe et le sextant, qui permettaient de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. En calculant exactement le temps passé à naviguer, on pouvait déterminer avec précision la distance que le navire avait parcourue vers le nord ou le sud (latitude), vers l'est ou l'ouest (longitude). Profitant de ces améliorations, les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manœuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.

La galéasse

Pour naviguer, les marins italiens, français ou catalans utilisaient la galéasse. La longueur du navire faisait trois fois sa largeur, et celle-ci deux fois sa hauteur, il s'agit de la règle catalane (tres dos y as, « trois, deux, un »). En mer Baltique, on avait plutôt recours à la hourque, dont la coque était faite de planches superposées et non jointes.

La navigation commerciale

Comme nous l'avons déjà vu, la chute de l'Empire Romain provoqua l'effondrement des routes de communications. Le commerce par voie de mer pendant l'Empire romain germanique était considérable. Les provinces de l'Empire ne cessaient d'échanger leurs marchandises, la Méditerranée était alors balayée par les grands quinquérèmes et trirèmes. Ainsi le blé d'Égypte servait à approvisionner le port d'Ostie qui permettait la survie de Rome. Vers l'an 250, la fabrication de grandes trirèmes cessa, et la navigation n'eut plus cours. Pirates barbaresques, corsaires siciliens et maltais occupèrent alors la Méditerranée. Si bien qu'à l'apparition des Vikings sur les côtes européennes, aucune puissance ne pouvait rivaliser sur mer. Par la suite, Génois et Vénitiens se firent une lutte acharnée pour dominer en Méditerranée. Les Portugais, de leur côté, après l'invention de la caravelle étaient plus en proie à la quête de terres nouvelles et de marchés lointains. Le commerce des épices fut un monopole portugais pendant longtemps durant. Ce petit pays côtier de la péninsule ibérique était devenu le royaume le plus riche d'Europe. Ceci donne alors une idée de l'importance de la navigation commerciale. Nous sommes alors à la moitié du XVe siècle et le Moyen Âge touche à sa fin.


Sources et liens

  • Fascicule Soldats de plomb du Moyen Âge (Altaya)
  • http://www.ac-creteil.fr/portugais/PPPROGRESTECH.html

 

 

Technique et science

Introduction

Pendant longtemps, le Moyen Âge fut considéré comme une époque morte du point de vue du développement scientifique et du progrès technique. Aujourd'hui, on reconnaît au contraire que les quatre ou cinq siècles qui séparent l'an Mille de l'invention de l'imprimerie apportèrent de profondes transformations. Certes, il y eut peu de découvertes ou d'inventions spectaculaires, de celles qui ouvrent de nouveaux horizons à l'humanité, comme l'invention, au XVIIIe siècle, de la machine à vapeur ou de l'électricité. Les conquêtes de la technique médiévale étaient plus humbles, davantage liées aux besoins de la vie quotidienne et aux travaux familiers de la ville et des champs. Mais c'est justement pour ces raisons qu'elles se révélèrent, à la longue, d'une portée fondamentale.

Techniques agricoles

Des innovations en agriculture

Nous savons qu'après l'an Mille, l'Europe connût un formidable essor économique. Un facteur essentiel de la reprise économique fut la capacité des agriculteurs à produire plus que ce qu'ils avaient besoin pour leur subsistance. Les biens excédentaires pouvaient alors être vendus ou échangés sur les places des marchés ou encore dans les grandes foires commerciales. Cet afflux de marchandises redonna vie au commerce, et, en contrecoup, à l'artisanat et à l'industrie. Certaines innovations, ou applications pratiques de découvertes faites par des savants, furent apportées à la technique de l'agriculture. Elles jouèrent un rôle peut-être décisif dans cet essor général, car elles permirent d'augmenter considérablement les rendements.

Serfs de la glèbe travaillant la culture fourragère

Introduction des cultures fourragères - Les Très Riches Heures du Duc de Berry (XVe siècle)

Introduction des cultures fourragères - Les Très Riches Heures du Duc de Berry (XVe siècle)

Un nouveau type de charrue

Les grandes civilisations du monde antique s'étaient développées dans un milieu chaud, où les terres étaient sèches, friables et les sols peu profonds. Le problème principal des agriculteurs était alors de maintenir le plus longtemps possible l'humidité dans la terre. Ils adoptèrent pour cela une charrue légère, sans roue, appelée araire, en réalité un simple et solide pieu égratignant à peine la terre. Il était en effet inutile de les retourner au soleil, elles sécheraient plus vite. Avec une paire de bœufs, les paysans labouraient le champ en sillons parallèles, puis, perpendiculairement aux sillons, de manière à briser les mottes de terre. Cette manière de procéder, adaptée au climat méditerranéen, ne convenait pas du tout en Europe du Nord. Là, la terre était humide et lourde, de plus l'humidité endommageait les racines de certaines plantes. Après plusieurs tentatives, un nouveau type de charrue fut adopté, toujours en usage de nos jours. Cette charrue, plus lourde que l'araire était montée sur roues. Devant le soc, un long couteau vertical en fer, appelé coutre, permettait de pratiquer une première ouverture dans un sol lourd. Le soc, recouvert de fer, retournait les mottes. Il se terminait par un versoir qui permettait de rejeter la terre remuée de part et d'autre du sillon. De cette façon se formait, entre deux sillons parallèles, un petit monticule de terre, qui se révéla très utile. Quand la saison était sèche, le blé poussait dans le creux des sillons humides. Au contraire, si la saison était trop humide, il poussait sur le monticule débarrassé de l'humidité excessive.

Paysan utilisant un araire tracté par deux bœufs

Labours et semailles, Escurial (Bibliothèque royale Espagne)

Labours et semailles, Escurial (Bibliothèque royale Espagne)

Des attelages plus efficaces

Depuis, la domestication du cheval, les hommes savaient qu'il était rapide et plus fort que le bœuf. On n'avait pourtant que rarement recours à cet animal pour les travaux des champs, car le harnais n'était pas adapté aux lourdes tractions. Le harnachement traditionnel consistait en une bricole lâche portée sur le cou de l'animal. Aussi, plus le cheval tirait, plus la bricole gênait sa respiration. Au début du Moyen Âge, on inventa le harnachement à collier rigide. Ce collier rembourré s'appuyait sur les épaules du cheval et n'entravait pas sa respiration. On améliora aussi le rendement des attelages en modifiant la position des animaux de trait. Dans l'Antiquité, deux, quatre, parfois six chevaux étaient attelés côte à côte devant un char. La force de ces chevaux était mal concentrée, et en partie perdue. Au Moyen Âge, on les attelés à la file, ou par couples, les chevaux exerçaient ainsi une force bien supérieure. Sous les climats chauds et secs, les sabots des chevaux s'usaient relativement peu. On les protégeait en les munissant de bandages appelés hipposandales. En revanche, sous les climats tempérés et lourds du centre de l'Europe, on renforçait les sabots grâce à des fers cloués dessous. Le ferrage fut une des innovations qui contribuèrent à faire du cheval l'auxiliaire indispensable de l'Homme. Par ailleurs, la selle arquée améliora la stabilité du cavalier, surtout dans l'axe longitudinale (avant - arrière), elle accrut sa capacité de manœuvre notamment dans les affrontements armés. Les Barbares venus d'Orient, apportèrent l'étrier dès le IXe siècle. Reliés à la selle, les étriers constitués un solide point d'appui, renforçant la stabilité latérale. Le guerrier pouvait portait des lances et se dresser sur les étriers lors d'un combat.

Le moulin

La redécouverte du moulin à eau

Le monde industrialisé actuel est aux prises avec un grave problème : celui de l'énergie. Il y a encore quelques années, le pétrole semblait suffisant à satisfaire des besoins en augmentation constante. On a depuis pris conscience de l'épuisement des ressources. Un problème analogue se posa au cours du XIe siècle. En effet, l'essentiel de l'énergie disposé par l'Homme était fourni par l'animal. La relance de l'activité économique créa un besoin urgent en énergies nouvelles. Dans l'Antiquité, les grands empires disposaient d'une masse énorme d'esclaves, de ce fait la question de l'énergie ne se posa jamais de façon cruciale. Mais le déclin de l'esclavage dans le monde médiéval, poussa les hommes à redécouvrir et répandre une invention très ancienne : le moulin à eau. On pense que les premiers moulins à eau étaient connus, dans les pays d'Orient, en Grèce et dans l'Empire romain dès le Ier siècle avant J-C. Vers le IXe siècle, les moulins se répandirent rapidement en France. Le principe du moulin à eau est relativement simple. La force de l'eau qui s'écoule ou tombe du haut met en mouvement une grande roue. Des engrenages transmettent ce mouvement à une meule de pierre qui, en se mouvant sur une pierre fixe, broie les céréales jusqu'à en faire de la farine. A partir de ce principe de base, d'ingénieux dispositifs permirent d'actionner des mécanismes beaucoup plus complexes.

Les applications de la roue hydraulique
Tous l'univers (Hachette) Un moyeu de la roue hydraulique relié à un tourniquet pourvu de seaux, permettait de faire remonter à la surface l'eau des puits ou mines inondées. Ainsi, on pouvait irriguer des terrains secs improductifs et de remettre en activité des mines inexploitées.
Tous l'univers (Hachette) Ceci est une application beaucoup plus compliquée du système hydraulique. Un ouvrier fabrique du fil de fer. Le métal grossièrement travaillé est passé en force dans de petits trous. Assis sur une balançoire, l'ouvrier saisit le fil qui sort du trou avec de grosses pinces. La balançoire est reliée à une manivelle actionnée par la roue hydraulique, l'ouvrier est porté vers l'avant puis vers l'arrière selon l'axe de la manivelle. Lors du mouvement arrière, il lui suffit de tenir le fil avec les pinces pour le tirer de force. Cet exemple témoigne d'un progrès technique important, puisqu'il y a transformation du mouvement circulaire de la roue en un mouvement de va-et-vient.
Tous l'univers (Hachette) Un autre progrès décisif pour l'utilisation artisanale et industrielle de l'énergie hydraulique intervint lorsqu'on inventa une façon de transformer le mouvement circulaire de la roue en un mouvement rectiligne dans le sens vertical. Il s'agit de l'arbre à cames : des coins en saillie sur l'arbre relié à la roue, en tournant régulièrement, font monter et descendre l'outil qui accomplit le travail.
  • Dans le premier exemple, de gros et lourds pilons, en retombant, brisaient le minerai nécessaire à la fonderie.
  • Dans le second exemple, l'arbre à cames actionne un très lourd marteau-pilon qui forme la masse spongieuse du fer fondu et, le débarrassant des scories (résidus), le transforme en acier.

Ces utilisations industrielles expliquent pourquoi le moulin fut longtemps synonyme de fabrique et l'est encore dans la langue anglaise (mill).
Tous l'univers (Hachette)

Illustrations et textes "TOUT L'UNIVERS" (Hachette)

Le moulin du meunier

  • Le moulin seigneurial : Le plus ancien et le plus répandu des moulins était celui du meunier, où les paysans venaient faire moudre le blé et d'autres céréales. Les seigneurs obligeait leurs serfs à moudre le grain, contre paiement, dans le moulin seigneurial (ou moulin banal), et punirent ceux qui utilisaient les meules à main. L'usage du moulin se répandit et la maison du meunier devint un des principaux lieux de rencontre de la vie villageoise.
  • Le moulin à vent : A cette époque, les moulins du meunier sont encore hydrauliques. Mais le Moyen Âge eut recours à une autre source d'énergie : le vent. L'utilisation du moulin à vent s'imposa dans les milieux arides et battues par les vents. Il est connu depuis fort longtemps, notamment en Asie. Le principe de son fonctionnement et ses applications sont pratiquement les mêmes que ceux du moulin à eau. La force motrice est produite par le vent, qui fait tourner des ailes reliées à l'arbre central. L'avancée technique la plus importante se produisit lorsqu'on plaça la partie supérieure du moulin sur une plate-forme tournante. De cette façon on orientait les ailes en fonction de la direction du vent.

Paysans labourant un champ

On voit, ci-contre, les différentes techniques utilisées en agriculture, la herse, la charrue, l'utilisation du cheval, et au fond, on aperçoit un moulin à vent.

Autres domaines

Progrès techniques dans la navigation

Le grand commerce médiéval bénéficia des progrès réalisés dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. L'innovation la plus importante fut la diffusion de la boussole. Son origine reste incertaine : si les Chinois la connaissaient depuis longtemps, ce sont peut-être les Arabes qui l'introduisirent en Europe, à moins qu'elle n'est été redécouverte par des marins ou des astronomes occidentaux. L'aiguille magnétique qui flottait simplement, au début, sur l'eau ou sur l'huile fut, par la suite, fixée sur un pivot permettant de tourner la boussole dans toutes les directions. Les marins pouvaient désormais affronter la haute mer sans craindre de se tromper de cap. Outre la boussole, on commença à utiliser l'astrolabe (instrument arabe), qui permettait de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. En calculant exactement le temps passé à naviguer, on pouvait déterminer avec précision la distance que le navire avait parcourue vers le nord ou le sud (latitude), vers l'est ou l'ouest (longitude). Profitant de ces améliorations, les Génois furent les premiers à la fin du XIIIe siècle, à relier par voie maritime l'Italie aux Flandre et à l'Angleterre. A cette époque le navire type était la galéasse. Cette galère se déplaçait principalement à la voile. L'apparition de la voile latine triangulaire, qui pouvait être orientée dans toutes les directions permettait au navire de naviguer par vent de travers et même contre le vent. Le gouvernail de poupe, fixé par des charnières au milieu du pont arrière du navire (gouvernail d'étambot), remplaça les rames latérales, longues et pesantes, les manoeuvres en furent améliorées. La vergue (support en croix de la voile) tournante permit d'orienter au vent de côté les voiles carrées. Sur certains voiliers, un second mât à l'avant commençait à faire son apparition.

La galéasse

Pour naviguer, les marins italiens, français ou catalans utilisaient la galéasse. La longueur du navire faisait trois fois sa largeur, et celle-ci deux fois sa hauteur, il s'agit de la règle catalane (tres dos y as, « trois, deux, un »). En mer Baltique, on avait plutôt recours à la hourque, dont la coque était faîte de planches superposées et non jointes.

Des progrès en optique

Grâce à la redécouverte d'ouvrages de l'Antiquité, ou à la découverte des écrits des savants arabes, certaines sciences connurent un grand essor. Il en fut ainsi de l'optique. Une de ses applications allait changer la vie de beaucoup de personnes : les lunettes. Les premières lunettes sont appelées besicles, dérivant de béryl, la pierre précieuse transparente qu'on utilisait alors pour les verres. Elles n'avaient pas de branches, mais les montures des verres pivotaient et pinçaient le nez pour se fixer. Il est probable que l'usage des lentilles concaves et convexes, qui augmentaient les possibilités de l'œil humain, soit beaucoup plus ancien. L'empereur Néron n'employait-il pas des pierres précieuses adroitement taillées comme loupes ? Les progrès en optique s'appliquèrent également dans la navigation, et, plus tard, dans l'observation du ciel.

Un cardinal copiste munit de ses besicles

Tommaso da Modena (1352)

Tommaso da Modena (1352)

Les premières images « imprimées »

Depuis toujours, la culture était l'affaire de quelques privilégiés. Malgré les efforts de l'Église et de souverains éclairés, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture était réservé aux classes favorisées. Il était entendu que les autres, les paysans, les artisans, n'en avaient nul besoin. De plus, le coût très élevé des manuscrits et leur nombre restreint limitaient la diffusion de l'instruction. Deux inventions allaient commencer à changer cet état de fait. La technique de la gravure sur bois d'abord, ou xylographie, un procédé déjà connu en Chine : une image entaillée dans le bois et encrée laissait une empreint nette sur une feuille. Et l'apparition du papier, au XIVe siècle, permit le remplacement des parchemins fut une avancée encore plus importante. C'est ainsi que des images dessinées illustrant des scènes de la Bible furent répandues partout : on les appela les « Bible des pauvres », ceux qui, ne sachant pas lire, se contentaient de regarder les illustrations.

La naissance de la chimie

Les alchimistes du Moyen Âge cherchaient la substance, ou pierre philosophale, qui aurait changé en or n'importe quel matériau ordinaire. Nous savons aujourd'hui que cela est possible en théorie, grâce à la physique atomique, mais impossible en pratique. Les alchimistes médiévaux effectuèrent cependant des milliers d'expériences, dans un but souvent plus mystique, que scientifique, avec les matières les plus disparates, enregistrant ensuite soigneusement les résultats de leurs observations. S'ils ne découvrirent pas la pierre philosophale, ils purent connaître, par l'expérience, les réactions de presque toutes les substances et jetèrent ainsi les bases de la chimie.

L'alchimiste Nicolas Flamel

La légende veut que Nicolas Flamel ait non seulement découvert la formule permettant de transformer le plomb en or, mais également l'élixir de vie éternelle. Nicolas Flamel aurait reconstitué la pierre philosophale à partir des symboles contenus dans un livre d'origine divine : "Abraham le Juif". L'alchimiste avait acquis une grande fortune, et, construit plusieurs chapelles et hôpitaux. En 1712, un voyageur rencontre un derviche en Asie Mineure qui lui affirme que Nicolas Flamel et sa femme sont toujours vivants. Certains pensent que Richelieu aurait été le dernier propriétaire du livre.

L'héritage extérieur

  • La poudre à canon : Les Chinois, inventeurs de la poudre à canon, l'utilisaient pour tirer des feux d'artifice lors de leurs fêtes, ou pour lancer des messages lumineux, la nuit. On ignore, où et comment la poudre a été introduite et « réinventée » en Europe. Lorsque l'usage s'en répandit au XIVe siècle, son expérimentation se limita aux champs de bataille. Ainsi naquirent les premiers canons, qui projetaient, avec une précision de tir très approximative, des boulets de pierre sur les armées ennemis ou contre les épais murs des châteaux forts qui devinrent obsolète.
  • L'invention du zéro : Les sciences mathématiques connurent, elles aussi, une remarquable évolution au Moyen Âge. C'est peut-être dans ces domaines que les progrès furent les plus significatifs. Parmi les nombreuses innovations, on peut rappeler l'introduction des chiffres arabes, ceux-là même que nous utilisons : en réalité, il s'agissait de chiffres indiens transmis aux européens par les Arabes. Un chiffre qui ne compte pour rien, le zéro, a une importance plus grande encore, et augmenta considérablement les possibilités de numération. La comptabilité des marchands s'améliora et devint plus précise.

Les premières industries

  • La première industrie textile : L'industrie textile fut à la base de l'énorme développement que connaîtra l'Europe quelques siècles plus tard. L'art de transformer la laine des moutons ou la tige du lin en fibres, de les filer pour obtenir des fils continus et de les tisser pour en faire une étoffe est une activité qui suppose une technologie élémentaire. C'est très probablement pour cette raison que ce travail fut le premier à être presque entièrement « industrialisé ». Les mouvements rotatoires, rectilignes ou alternés qui étaient imprimés à la machine par la roue du moulin à eau convenaient bien au travail à répétition de la filature.
  • La naissance des industries : Après l'an Mille, la situation était, schématiquement, la suivante : grâce aux changements des conditions politiques et sociales, ainsi qu'aux innovations techniques, l'agriculture produisait, outre le nécessaire, des excédents, c'est-à-dire, une richesse qui pouvait être échangée ou vendue. La diffusion des moulins permettait de disposer d'une énergie suffisante pour actionner des machines accomplissant une série de travaux. Les techniques de travail des métaux furent ainsi renouvelées, grâce aux quantités d'énergie supplémentaires fournies par les moulins. Une roue hydraulique et un arbre à cames, par exemple, pouvaient actionner facilement de gigantesques soufflets dans une fonderie. L'air envoyé sur le feu augmentait la température à des degrés de fusion, en grande quantité et à des coups limités. Les activités métallurgiques connurent alors un véritable essor.

Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://www.ac-creteil.fr/portugais/PPPROGRESTECH.html

 

Vie et coutumes

Introduction

Cet article regroupe plusieurs aspects des mœurs et de la vie quotidienne au Moyen Âge. Nous étudierons successivement :

  • La vie urbaine au Moyen Âge, avec l'expansion des communes et la description de Paris
  • La vie des paysans à la campagne
  • Les divertissements populaires tels que les foires ou les tournois de chevaliers
  • Les mœurs et coutumes, habillement, coiffures, rôle des femmes...

La vie urbaine

Les communes

Avec le réveil économique et la croissance des villes, l'influence de ses habitants, les burgenses ou bourgeois était croissante. Dans les principales cités d'Europe s'étaient formées des associations appelées corporations, guildes ou hanses, et rassemblant les personnes exerçant le même métier. Au début leur rôle consistait en un soutien mutuel contre la concurrence et le besoin. Mais les corporations se heurtèrent très vite aux seigneurs qui voyaient d'un mauvais œil cette organisation étrangère à l'ordre féodal. La lutte entre seigneurs et bourgeois fut ainsi à l'origine du mouvement des communes libres. Peu à peu, la prospérité et l'unité de la bourgeoisie citadine réussissaient à contrôler ou neutraliser le pouvoir effectif du seigneur. Les moyens utilisés étaient divers. Parfois, les citoyens trouvaient l'appui d'un allié précieux : l'évêque de la ville. L'évêque n'hésitait pas à défendre les bourgeois contre leur seigneur et même à prendre les armes pour s'opposer aux grands féodaux. Dans d'autres lieux, c'est le souverain lui-même qui soutenait les prétentions des bourgeois : le comte de Flandre et le roi de France encouragèrent le mouvement des communes. Pour le roi de France, il s'agissait d'affaiblir le pouvoir des grands feudataires du royaume. Ainsi, les citadins d'une ville « se gouvernaient en commun », d'où l'appellation de commune.

Les libertés communales

Dans la plupart des cas, les bourgeois conjurés achetaient leurs libertés au seigneur. Si le seigneur acceptait, on rédigeait des « chartes de franchise » (ou de liberté), énumérant les droits accordés aux communes libres. Mais bien souvent, irrités par les refus et réticences qu'ils rencontrèrent, les citadins n'hésitèrent pas à recourir à la violence. Bien sûr, la répression féodale était terriblement sanglante (1076 : Le Mans, 1114 : Amiens ...). Mais le mouvement s'étendit durant les XIIe et XIIIème siècle. Les libertés acquises par les villes étaient plus ou moins étendues. Au nord-est de la France, la commune jouit d'une réelle indépendance. Elle fait ses lois, bat sa monnaie, lève une milice... Mais c'est en Allemagne et Italie du Nord que les libertés sont les plus larges : les communes constituent de véritables petits états. Ayant obtenu leur autonomie, les communes s'organisèrent sous le gouvernement de leurs magistrats, contrôlés et aidés par le conseil communal, dont faisaient partie les personnages les plus riches et les plus influents de la cité. Souvent, des conflits éclataient entre les corporations et les grands de la cité (marchands, banquiers...). Le roi proposait alors son arbitrage face à ces conflits permanents. Mais parfois, la cité faisait appel à un personnage étranger à la ville, le podestat (celui qui exerce l'autorité), auquel on confiait le gouvernement de la cité. Le mouvement d'émancipation de ces villes introduisit des manières de penser et des attitudes qui étaient étrangères au monde féodal. Enfin, il légua une institution qui se maintint jusqu'à nos jours : le régime municipal.

« L'air de la cité rend libre »

Une règle particulière fut établie dans certaines communes, notamment Bologne. Elle consistait à acheter la liberté d'un esclave s'il se réfugiait un an et un jour dans une commune. Les citoyens ne désiraient aucun serf ou esclave sur leur territoire.

Paris au Moyen Âge

Protégée par l'épaisse muraille de ses remparts, qui discipline sa croissance et le met à l'abri des invasions, Paris, à la fin du XIIIe siècle, compte environ 200 000 habitants, ce qui est énorme pour l'époque. Située sur la montagne Sainte-Geneviève, l'université attire plus de deux mille étudiants et une centaine de professeurs venus de toute l'Europe. Dans ce quartier, marchands et artisans sont surtout spécialisés dans le livre (relieurs, parcheminiers, enlumineurs). Entre ce quartier intellectuel de la rive gauche et la ville marchande de la rive droite, l'île de la Cité concentre les fonctions politiques et religieuses. Robert le Pieux, au début du XIe siècle, a décidé d'y établir la résidence royale. A partir de 1160, sous l'impulsion de Sully, évêque de Paris a été ouvert le chantier d'une nouvelle cathédrale. L'évêque dirige lui-même les travaux, embauchant tailleurs, charpentiers... Grâce à l'application des principes de l'architecture ogivale (ou gothique), Notre-Dame peut élever sa voûte jusqu'à 35 mètres, et ses murs troués de vitraux multicolores, permettent à la lumière de pénétrer dans la nef pour éclairer les nombreuses statues. En 1245, Saint Louis fait construire la Sainte-Chapelle, un monument d'une audace architecturale exceptionnelle. 1130 panneaux de verre y résument l'histoire du monde telle qu'elle est racontée dans la Bible. Situé au croisement d'une voie fluviale, la Seine, et de la route terrestre allant d'Orléans à Senlis, Paris est aussi un carrefour commercial important et un grand centre économique et bancaire. La Seine est encombrée de bateaux et ses rives sont parsemées de moulins. Sur la rive droite, deux grandes bâtisses construites par Philippe Auguste permettent la protection des marchandises entreposées. Par suite du développement de la ville, ce premier marché permanent (les premières halles) déborde rapidement l'enceinte prévue. Les ateliers et les échoppes envahissent alors les rues. Les artisans se regroupent par rues auxquelles ils donnent le nom de leur corporation : rue de la Ferronnerie, rue de la Tissanderie... La corporation la plus importante est celle des « marchands d'eau », son chef, finira par s'imposer comme maire de Paris.

Paris au Moyen Âge

  • A gauche, la ville marchande, la plus animée (rive droite).
  • Au centre, sur l'île, on a les fonctions religieuses et politiques
  • A droite, le quartier intellectuel de la ville, avec son université et ses artisans spécialisés dans le livre (rive gauche).

Des rues très animées

En 1131, le fils aîné de Louis VI qui se promenait à cheval dans Paris fut jeté à bas de sa monture qui avait été effrayée par un troupeau de cochons. Le dauphin se fractura le crâne et mourut peu après. Le roi avait donc interdit les cochons dans la ville. Mais les animaux ne disparurent pas pour autant. Les places et les rues étaient très sales, jusqu'au jour où Philippe Auguste, incommodé par l'odeur de purin qui montait jusqu'à ses fenêtres décida de les faire paver. Ces rues étaient le théâtre d'une immense animation. Dès le lever du jour, l'étuveur invitait les citoyens à prendre un bain chaud dans son établissement. Les boutiques s'ouvraient alors : drapiers, barbiers interpellaient les clients depuis le pas des portes, le pâtissier offrait ses gâteaux, ses saucissons et son pâté. Le pain était vendu par des marchands ambulants, qui le portaient dans de grands paniers en osier. Comme les gens ne savaient pas lire, les commerçants affichaient de lourdes enseignes sur leur boutique. Mais il n'y avait pas que les marchandises que l'on vantait dans la rue. Les actes officiels et les nouvelles étaient criés. Des attroupements de badauds se formaient autour de jongleurs, musiciens qui récitaient notamment des chansons de geste. Mêlés à la foule, les mendiants imploraient les passants. Les eaux usées et les détritus étaient jetés par les fenêtres, « Gare à l'eau ! » criait-on. Lorsque la nuit tombait, les rues étaient plongées dans l'obscurité, il n'y avait pas encore d'éclairage public. Aussi, la nuit, les rues étaient-elles abandonnées aux brigands.

La vie rurale

Campagne et ville

Les paysans représentent près de 95% de la population médiévale, ils formèrent la base matérielle, et le fondement de l'activité économique de la civilisation européenne. Le dynamisme des marchands et artisans fit la prospérité des cités, mais ce sont les paysans qui nourrissaient les citadins. Le travail de la terre était pénible et laborieux, mais il s'améliora, et permit à l'Europe de prospérer. Au Moyen Âge, la séparation entre ville et campagne était moins nette qu'aujourd'hui. Autour des remparts de la cité s'étendaient champs et prés. Mais le développement technique avec l'essor du commerce, de l'artisanat et des travaux intellectuels en ville, et de la culture et de l'élevage en campagne, entraîna une séparation plus marquée. La vie des paysans épousait le rythme des saisons, les mêmes travaux se répétaient d'une année à l'autre. Les transformations à la campagne étaient moins nombreuses et moins rapides qu'en ville. La vie citadine, au contraire, favorisait le contact entre les individus, la diffusion des connaissances techniques et intellectuelles. L'habitant des cités apparaissait moins soumis aux contraintes de la nature.

La représentation du temps

Au Moyen Âge, les paysans avaient une conception du temps très différente de la nôtre; ils se le représentaient comme quelque chose qui se répétait sans cesse et qui revenait toujours à son point de départ, à l'instar des aiguilles d'une horloge. Le temps était pour eux à l'image des saisons qui se succédaient. Ainsi le calendrier des paysans épousait étroitement la succession des activités agricoles (labours, semailles, récoltes...). Les mois de l'année sont un motif fréquemment représenté au Moyen Âge, chaque mois est symbolisé par les activités agricoles de la saison.

Deux catégories de paysans

  • Les serfs de la glèbe : Les paysans, ou serfs de la glèbe (c'est-à-dire de la terre, au sens de sol cultivé) faisaient partie du domaine. Lorsque le terrain était vendu, ils passaient d'un maître à l'autre, de la même manière que les animaux de la ferme. Les fils de paysans devenaient paysans comme leurs ancêtres, et comme leur futur descendance. Mais le servage n'était pas à proprement parler l'esclavage, même si la condition des serfs était proche des esclaves de l'Antiquité. Dès la fin de l'Empire romain, l'esclavage avait reculé sous l'influence de la nouvelle organisation économique et sociale, qui s'était formée autour du domaine, et qui suppléait l'État en pleine décomposition. De plus l'Église condamnait l'esclavage. Les serfs avaient beaucoup d'obligations mais aussi des droits. Ils étaient pleinement considérés comme des personnes, et théoriquement, ils pouvaient quitter le domaine à tout moment, aucune loi ne les obligeait à rester liés à la terre.
  • Manants et alleutiers : Le phénomène de servage se généralisa en Europe du Nord. En témoignent les nombreux vocables européens. Du latin manere (resider), dérivèrent les mots mansus ou manse, c'est-à-dire les champs et la maison des paysans. En français, le paysan fut appelé manant, celui qui reste sur la terre. L'habitation de la ferme fut appelée maison. En Angleterre, les seigneurs appelèrent manor, manoir, le petit château destiné à surveiller et protéger les champs. A côté des serfs subsistaient des paysans libres ou alleux. Les alleutiers (ou vilains), comme on les appelait en France, étaient fort nombreux dans l'Europe du Sud.

Serfs de la glèbe travaillant la culture fourragère

Introduction des cultures fourragères (XVIe siècle)

Introduction des cultures fourragères (XVIe siècle)

La répartition du territoire

Au début du Moyen Âge, l'Europe était une étendue inculte et sauvage, appauvrie par le passage des tribus barbares. La transformation de ce continent est le résultat du labeur ininterrompu commencé à l'époque médiévale, et en particulier des grands défrichements des forêts (par le feu ou la hache). La terre appartenant au seigneur était divisée en deux parties :

  • La réserve domaniale : Du latin dominus (maître). En plus du château ou de la résidence seigneuriale, elle comprenait les champs, les vignes, les pâturages, les forêts, terrain de chasse du seigneur. Elle comprenait également le village installé autour du château, avec le four, le moulin et des artisans tels que le sellier ou le forgeron.
  • Les manses : Le reste du domaine était divisé en manses (ou tenures) attribués selon leur étendue à une ou plusieurs familles paysannes. Le manse était la cellule fondamentale de l'économie agraire du Moyen Âge. Le serf disposait des produits du potager, ainsi que de la basse-cour et du porc, une des seules sources de protéine animale, le mouton était réservé à la laine et le bœuf pour le trait. Le serf avait également le droit de faire paître ses bêtes sur les champs en jachère (terrains non cultivés).

L'évolution du servage

En échange de la terre et de la protection militaire, le serf avait quelques devoirs envers son seigneur. Il devait remettre une partie de la récolte à son suzerain et payer des taxes. Il devait également participer gratuitement à des travaux appelés corvées. Ces tâches pouvaient être labours, récoltes ou sarclages sur les terres du seigneur. Mais ils étaient également appelés à la réparation d'un pont, creusement d'un puits ou réparation des murs du château. Mais au fil des ans, les besoins en argent des seigneurs s'accrurent, en partie à cause de l'enrichissement général. Le paysan quant à lui obtenait des revenus en vendant au marché les produits qu'il ne consommait pas. Cela modifia la condition du serf qui pouvait ainsi s'affranchir des corvées et réquisitions militaires en échange d'une somme d'argent au seigneur. On passa ainsi du servage au fermage, le propriétaire louait la terre au paysan qui l'exploitait à son compte. La production agricole augmenta considérablement car le paysan travaillait à son compte et se devait d'obtenir de quoi payer le loyer et de quoi nourrir sa famille.

Paysans labourant un champ

De nouvelles techniques agricoles

Les paysans avaient constaté que certaines cultures comme les céréales, appauvrissaient le sol, alors que d'autres comme les légumineuses (pois, fèves, haricots) l'enrichissaient. Pour éviter l'épuisement du sol, les agriculteurs de l'Antiquité avaient institué le système de la rotation biennale : un champ semé en céréales était laissé en jachère l'année suivante, il était labouré, mais non semé, et servait de pâturage. Au Moyen Âge, la rotation devint triennale : le champ était cultivé en céréales la première année, puis en légumes la deuxième année, avant d'être laissé en jachère la troisième année. Le gain de ce système était double. En effet, désormais seul un champ sur trois restait improductif, et la culture des légumes enrichissait la terre. La production augmenta de 50%, le paysan pouvait vendre ses excédents et améliorer sa condition précaire. De plus, la technique permit l'amélioration des outils agricoles : araire, charrue, herse, houe, faucille...

Les divertissements populaires

Foires et spectacles

  • Les foires : C'est à partir du IXe siècle et sous l'essor des croisades qu'une ferveur religieuse redonna de la vigueur à la vie sociale. Les grandes foires européennes du Moyen Âge eurent à cette époque leur premier moment d'authentique splendeur. Les foires apparurent comme la conséquence de la nécessité pour les commerçants de s'approvisionner en marchandises de toutes sortes. La France fut un acteur de premier ordre dans le développement des grandes foires médiévales, parmi lesquelles se détachent celles de la Champagne et la foire parisienne du Lendit. Au XIIe siècle apparurent d'autres foires et d'autres produits, notamment la foire de Beaucaire en Languedoc. Mais avec le temps, les foires méridionales françaises furent éclipsées par celles organisés quatre fois l'an, deux semaines durant, dans la ville de Lyon, depuis 1420. La situation privilégiée de Lyon, à un croisement où confluent les courants du trafic international provenant des quatre points cardinaux, en fit une ville de foire par excellence.
  • Les spectacles : Le Bas Moyen Âge fut une époque où l'industrie et le commerce eurent un essor qui ne sera dépassé qu'à l'aube de la Révolution industrielle du XVIIIe siècle. Les gens se déplaçaient alors partout, sur mer comme sur terre. Des spectacles itinérants se produisaient de foire en foire et sur les plus modestes marchés régionaux. Saltimbanques, funambules, lanceurs de couteaux, ventriloques, conteurs, bouffons, pitres, mimes... passaient de palais en châteaux, sans négliger les plus petites cours royales. Parfois, d'authentiques œuvres théâtrales étaient montées. Les œuvres représentées par ces compagnies ambulantes étaient rudimentaires, car peu de gens pouvaient lire et écrire. Les dialogues pouvaient ainsi être livrés à l'improvisation des interprètes, qui pouvaient être des étudiants en vacances ou des religieux.

Foire marchande

Les tournois

Seuls les chevaliers pouvaient participer aux joutes et aux tournois. Ces compétitions étaient le spectacle le plus apprécié du public durant tout le Moyen Âge. Le tournoi était solennellement ouvert par un héraut (officier chargés de faire des proclamations solennelles), qui annonçait sur les places publiques l'intention du roi ou d'un grand seigneur de rassembler pour cette fête les chevaliers les plus réputés du pays. Autour d'une vaste esplanade, appelée lice, les participants avaient élevés leurs riches tentes ou pavillons. Au sommet de la lance plantée à l'entrée était suspendu le bouclier avec les armoiries du seigneur. Le tournoi durait habituellement plusieurs jours. Les épreuves étaient variées et dotées d'un riche prix. Les adversaires s'affrontaient avec des armes dites « courtoises », c'est-à-dire rendues inoffensives ou presque (les accidents étaient fréquents) : les lances étaient épointées et les épées privées de leur tranchant. Alors que la joute voyait s'affronter deux cavaliers séparés par une barrière ou une corde, la « mêlée » consistait en une véritable bataille rangée entre deux groupes de cavaliers égaux en nombre. La mêlée se déroulait en champ libre, et bien qu'il existât quelques règles comme celle de ne pas frapper d'estoc, elle était très violente ! Il n'était pas rare de sortir des morts du terrain d'affrontement. Au XVe siècle, se formèrent des compagnies de chevaliers dont l'unique but était de favoriser des tournois. Pour les jeunes fils cadets d'aristocrates, le tournoi devenait une véritable profession. A en croire les chroniqueurs, les combats devinrent de plus en plus spectaculaires. Il y avait parfois d'autres compétitions comme la lutte libre, le tir à l'arc, à l'arbalète ou à la fronde.

La joute

L'épreuve la plus spectaculaire était la joute, au cours de laquelle deux adversaires s'affrontaient directement, à pied et à cheval. Le chevalier défiait son rival en touchant de la pointe de l'épée le bouclier suspendu à son pavillon. Le défi devait alors être relevé. Descendu dans la lice, le chevalier parait son armure resplendissante, manifestant ses sentiments envers sa dame, à qui l'on dédiait le combat : le chevalier portait au bras, sur la lance, ou autour du cou, un voile ou un mouchoir aux couleurs de celle-ci. Puis la joute commençait. Au signal des juges, les concurrents s'élançaient au galop l'un contre l'autre; le choc des lances contre les boucliers ou l'armure était terrible. Si aucun des deux adversaires n'était désarçonné, un nouvel engagement succédait au premier. Au contraire, si l'un tombait, l'autre mettait pied à terre et le duel continuait à l'épée ou à la masse. Le perdant devait reconnaître loyalement sa défaite, sinon les juges le déclaraient « hors de combat ». Le vainqueur recevait non seulement le prix mis en compétition, mais aussi les armes, les chevaux et la personne même du vaincu : celui-ci était considéré comme prisonnier et recouvrait la liberté sous une rançon.

Le dernier tournoi

En 1559, c'est au cours d'un double mariage que se produisit un spectacle de bien funeste mémoire. Pour clôturer les festivités, un tournoi eu lieu à Paris. Le roi de France Henri II décida alors d'y participer pour affronter le comte de Montgomery, l'une des plus fines lames de l'époque. La fatalité fit qu'au cours de la troisième passe, la lance de Montgomery, déviée par l'écu d'Henri pénétra sous la visière du casque de celui-ci et lui traversa l'œil. Le roi agonisa dix jours, puis mourut. La reine Catherine de Médicis interdit alors les tournois et les joutes sur le sol français.

Les fêtes

Au Moyen Âge, près d'une journée sur trois est chômée, il y a beaucoup de vacances. La majorité des fêtes sont catholiques, mais la tradition a conservé quelques rites d'origine païenne :

  • Les fêtes catholiques
    • Epiphanie : Elle correspond à la présentation de Jésus aux Rois Mages. La traditionnelle galette des rois est alors partagée.
    • Carême : Quarante jours avant Pâques, le peuple est invité au partage, au jeun et à la prière.
    • Pâques : Vers le début du printemps, on s'échange des œufs peints pour symboliser la fin des privations de l'hiver et du carême.
    • Toussaint : Fête d'origine celte, instituée par Louis le Pieux. Le 1er novembre, on fête Tous les Saints, c'est-à-dire de la Communauté des vivants et des morts.
    • Noël : Le 25 décembre, on fête l'avènement du Christ.
  • Les fêtes profanes
    • La fête des fous : Elle était célébrée le jour de Noël, ou le jour de l'An ou encore de l'Épiphanie. Les domestiques prenaient la place de leurs maîtres, les valeurs établies de la société étaient renversées et la religion était ridiculisée.
    • La fête de l'âne : Elle était célébrée dans certaines villes la veille de Noël. En souvenir de la fuite en Egypte, une jeune fille tenant un enfant dans ses bras pénétrait dans une église à dos d'âne. Pendant la messe, toutes les prières se terminaient alors par "hi-han". L'Église a rapidement interdit ces célébrations.
    • Les Mais : Le 1er mai ou au cours du mois de mai, les jeunes hommes déposaient des branches d'arbres devant la porte des jeunes filles à marier. La branche d'arbre symbolisait les qualités ou les défauts de la jeune fille.
    • La Saint-Jean : Le soir du 24 juin, au moment des moissons, on allume de grands feux. Les jeunes couples se tenaient par la main et sautaient par dessus le feu pour avoir des enfants ou une bonne récolte.
    • La Saint-Michel : Le 29 septembre, les paysans devaient payer aux seigneurs leurs redevances (taxes).

Les moeurs et coutumes

La condition des femmes

Au Moyen Âge, l'Église considère la femme comme instigatrice du péché originel, on la soupçonne de porter l'hérésie. Il n'y a qu'un remède à cela : le mariage, en rendant la femme mère. Ce sont les familles qui unissent leurs enfants, généralement douze ans pour les femmes et quatorze ans pour les hommes. Dans les classes élevées, le mariage est un instrument d'alliances et d'implémentations. Si le couple n'est pas en mesure d'avoir un enfant, le mariage peut être remis en question, et la femme peut être répudiée. Beaucoup de grossesses sont fatales aux mères, et faute d'avortement on pratique beaucoup l'infanticide. Les prostituées ou filles de joie sont beaucoup présentes au Moyen Âge. La prostitution est autorisée par l'Église, la femme doit provenir d'une ville étrangère pour éviter l'inceste. Souvent, ces femmes ont été rejetées par leur famille après un viol ou une grossesse clandestine. Le viol est puni, mais pas de la même façon : s'il s'agit d'une religieuse, d'une femme mariée ou d'une vierge, le crime peut être puni de mort. S'il s'agit d'une servante d'humble condition, on doit fournir une indemnité à la famille. Les femmes participent activement à la vie économique, d'ailleurs, dans le commerce alimentaire, les femmes sont majoritaires. Cependant les salaires sont dès cette époque nettement inférieurs aux hommes. En campagne, elles aident leur mari aux tâches agricoles. Mais à travers l'amour courtois des chevaliers et troubadours, la femme reste une importante source d'inspiration. Principalement développé par la culture occitane, les femmes sont vénérées pour leur beauté et leur amour, les hommes pour leur courage et leur bravoure. Enfin certaines femmes ont réussi à se forger une solide renommée historique : Aliénor d'Aquitaine, Marie de France, Jeanne d'Arc...

Costumes et habillement

Le vêtement possède au Moyen Âge une signification sociale : selon le rang et les fonctions occupés, on ne s'habillera pas de la même façon. Au XVe siècle, la plupart des hommes ont adopté le port d'un vêtement de dessus très court, mais certains, par décence, continuent de porter des robes et manteaux longs : les prêtres, les notables, les doctes. Parmi ceux-ci, médecins et juristes partagent le privilège de porter le même costume rouge doublé de fourrure blanche. Les vêtements proprement dits sont complétés par de nombreux accessoires du costume. La ceinture, le plus souvent une simple lanière de cuir, est parfois cloutée. Celle des femmes peut être orfévrée et constituer un véritable bijou. Nombreux sont les hommes à accrocher à leur ceinture une bourse ou une sacoche. Accessoire indispensable du costume, les aiguillettes sont des lacets accrochant l'un à l'autre deux vêtements ou deux pièces d'un même vêtement.

Cycle de la Passion du Christ : Reniement de saint Pierre

Cycle de la Passion du Christ : Reniement de saint Pierre (10/25) - Sanctuaire Notre-Dame des Fontaines, La Brigue

Cycle de la Passion du Christ : Reniement de saint Pierre (10/25) - Sanctuaire Notre-Dame des Fontaines, La Brigue

Les coiffures

Les gens du Moyen Âge ne conçoivent pas de vivre tête nue, la variété des couvre-chefs, tant masculins que féminins, est flagrante. Les femmes de plus haut rang portent des coiffes à cornes cachant complètement leurs cheveux tirés en arrière. Ces coiffes sont recouvertes de tissu façonné et parfois d'une résille. Certaines portent un simple voile blanc tombant sur leurs épaules. Quand elles sont vieilles, les femmes s'entourent toute la tête, y compris le menton, dans des linges blancs appelés touailles. La touaille est une pièce de tissu étroite et très allongée qui fait partie du trousseau de la mariée et sert à tout dans la maison : torchon, serviette, essuie-mains, maillot, bandage, tablier... Diversité et hiérarchie apparaissent également dans les coiffures masculines. Travailleurs manuels et hommes de peine portent un simple calot. Apprêter son chaperon demande une certaine dextérité : cette longue pièce de drap est enroulée au sommet de la tête. L'un, court, retombe sur le côté, l'autre plus long, drape souplement les épaules ; en cas de mauvais temps il peut aussi serrer davantage le cou et les oreilles pour les protéger du froid.

Les repas

La table est généralement recouverte d'une nappe blanche, au centre de la table, dans une grande coupe sur pied se trouve le plat principal. Les aliments ne sont pas posés sur des assiettes mais sur des « tailloirs », larges tranches de miches de pain, qui absorbent le jus. D'autres petits pains, façonnés en boules détachables les unes des autres, sont à la disposition des convives. Les gens mangent avec leurs doigts et partagent quelques verres et quelques couteaux, la cuiller est réservée au service du plat central, la fourchette n'existe pas à cette époque (introduite sous Henri III). La nourriture est hachée (on a de mauvaises dents) et très épicée (elle se conserve mal). Les carafes, pour l'eau et pour le vin, et différentes sortes de cruches et de pichets sont utilisées dans chaque maison.

Cycle de la Passion du Christ : Dernière Cène

Cycle de la Passion du Christ : Dernière Cène (2/25) - Sanctuaire Notre-Dame des Fontaines, La Brigue

Cycle de la Passion du Christ : Dernière Cène (2/25) - Sanctuaire Notre-Dame des Fontaines, La Brigue


Sources et liens

  • http://www.culture.gouv.fr/culture/medieval/francais/index.htm
  • http://www.chez.com/ivn/femme/femme.htm
  • http://pages.infinit.net/folken/medieval/themes.htm

 

 

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