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La légende du Hans Trapp

Quel est l'Alsacien qui, dans son enfance, n'a pas frissonné en entendant prononcer ces simples mots: " Der Hans Trapp Kommt ".

Cette phrase, si laconique, produisait régulièrement le même effet quand une mère, impatientée et à bout d'arguments, s'en servait pour faire rentrer les enfants dans l'ordre et l'obeissance.

Aussitôt les cris, les disputes cessaient, on baissait la tête en tremblant, on demandait pardon: la terrible formule avait opéré mieux que toutes les réprimandes et toutes les corrections.

Hans Trapp est le véritable croquemitaine alsacien, création indigène de la fantaisie, ou plutôt de la justice populaire. Il ne faut pas le confondre avec l'ogre gaulois, auquel l'indépendance de l'esprit français a également attribué le pouvoir d'éffrayer et de corriger les petits polissons récalcitrants.

L'Alsace a fait de Hans Trapp un épouvantail, mais elle l'a soumis à l'autorité de l'enfant divin de Noël, Kristkindel, qui distribue les récompenses, jouets et bonbons, dans la nuit merveilleuse. Hans Trapp est l'esclave du Christ-Enfant et n'a de pouvoir que celui qu'il lui confère ; c'est en un mot un simple instrument chargé d'exécuter les punitions infligées.

 

 

Quel est le point de départ de ce mythe étrange ? Voici ce que nous racontent les chartes originales de la ville de Wissembourg :

" Vers la fin du XV ème siècle vivait, à la cour de l'Electeur palatin Philippe, de Thuringien Jean de Trapp.

Vain, téméraire et débauché, il n'agissait que par la ruse et la cruauté et passait pour avoir acquis un ascendant complet sur son seigneur et maître, au moyen de philtres et de charmes sataniques.

Non content de l'emprise qu'il exerçait, il voulut s'enrichir d'un seul coup. A cet effet, usant de son influence, il spolia l'abbaye de Wissembourg de ses forêts, de ses châteaux, de ses villages, de ses droits, franchises et privilèges. En présence de tous ces méfaits et de nombreux autres que je passe sous silence, la cour de Rome perdit patience. Il fut cité devant le tribunal apostolique et frappé d'excommunication comme sacrilège.

Repoussé de tous cotés comme un maudit, il se retira dans le repaire qu'il s'était fait bâtir au haut du Geisberg et vécut loin de toute société humaine, comme une bête fauve que chacun fuit. La solitude fit naître en lui des goûts hors nature, contre lesquels il ne chercha pas à réagir; il était obsédé du désir de manger de la chair humaine et n'attendait qu'une occasion propice.

Un jour apercevant dans la campagne en jeune pâtre de dix ans, il tombe sur lui à l'improviste, le transperce de son épée, le traîne dans sa retraite et là, après l'avoir découpé en morceaux, il se met à le cuire; mais, tout à coup il tombe foudroyé à coté du monstrueux repas qu'il était prêt à dévorer; la justice divine n'avait pas voulu permettre l'achèvement d'un pareil forfait."

Depuis ce temps, Jean de Trapp ou plutôt Hans Trapp est resté légendaire, et même de nos jours, il a conservé l'horrible privilège d'effrayer les enfants pour la tendre chair desquels il éprouvait tant d'avidité.

 

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