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Histoire du Moyen-Age

476 - 1492... Voici la période couverte par le Moyen Age. Dix siècles d'évolution dans l'art, l'architecture, la science, la guerre... En effet, ces mille ans, bien que florissants dans bien des domaines, restent une période troublée. Tout commence vers 476, à l'époque où l'Empire Romain d'occident, millénaire, s'effondre et laisse la place aux hordes de barbares venues de l'est. Cette année là, l'armée romaine dépose l'Empereur Romulus Augustule et se donne pour roi Odoacer,un Germain. Dés lors, les territoires de l'ancien empire se fractionnent et se constituent en petits royaumes indépendants.

 

Les Mérovingiens (476-629)

 

 

Introduction

Terrible époque que celle-ci, le grand Empire Romain s'émiette pour disparaître, les grands empereurs ont perdu leur panache. Les tribus germaniques se sont étendues, elles ont reculé les frontières de l'Empire. Les légions romaines ont perdu leur efficacité face à la ferveur barbare. Cette période est sombre et énigmatique, le monde entre progressivement dans le Moyen Âge.

 

Le contexte de l'époque

L'héritage des Francs

 

Barbares civilisés les tribus franques se mirent en mouvement en même temps que les Germains. Les plus actifs d'entre eux sont les Francs Ripuaires et Saliens. Les Ripuaires (ou Rhénans) s'étendaient sur la vallée Rhénane à la droite du Rhin. Les Saliens sont originaires du territoire hollandais, ils se déplacèrent vers le sud-ouest et investirent le nord de la Gaule. Comme les autres peuples barbares, les Francs reconnaissaient l'autorité d'un roi. Les premiers souverains des Francs Saliens sont des rois légendaires tel que Clodion le chevelu et Mérovée (qui donna son nom à la dynastie mérovingienne). Ces derniers avaient aidés les Romains d'Aetius à chasser Attila de Gaule, une gigantesque bataille avait eu lieu aux Champs Catalauniques où les Huns furent battus. Childéric Ier succéda à Mérovée, la parenté n'est cependant pas prouvée. Il mena tout d'abord une vie de débauche et fut chassé de son royaume. Rétabli quelques années plus tard, il aida les Romains d'Aegidius à chasser les Wisigoths. (ndlr : un article sur les Francs sera l'objet d'une étude plus approfondie).

 

Le tombeau de Childéric

Le tombeau de Childéric fut découvert à Tournai en 1653 par un maçon sourd et muet. Il étonne par son origine païenne et germanique : le roi est enterré avec ses chevaux, portant au bras un bracelet d'argent et par son aspect Romain : il portait un manteau de pourpre tenu par une fibule d'or, propre au général romain et un anneau au doigt servant à sceller les actes portant la légende : Childéricus rex (Childéric roi). Le manteau était orné d'abeilles d'or, symbole mérovingien que Napoléon Ier adopta par la suite pour rappeler les origines de la France.

 

Childéric Ier

Childéric Ier

 

La Gaule, une mosaïque de peuples

La Gaule était la province la plus cultivée et la plus riche de l'Occident romain. Elle fut avec la Bretagne l'une des premières provinces à être abandonnées par les Romains. Avec l'affaiblissement des défenses impériales elle tomba très vite aux mains des Barbares :

 

  • Au Sud-Ouest, les Wisigoths (Espagne et Aquitaine).
  • Au Sud-Est, les Ostrogoths (Italie du Nord).
  • Le Centre-Est devint le pays des Burgondes (un des rares peuples convertis au catholicisme).
  • Entre la Loire et la Somme, un général romain, s'était taillé un royaume dont la capitale était Soissons, se considérant comme le « roi des Romains », il essayait de maintenir la civilisation latine.

Ainsi la Gaule représentait une mosaïque de cultures et un enjeu principal pour le nouveau roi des Saliens : Clovis, fils de Childéric.

 

La Gaule à l'avènement de Clovis

 

 

Le prénom Clovis

Clovis s'appelait en réalité Chlodowech (illustre à la guerre), les historiens le déformèrent en Clovis. Le prénom a évolué sous les Carolingiens : Chlodowichus puis Lodovicus avant de devenir Ludovicus puis Ludovic de nos jours. En France occidentale, le prénom devient Lodoïs puis Louis. Clovis peut ainsi être considéré comme Louis Ier !

 

Le règne de Clovi

La conquête du royaume de Syagrius

A 15 ans, Clovis est encore un jeune garçon imberbe lorsqu'il est hissé sur le pavois (bouclier) pour être proclamé roi des Francs à Tournai en 481. Le royaume est maigre et d'autres saliens contrôlent les régions voisines mais Clovis bénéficie de l'œuvre de son père Childéric. Très vite le jeune roi veut s'affirmer et refuse de partager son pouvoir comme son père l'avait fait. Il réunit les petites tribus avoisinantes et s'allie avec deux autres rois saliens (Ragnacaire et Chararic) afin de s'emparer du royaume de Syagrius ainsi que sa ville : Soissons. La guerre déclarée en 486, Clovis et ses troupes triomphent sur les Romains aux portes de Soissons. Syagrius vient alors se réfugier chez le chef des Wisigoths : Alaric, mais par peur de représailles, Alaric livre le chef romain à Clovis qui l'égorgea. Grâce aux rançons obtenues pour la libération de riches notables et au butin amassé lors de la conquête, il put former une armée permanente. Poursuivant sa marche victorieuse, il étendit le royaume des Francs jusqu'à la Bretagne et la Loire.

 

Le vase de Soissons

Après la prise de Soissons, le butin comme le voulait l'usage, devait être partagé entre le roi et ses hommes. Or, Clovis, voulant offrir un beau vase trouvé dans le pillage de Soissons à l'évêque de Reims, le plaça hors part. Cela mit en colère un de ses guerriers qui accusa publiquement Clovis de tricherie, et selon la légende brisa le magnifique vase. Un an plus tard, lors d'une revue militaire, Clovis reconnu le guerrier et lui jeta sa hache à terre, le guerrier se baissa pour la ramasser et Clovis lui décocha un coup de francisque dans le crâne en disant : « Ainsi as-tu fait avec le vase de Soissons ». Des doutes subsistent sur cette légende, en effet le vase n'aurait pas été détruit et donné à Saint-Rémi.

 

Vengeance de Clovis (Bibliothèque nationale de France)

Vengeance de Clovis (Bibliothèque nationale de France)

 

L'influence de Clotilde

Pendant ce temps, Théodoric le Grand chef des Ostrogoths s'est imposé un grand royaume en Italie, il se maria avec l'une des sœurs de Clovis. Voulant échapper au pouvoir des Goths, Clovis chercha une alliance auprès des Burgondes. Ainsi un mariage fut arrangé entre Clovis et Clotilde la fille du chef des Burgondes. Ayant reçu une éducation catholique, Clotilde s'employa à convertir son mari dont le peuple pratique le culte païen. Mais à l'Est, les Alamans agressent les frontières, menaçant les Burgondes, les Saliens et les Ripuaires. Un affrontement a lieu à Tolbiac en 496, la bataille part à l'avantage des Alamans, après avoir invoqué les dieux païens, Clovis s'en retourne vers le dieu de Clotilde et lui jure de se convertir s'il gagne la bataille. Par miracle, le chef Alamans est tué, bientôt ses soldats fuient et sont en déroute. Il restait alors au chef franc de respecter son vœu.

 

La fleur de lys

Lors de la bataille de Tolbiac, un ange proposa à Clovis d'échanger les trois crapauds (symbole païen) qui ornaient son bouclier contre trois fleurs de lys d'or. Ainsi, la fleur de lys devint l'emblème de la monarchie française jusqu'en 1830. Elle flotte encore sur le drapeau du Québec.

 

Voeu de Clovis à la bataille de Tolbiac - par Paul-Joseph BLANC (Panthéon)

Voeu de Clovis à la bataille de Tolbiac - par Paul-Joseph BLANC (Panthéon)

 

La conversion des Francs

Au delà de la promesse faite à Tolbiac, Clovis savait qu'il pouvait tirer un avantage de sa conversion au catholicisme. En effet, il pourrait s'attirer la bienveillance des populations gallo-romaines dont la plupart était régis par des rois ariens. Cependant Clovis hésita, la moitié de son peuple vouait le culte païen, la reine Clotilde demanda l'appui de l'évêque Rémi qui influençait beaucoup Clovis. Ainsi, à Reims dans la nuit de Noël 497 (ou 498,499 ?), Saint-Rémi baptisa Clovis avec 3 000 de ses soldats. Les populations gallo-romaines accueillirent les Francs non plus comme des envahisseurs mais comme des libérateurs. L'Église, qui était la plus haute autorité spirituelle, choisit ainsi le camp des Francs.

 

Le Baptême

Ce fut une cérémonie impressionnante, qui se déroulait en présence des chefs francs et des notables gallo-romains qui se soumettaient à l'autorité du roi. Par la suite, l'action de Clovis fut favorisée par l'Église : « Chaque jour, Dieu faisait tomber les ennemis sous sa main car il marchait d'un cœur pur devant le Seigneur. »

 

Le Baptême de Clovis - par LE MAÎTRE DE ST-GILLES (Washington. National Gallery)

Le Baptême de Clovis - par LE MAÎTRE DE ST-GILLES (Washington. National Gallery)

 

Les Wisigoths

Vers l'an 500, Clovis intervient dans une querelle familiale des Burgondes. Chilpéric, le père de Clotilde est assassiné par son frère Gondebaud. Après avoir affronté Gondebaud pour venger sa femme, Clovis se résout à signer un traité d'alliance avec celui-ci en 502. Cette nouvelle alliance inquiéta de plus en plus Alaric le chef des Wisigoths qui en fit part à Théodoric des Ostrogoths. Clovis entraîna ses tribus franques ainsi que les Burgondes à Vouillé près de Poitiers pour affronter les Wisigoths, ennemis des Francs de longue date. Alaric II fut vaincu et tué par les propres mains de Clovis. L'armée de Théodoric fut quant à elle contenu par les Byzantins de l'empereur Anastase, qui a signé une alliance avec les Francs. Clovis s'empara alors de Toulouse, capitale des Wisigoths, ainsi que du légendaire trésor d'Alaric.

 

Le trésor d'Alaric

La légende veut qu'en 52, l'empereur Titus trouva le trésor de Salomon lors de la mise à sac de Jérusalem. Par la suite, Alaric Ier s'en empara lors de la mise à sac de Rome en 410. Ce trésor était le plus grand d'Occident et contenait le Saint Graal. D'autres sources affirment que les Wisigoths ont transporté le trésor dans les remparts de Carcassonne où Clovis échoua. On le situa dans le puits de Carcassonne, dans la montagne d'Alaric ou dans le château de Montségur où les cathares avaient position. Au début du XXe siècle, un curé Béranger Saunière dépensait des fortunes colossales sans que l'on sache d'où provenait sa richesse. On pense alors qu'il a découvert le trésor d'Alaric et a fait un trafic illégal avec la cour Autrichienne.

 

Limons (Puy de Dôme): fibule ajourée, or et grenats, fin VIe s. Tête de Christ au centre d'un Chrisme, Ø 63 mm, BN Paris

Limons (Puy de Dôme): fibule ajourée, or et grenats, fin VIe s. Tête de Christ au centre d'un Chrisme, Ø 63 mm, BN Paris

 

La réunification des tribus

Après la victoire de Vouillé, Clovis reçut à Tours le signe de la protection bienveillante de l'Empire Romain d'Orient qui lui donna le titre de consul et d'auguste. Cette investiture l'élevait comme souverain légitime, aussi s'employa-t-il à réunifier le royaume franc qui est encore morcelé par l'existence de petits territoires régis par des rois. Clovis commença à s'attaquer à Chararic et Ragnacaire ses deux alliés Saliens contre Syagrius, il fit raser la tête au premier (la chevelure était le symbole du pouvoir royal, ainsi les soldats avaient la nuque rasée), puis il les exécuta. Les Saliens unifiés, il restait les Francs Ripuaires à soumettre. Clovis mit en œuvre une machination démoniaque, en incitant le prince des Ripuaires à assassiner son père Sigebert le roi. Par la suite, le jeune prince fut tué alors qu'il amenait les trésors de son royaume à Clovis. Clovis sût alors convaincre la population ripuaire de le choisir comme roi. Cette attitude barbaresque déconcerta l'entourage du roi des Francs.

 

Les successeurs de Clovis

Le partage du royaume

En 509, Clovis choisit Paris comme nouvelle capitale de son royaume, la ville est déjà un pôle actif de la Gaule et fut le lieu de résidence de certains empereurs romains, on parle aussi de l'influence de Sainte-Geneviève (patronne de la ville) sur Childéric puis Clovis. Se considérant comme le chef de l'Église, Clovis s'employa à convertir la Gaule entière au catholicisme. En 511, Clovis réunit les évêques au concile d'Orléans, l'Église mérovingienne prend alors naissance. La même année, le grand roi meurt à Paris, il est inhumé auprès de Sainte-Geneviève. La loi salique qui régissait les coutumes franques excluait les femmes à la succession. Ainsi, comme le voulait la tradition, le royaume fut partagé entre les quatre fils de Clovis. L'unité mérovingienne était perdue et les territoires ainsi formés allaient se défier pendant des années.

 

Le premier partage

Par la suite pour mieux comprendre les querelles fratricides, il est conseillé d'avoir sous les yeux la généalogie des Mérovingiens

 

Les fils de Clovis (Thierry Ier, Clodomir, Childebert Ier, Clotaire Ier)

Le premier des fils de Clovis, Thierry avait hérité des territoires les plus exposés aux invasions extérieures, aussi son expérience devait lui permettre d'y faire face. Il n'était pas le fils de Clotilde mais d'une princesse rhénane, il était donc plus distant avec ses trois demi-frères Clodomir, Childebert et Clotaire qui agissaient ensemble. Ces derniers raniment les hostilités avec les Burgondes pour venger leur mère Clotilde (Clovis s'était résolu à signer la paix avec les Burgondes), cet affrontement aboutit à la mort de Clodomir. Childebert et Clotaire assassinent alors les fils de Clodomir afin de se partager le territoire de leur frère. N'ayant eu aucun héritier mâle, Childebert cède à sa mort son royaume à Clotaire qui devient ainsi maître de tout le royaume franc, Thierry et ses descendants étant tous morts. Un deuxième partage a lieu en 561 entre ses quatre fils : Caribert Ier, Gontran, Sigebert Ier et Chilpéric Ier.

 

Le second partage

 

Les fils de Clotaire (Caribert Ier, Gontran, Sigebert Ier, Chilpéric Ier)

Caribert meurt prématurément, ses trois frères se partagent son royaume. Une querelle familiale va plonger les trois autres frères dans une guerre impitoyable. En compagnie de sa maîtresse Frédégonde, Chilpéric étouffe sa propre femme pendant son sommeil. Seulement, la femme de Chilpéric est la sœur de Brunehaut, l'épouse de Sigebert. Une lutte sans merci va alors s'engager entre :

 

  • Chilpéric et sa nouvelle femme Frédégonde (Neustrie)
  • Sigebert et sa femme Brunehaut (Austrasie)

 

Au centre, Gontran prend d'abord le parti de Sigebert et ensemble ils parviennent à prendre l'avantage. Mais après s'être brouillé avec ce dernier, Gontran s'allie maintenant avec Chilpéric. Sigebert est assassiné par deux sbires de Frédégonde (femme de Chilpéric), son fils Childebert II passe sous la tutelle de Gontran puis le quitte pour Chilpéric. Mais très vite, la lutte reprend entre les deux derniers frères : Chilpéric, toujours plus arrogant, et Gontran. La mort de Chilpéric, assassiné par un inconnu ne calme pas les hostilités. Les deux reines d'Austrasie et de Neustrie : Brunehaut et Frédégonde perpétuent la lutte des deux royaumes en orchestrant assassinats et jeux d'alliances. Malgré cela, Childebert II et son oncle Gontran se rapprochent de nouveau, ils scellent une alliance qui permet à Childebert de récupérer le royaume de Gontran à la mort de ce dernier.

 

Assassinat de Sigebert Ier

Assassinat de Sigebert (Bibliothèque nationale de France)

Assassinat de Sigebert (Bibliothèque nationale de France)

 

La réunification de Clotaire II

Désormais, il n'y a que deux royaumes :

  • L'Austrasie et la Bourgogne (ancien territoire des Burgondes) gouvernés par Childebert II. A la mort de ce dernier, le royaume est donc partagés entre ses fils : Théodebert II (Austrasie) et Thierry II (Bourgogne).
  • La Neustrie gouvernée par Frédégonde et son fils Clotaire II.

 

Très vite, Clotaire II prend le contrôle du royaume de Neustrie. Intelligent, il va profiter de la querelle entre les deux frères Théodebert et Thierry. Il s'allie à Thierry et vainc Théodebert, par la suite il rompt l'alliance avec Thierry et fait exécuter Brunehaut et les héritiers du royaume d'Austrasie. Ainsi Clotaire II parvient à régner sur tout le royaume franc (comme l'avait fait Clovis et Clotaire Ier). A sa mort, le royaume est de nouveau partagé entre ses deux fils Dagobert Ier et Caribert II. L'aîné Dagobert parviendra à restaurer l'unité de la monarchie franque.

 

Légendes mérovingienne

Légendes mérovingienne

L'origine des Mérovingiens est toujours un mystère, elle a alimenté des récits légendaires : On trouve l'origine des Mérovingiens dans la Grèce Antique notamment en Arcadie, peuple d'origine de Callisto (que Zeus changea en une constellation : la Grande Ourse), ses habitants participèrent notamment à la guerre de Troie. Cette peuplade traversa alors le Rhin pour se lier aux Francs. Les habitants d'Arcadie sont issus selon la légende de l'une des douze tribus d'Israël. Les Mérovingiens avaient une marque de naissance (une croix rouge sur les omoplates), dans la Bible on trouve ce passage qui y fait allusion : « ... le très haut le protège tous les jours et demeure entre ses deux épaules ». Plus fantastique encore, certains avancent que les Mérovingiens seraient les descendants de Jésus Christ et de Marie-Madeleine. Après la crucifixion, Marie-Madeleine serait partie en Gaule et aurait enfanté là-bas. Ce mystère essentiel aurait été protégé par des associations secrètes tel que les Templiers. L'origine des Mérovingiens reste obscure, on raconte aussi que la femme de Clodion, enceinte de Mérovée alla se baigner un jour dans l'océan, là elle fut séduite par « la bête de Neptune », un animal marin qui la rendit enceinte une seconde fois. Ceci pourrait expliquer en partie les pouvoirs surnaturels de quelques rois mérovingiens (guérisons, communication extra-sensorielle...). De grands noms sont affiliés aux Mérovingiens, c'est le cas de Godefroi de Bouillon (héros de la première croisade et roi de Jérusalem), ou les Habsbourg-Lorraine (dont est issue Marie-Louise épouse de Napoléon Ier) ou encore Alain Poher (président de la République à la mort de Pompidou). Godefroi de Bouillon serait selon la légende un proche descendant de Lohengrin, fils de Perceval (qui découvrit le Graal selon la légende arthurienne).

 

Les visions de Childéric

Dès la première nuit de noces, la reine Basine réveille Childéric et lui demande de regarder dans la cour. Childéric y voit des lions, des licornes et des léopards. Il vient se recoucher mais Basine l'oblige à se relever et à regarder par la fenêtre, le roi y voit alors des ours et des loups. La troisième fois, il voit des chiens et autres bêtes chétives. Après avoir passé la nuit chastement, Basine lui révèle la signification de son rêve : « Il nous naîtra un lion ; ses fils courageux auront pour symbole le léopard et la licorne. D'eux naîtront des ours ou des loups pour le courage et la voracité. Les derniers rois sont des chiens, et la foule des petites bêtes indique ceux qui vexeront le peuple, mal défendu par ses rois ». Ces visions témoignent de la dégénérescence prochaine des Mérovingiens.

 

Visions de Childeric (Bibliothèque nationale de France)

Visions de Childeric (Bibliothèque nationale de France)

 


 

Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://clovis1er.free.fr/
  • http://pagesperso-orange.fr/roger.castelain/ (Histoire de France -> Les Mérovingiens)

 

 

 

 

Les Carolingiens (629-987)

Plusieurs années après la conquête de la Gaule par Clovis et ses descendants, le royaume franc est en proie à des guerres fratricides. La richesse des Mérovingiens a cessé de croître à cause de la cupidité des fonctionnaires en charge de la levée d'impôts ainsi que par l'absence de victoires militaires qui priva le royaume de ses butins et tributs. Ainsi les derniers Mérovingiens étaient contraints de dilapider leur fortune pour acheter la fidélité de leurs hommes. Privé de ses richesses, le pouvoir royal s'affaiblit considérablement au profit d'une riche famille aristocrate de la Meuse : Les Pipinnides ancêtre des Carolingiens.

Les rois fainéants

Le bon roi Dagobert

A la mort de son père, Clotaire II, en 629, Dagobert Ier devient roi des Francs, il doit cependant céder l'Aquitaine à son frère Caribert II. Après l'assassinat de son frère, Dagobert reconstitue une nouvelle fois l'unité des royaumes francs et choisit Paris comme capitale. Il s'entoure alors d'habiles conseillers, des aristocrates tel que Saint Eloi ou Saint Ouen. Il soumet les Gascons et impose sa suzeraineté à la Bretagne. Dagobert s'appuie pleinement sur le clergé pour gouverner comme son ancêtre Clovis, il sait parfaitement que la religion est la seule force cohérente du Royaume. C'est aussi un mécène, protecteur des arts, il décide par exemple de combler de dons la basilique de Saint-Denis. Pendant les dix années de son règne, Dagobert va jouir d'un pouvoir absolu, il entretient de bonnes relations avec Byzance et tente de s'opposer à la nouvelle puissance slave. Cependant, très vite, il est menacé par des héritiers non directs de Chilpéric, qui alliés aux Gascons s'emparent de la quasi-totalité du royaume d'Aquitaine. A la mort de ce grand souverain, l'anarchie se réinstalle et la dynastie s'affaiblit définitivement, plus aucun roi n'aura un tel prestige dans tout le royaume.

La chanson de Dagobert

La célèbre comptine concernant Dagobert date en réalité de 1787, il s'agissait alors de ridiculiser la royauté. Pour éviter la censure, les auteurs se sont inspirés d'un roi très ancien, ils y ont d'ailleurs rajouté le personnage de Saint Éloi pour se rendre plus crédible. Dagobert avait en effet une vie dissolue, et avait plusieurs épouses à la fois.

Saint-Eloi orfèvre, par Pertrus CHRISTUS

Saint-Eloi orfèvre, par Pertrus CHRISTUS

Les Pipinnides, une famille riche et puissante

Pendant la période mérovingienne, le roi est assisté d'un Maire du Palais, à l'origine simple intendant du Palais, il va gagner une influence croissante pour devenir un chef de l'administration, nommant les comtes, les ducs, les évêques, décidant également de la guerre et de la paix. Maire du Palais d'Austrasie, Pépin de Landen, un riche aristocrate, avait contribué à la réunification du royaume sous l'égide du roi de Neustrie : Clotaire II, à la mort de ce dernier, il devient l'un des conseillers de Dagobert avant d'être écarté pour ses prétentions. Il redevient Maire du Palais d'Austrasie en 639 car les fils de Dagobert sont trop jeunes pour régner. Grimoald, le fils de Pépin de Landen, a les mêmes aspirations que son père, après avoir obtenu le poste de Maire du Palais d'Austrasie, il parvient à gagner la confiance du roi Sigebert III (fils de Dagobert). D'une audace extrême, Grimoald fait adopter son propre fils par Sigebert et fait enfermer le prétendant au trône (Dagobert II) dans un couvent en Irlande. Mais cette usurpation démasquée aboutira finalement à l'assassinat de Grimoald et de son fils. Mais dix ans plus tard, son neveu Pépin de Herstal parvient à s'imposer en qualité de Maire du Palais d'Austrasie, en effet sa puissance militaire et politique fait de lui un homme incontournable. En 687, il s'empare à l'issue de la bataille de Tertry de la Mairie du Palais de Neustrie. Cette famille que l'on appelle les Pippinides (qui allait engendrer les Carolingiens) est désormais la maîtresse incontestée de tout le royaume du Nord (Neustrie et Austrasie).

Les rois fainéants

Devant le pouvoir grandissant des Maires du Palais, les descendants de Dagobert sont communément appelés "les rois fainéants" du fait de leur impuissance au trône (fait néant). En effet, la plupart d'entre eux arrivent sur le trône à bas âge et ont une espérance de vie très courte, aussi on sait peu de choses sur certains d'entre eux. A la mort de Dagobert, le royaume fut partagé entre ses deux fils, Sigebert III (Austrasie) et Clovis II (Neustrie). Ces deux royaumes étaient de nouveau en proie à un affrontement sans fin. Après avoir subi deux échecs, Pépin de Herstal écrase la Neustrie à Tertry, mais alors que le pouvoir est entre ses mains, Pépin n'ose s'emparer de la couronne. Il laisse donc le roi de Neustrie (Thierry III) qu'il vient de battre sur le trône de manière symbolique.

Partage du royaume à la mort de Dagobert

Charles Martel

L'avènement de Charles Martel

Peu avant sa mort, afin d'éviter des querelles pour sa succession comme Maire du Palais, Pépin de Herstal désigne son fils illégitime Charles Martel comme unique successeur. Mais à la mort de Pépin, sa femme Pléctrude emprisonne le jeune Charles afin de faire élire ses deux fils. Bientôt, la Neustrie se soulève et en 715, à la mort de Dagobert III, les Neustriens libèrent un jeune clerc d'un monastère qui prétend être le fils de Childéric II, qu'ils font couronner. La régence de Pléctrude a donc aboutit à la destruction de l'œuvre de Pépin de Herstal. Cependant, le jeune Charles Martel parvient à s'échapper de sa prison, déterminé, il rassemble derrière lui des partisans d'Austrasie. A la mort de Pléctrude, il parvient à s'emparer de la mairie d'Austrasie. Ambitieux, il signe une trêve avec les Frisons (peuple germanique) et se met en guerre contre les Neustriens et ses alliés d'Aquitaine. En 717, à Vincy il inflige une cuisante défaite à ses ennemis et peut faire son entrée triomphale à Paris.

Charles Martel

Bibliothèque Nationale de France

Bibliothèque Nationale de France

La réunification du royaume

Charles Martel est désormais unique maire du palais des royaumes d'Austrasie, de Neustrie et de Burgondie réunis. Il gouverne le royaume en lieu et place du mérovingien Thierry IV, un enfant de 10 ans. Il décide alors de restaurer l'unité des Francs. Il s'appuie alors sur les familles aristocratiques qui lui doivent sa fortune, il s'assure le soutien de l'Église en évinçant les évêques qui lui sont hostiles et en se rapprochant de la papauté de Rome. A la tête d'une puissante armée, il écrase les Frisons et les Saxons et soumet la Thuringe et la Bavière. Charles Martel entame une politique de laïcisation des biens de l'Église, afin de disposer de nouvelles terres pour des riches aristocrates, à la tête d'une puissante cavalerie. Ayant acheté leur fidélité par des terres, Charles Martel contribue ainsi à la naissance du régime féodal.

La menace islamique

Moins d'un siècle après la mort de Mahomet, les guerriers musulmans avaient envahi l'Espagne. Au début du VIIIe siècle, ils franchissent les Pyrénées et investissent le Languedoc, la chrétienté n'a jamais été aussi menacée. Le duc d'Aquitaine, Eudes, était parvenu à freiner la poussée islamique près de Toulouse en 721. Le duc Eudes s'était allié avec un gouverneur berbère de Septimanie, qui de religion musulmane était en révolte contre ses coreligionnaires. Seulement le gouverneur d'Espagne, Abd al-Rahman, avait canalisé la révolte et se lançait maintenant à une expédition punitive contre les Aquitains. Devant un tel danger, Eudes fit appel à son voisin Charles Martel qui contrôle tout le Nord de la Loire. Celui-ci fait avancer son armée venue de toutes les parties du royaume franc. La bataille s'engage près de Poitiers contre les troupes d'Abd al Rahman. Charles Martel équipe chacun de ses soldats d'une épée, d'un haubert ainsi que d'une longue lance. Après sept jours durant lesquels les troupes se sont livrées seulement quelques escarmouches, les Arabes se décident enfin à attaquer, mais ils se heurtent inutilement aux défenses franques. Abd al-Rahman est tué au cours de la bataille, et les Arabes s'enfuient au cours de la nuit. La légende raconte que ce sont 375 000 Arabes qui auraient péri. Fort de ce succès, Charles Martel investit l'Aquitaine et chasse les chefs musulmans qui y sont installés. Le chef franc apparaît alors comme le sauveur de la chrétienté, et le maître incontesté du royaume franc.

La bataille de Poitiers

Charles tient son nom de Martel « celui qui frappe comme un marteau » grâce à son incroyable énergie qui lui a permis d'écraser les musulmans.

La bataille de Poitiers, par Charles STEUBEN

La bataille de Poitiers, par Charles STEUBEN

Pépin le Bref

La bataille pour la succession

Un peu avant sa mort survenue en 741, Charles Martel avait réparti le royaume entre ses deux fils : Carloman et Pépin. Seulement le testament de Charles avait fait des mécontents inassouvis, notamment Hunald, le fils du duc Eudes d'Aquitaine. Celui-ci pouvait trouver l'appui du duc de Bavière et de Griffon, un des fils de Charles né d'une autre union. Pépin et Carloman se font alors solidaires afin de lutter contre ces révoltes qui torpillent les quatre coins du royaume. Les deux frères commencent par écraser les Aquitains, puis se répartissent le duché. Puis Carloman soumet les Alémans, à l'Est après une répression sévère et cruelle. Pépin quant à lui, habile diplomate, parvient à ménager la Bavière. Restait alors Griffon, le demi-frère jaloux qui s'est laissé persuader par sa mère qu'il a obtenu de vastes territoires de la part de Charles. Griffon est capturé et emprisonné à Neufchâteau, il parvient cependant à s'évader grâce à la complicité de sa sœur. Réfugié en Aquitaine, il ranime la révolte aux cotés du duc Hunald. Mais les troupes sont vaincues de nouveau en 745, Hunald se retire alors d'Aquitaine. Mais Griffon parvient à rejoindre les Saxons qu'il pousse à la révolte. Pépin prend alors les armes et défait la rébellion, et, pour calmer les ardeurs de son jeune demi-frère, Pépin nomme Griffon duc du Mans en lui octroyant 12 comtés.

Pépin le Bref, roi des Francs

Très pieux, Carloman décide de se faire moine, Pépin qui se fait surnommer "le Bref", en raison de sa petite taille, est alors seul pour régir l'État. Les deux frères n'ont pas manqué auparavant d'élire Childéric III, qui n'est roi des Francs que symboliquement. Pépin le Bref aspirait désormais à ceindre la couronne franque, il conclut dans ce but un accord avec le pape, Zacharie : en échange de son aide contre les Lombards, qui menaçaient les États contrôlés par l'Église, celle-ci autorisa à déposer le dernier roi mérovingien, Childéric III. Ainsi en novembre 751, à Soissons, Childéric est arrêté, tondu (perdant ainsi son caractère royal), et emprisonné. L'assemblée des Grands du royaume nomme alors Pépin, roi des Francs. L'archevêque de Mayence, Boniface, donne l'onction au nouveau roi en marquant son front avec de l'huile sainte (le Saint-Chrême). Cette cérémonie du sacre, avec son rite de l'onction du roi par les huiles saintes, fut perpétuée en France jusqu'au XIXe siècle. Elle avait un double sens : par elle, le pouvoir royal acquérait un pouvoir sacré, et l'Église se faisait reconnaître comme la source du pouvoir.

Sacre de Pépin le Bref

Par la suite, en 754, le pape Etienne II octroya, par un second sacre, à la royauté de Pépin le caractère religieux indispensable. Une nouvelle légitimité était créée et était inaugurée par l'alliance de la famille avec la papauté.

Sacre de Pépin le Bref par le pape Etienne II à Saint-Denis le 28 juillet 754, par François DUBOIS 1837 (Châteaux de Versailles et de Trianon)

Sacre de Pépin le Bref par le pape Etienne II à Saint-Denis le 28 juillet 754, par François DUBOIS 1837 (Châteaux de Versailles et de Trianon)

Les Francs au secours de la papauté

Ayant reçu avec ses fils, le titre de « patrice des Romains », Pépin devait maintenant s'acquitter de sa dette envers le pape. Les Lombards, peuple germanique représentaient toujours une menace depuis le VIe siècle lorsqu'ils s'installèrent dans la plaine du Pô. Ils envahirent les possessions byzantines en Italie, occupèrent Ravenne et osèrent même s'attaquer à Rome. En 754, le pape fit même le déplacement pour venir demander son aide au roi des Francs. Jamais un pape n'avait entreprit pareil voyage. Pépin lança alors deux expéditions en Italie, qui mirent un arrêt à l'expansion lombarde. Les territoires libérés furent remis directement à l'Église et non à leur propriétaire légitime, l'empereur de Byzance. Ce don que l'on appela « la donation de Pépin » fut à la base de la formation des États de l'Église. Le Saint-Siège catholique se détacha alors de Byzance et s'en remet désormais de sa sécurité aux souverains francs. Cela aboutira en 1054 au schisme entre les chrétiens orthodoxes d'Orient et les chrétiens catholiques d'Occident.

Un grand règne

Dès 756, après avoir tenté de mater les Saxons et les Bavarois, Pépin prépara la conquête définitive de l'Aquitaine, toujours en révolte, mais ce n'est qu'en 768 qu'il parvient à ses fins. Il expulse également les Arabes de Septimanie. Parallèlement, le roi des Francs jeta les bases d'une administration solide dans son royaume et amorça la « renaissance carolingienne ». A l'extérieur, plusieurs tentatives de rapprochement furent effectuées avec les Byzantins et les Arabes, préparant la vision impériale de son royaume. A l'intérieur, sa plus grande tâche fut d'effacer le clivage Neustrie-Austrasie qui divisait la Gaule depuis le VIe siècle. Lorsque Pépin tomba malade en 768 et se fit conduire à Saint-Denis pour y mourir, il partagea son royaume entre ses deux fils, Charles et Carloman. L'œuvre accompli par ce souverain était immense, et sous l'impulsion de son fils Charles, les Pipinnides allaient désormais se faire appeler les Carolingiens.

Pépin le Bref et Berthe au Grand Pied


Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://pagesperso-orange.fr/roger.castelain/ (Histoire de France -> Les Carolingiens)
  • http://www.herodote.net/histoire10251.htm

 

Introduction

Avec la bénédiction du pape, les maires du palais ont usurpé le trône aux derniers Mérovingiens, « les rois fainéants ». Pépin le Bref devenu roi des Francs en 751, parvient à restaurer l'unité du royaume. Avec la reine Bertrade « Berthe au grand pied », la fille du comte de Laon, un puissant seigneur de l'époque, Pépin a deux fils : Charles et Carloman. Très vite l'aîné Charles s'impose et annonce son style, il se fera appeler « le Grand », et deviendra l'un des plus grand souverain de France qui marqua toute la période du Haut Moyen Âge.

De grandes conquêtes

La lutte des deux frères

A la mort du roi franc en 768, les premières difficultés apparaissent, les deux frères, Carloman et Charles ne s'entendent guère, le partage était dès lors prometteur de discorde. Selon les vœux de Pépin :

  • Charles obtenait l'Austrasie et le Nord de la Neustrie, il se fit sacrer roi à Noyon.
  • Carloman obtenait le Sud de la Neustrie, la Bourgogne et la Provence, il siégeait à Soissons.

En 769, l'Aquitaine se révolte, Charles demande l'aide de son frère, qui lui refuse. Charles prend alors la poursuite du duc d'Aquitaine et parvient à rétablir l'ordre en menaçant les Gascons (Basques) qui lui livrent finalement le duc rebelle. Mais en 770, c'est la Lombardie qui apparaît plus menaçante, la veuve de Pépin, Bertrade organise un mariage entre Charles et Désirée la fille du roi des Lombards. Mais les deux frères ne s'entendent toujours pas, et c'est finalement la mort de Carloman en 771 qui va tout changer. Charles destitue l'héritage de ses neveux qui s'enfuient avec Gerberge, la femme de Carloman, vers la cour lombarde (Gerberge est la fille du roi lombard). Charles est désormais roi unique des Francs.

Charlemagne

Détail d'une mosaïque de la cathédrale de Strasbourg

Détail d'une mosaïque de la cathédrale de Strasbourg

La conquête de la Lombardie

Les relations entre Didier, le roi des Lombards et le jeune roi franc se dégradèrent très vite, Charles avait répudié Désirée qui était très laide. Le pape Adrien Ier se réjouissait de cette opportunité, comme l'avait fait son prédécesseur, il demanda de l'aide auprès du roi franc. Charles avait un grand intérêt à soumettre les Lombards, menace constante, d'autant que leur roi Didier voulait réhabiliter les fils de Carloman, réfugiés à sa cour, sur le royaume franc. Charles traversa alors les Alpes avec son armée, défit les Lombards qui se réfugièrent dans la ville de Pavie, capitale du royaume. En 774, la ville tombe et Charles prit le titre de « roi des Francs et des Lombards », il fit alors son entrée triomphale dans la capitale coiffé de la célèbre couronne de fer, dont le fermoir, selon la légende, a été forgé avec un clou de la Vraie Croix du Christ.

Les Saxons, des adversaires irréductibles

Tout au long de son règne, les difficultés les plus conséquentes auxquelles Charles devra faire face sont liées aux Saxons, un peuple païen aussi irréductible face à l'épée qu'à l'appel de l'Évangile, qui vivait sur les territoires devenus aujourd'hui les Flandres et la Lorraine en plus de leur terre d'origine la Saxe, l'actuelle Allemagne. Il fallut à Charlemagne (du latin Carolus Magnus, Charles le Grand) près d'un quart de siècle pour les soumettre totalement. Les Saxons, qui avaient promis des concessions, profitèrent de la campagne de Lombardie pour se révolter de nouveau. Mais les Saxons sont de nouveau battus et promettent finalement leur conversion au christianisme, Charlemagne rentre avec son lot d'otages saxons. Malgré tout, les révoltes n'en continuèrent pas moins...

Charlemagne en campagne contre les Maures

(Bibliothèque nationale de Turin)

(Bibliothèque nationale de Turin)

Contre les Maures

Depuis près d'un siècle, la chrétienté se voyait menacé par les Maures qui occupaient encore toute l'Espagne. Pour le pape, comme tous les chrétiens, il revenait à Charlemagne de se défendre contre ce danger permanent. Charlemagne n'avait pas l'intention de conquérir l'Espagne, il avait conscience du décalage économique et culturel des deux mondes, de plus il admirait la civilisation islamique, très avancée sur le commerce, l'artisanat, les sciences et les arts. Toujours est-il que Charlemagne envahit la Catalogne et pris la ville de Pampelune. Puis le gros de l'armée se replia pour rejoindre la Germanie, car les Saxons s'étaient de nouveau rebellés. L'arrière-garde qui protégeait le repli s'engagea alors dans les vallées pyrénéennes. Elle était commandée par Roland, comte de Bretagne, un valeureux guerrier très aimé de Charlemagne. Le 15 août 778, comme elle se trouvait dans l'étroit passage du col de Roncevaux, les Gascons (Basques) dévalèrent du haut des montagnes et massacrèrent la troupe franque. « Ce cruel revers, nous dit un chroniqueur du temps, effaça presque entièrement dans le cœur du roi la joie des succès qu'il avait eus en Espagne. » Cet événement devint le fait d'armes le plus connu du règne grâce à un grand poème écrit vers la fin du Xe siècle, la Chanson de Roland. Charlemagne se contenta dès lors d'occuper des places fortes en Catalogne.

La Chanson de Roland

Ce paragraphe décrit l'histoire du poème épique rédigé à la fin du XIème siècle (début des Croisades) où les Basques de Ronceveaux ont été remplacés par des Sarrasins. Ganelon le beau-père de Roland, désireux de se venger de celui-ci ainsi que des onze pairs qui lui vouent un véritable culte, s'entretient avec Marsile, un roi sarrasin, et lui donne toute les informations qui permettront d'exterminer l'arrière-garde de Charlemagne. Roland est nommé à la tête de cette arrière-garde, avec ses onze pairs dont Olivier, comte de Genève et meilleur ami de Roland. Charlemagne a dès lors un sombre pressentiment. Marsile a réuni 400 000 hommes, qui se rue sur les 20 000 Francs, enclavés dans le col de Roncevaux. Par fierté, Roland refuse alors de sonner l'olifant (cor) pour rappeler Charlemagne. La première vague de Sarrasins (100 000 hommes) est contrée et exterminée. Mais au bout du cinquième assaut, les Francs ne sont plus que 60. Roland se décide alors à sonner de l'olifant, Charlemagne l'entend mais Ganelon lui dissuade d'en prendre compte. La bataille continue, Roland tranche la main de Marsile qui s'enfuit. Olivier mortellement blessé meurt dans les bras de Roland. Roland reste seul avec son ami Turpin qui sont soudain assaillis par 400 sarrasins qui les criblent de flèches avant de s'enfuir. Mourant Roland tente en vain de briser son épée, la vaillante Durandal, qui brise un roc. Roland se couche alors le visage tourné vers l'Espagne et s'en remet à Dieu. Charlemagne très affecté condamne le traître Ganelon, symbole de la félonie. La fiancée de Roland, Aude, meurt de chagrin. Le poème fait une grande part au merveilleux chrétien et à l'amour des preux chevaliers pour la « douce France ».

Roland sonne du cor à Roncevaux (miniature médiévale)

Roland sonne du cor à Roncevaux (miniature médiévale)

Des difficultés en Germanie

Les intraitables saxons se sont de nouveau soulevés, ils ont ravagé le territoire franc jusqu'à la Moselle. Charlemagne organise donc une sévère répression. Mais les révoltes n'en continuèrent pas moins. En 782, un chef saxon, Widukind, réussit à décimer une armée saxonne ralliée aux Francs et à se réfugier ensuite en territoire danois. Charlemagne avait la ferme intention d'annexer la Saxe à sa couronne, mais pour ce faire il devait faire plier les Saxons. Chose qui devient moins aisée à mesure que les païens appliquaient les tactiques militaires chrétiennes. Par représailles, Charles décida de se livrer à un épouvantable massacre, près de Verdun, ce sont 4 500 Saxons qui furent exécutés, femmes et enfants ne furent épargnés.

Les conquêtes en Europe centrale

  • Le soulèvement des Saxons encouragea par ailleurs le duc de Bavière, Tassilon III qui, en 779, refusa de reconnaître la souveraineté franque et fut sur le point de semer le trouble dans toute la partie Sud de la Germanie occupée par les Francs. Mais abandonné par ses sujets, Tassilon est finalement battu et emprisonné. La Bavière est ainsi intégrée au royaume en 788. Charlemagne confisqua les biens immenses de Tassilon, qui était considéré comme « l'homme le plus riche de l'Empire », plus que Charlemagne lui-même qui de surcroît, n'a jamais eu de fortune personnelle et fut un des premiers rois de l'époque médiévale à distinguer le Trésor Royal et ses biens propres.
  • Puis, après la Bavière, Charles affronta les Avars, une peuplade belliqueuse d'origine mongole, comme les Huns, qui était établie en Pannonie (actuelle Hongrie). La guerre contre les Avars fut sans pitié. Charlemagne répondit à la férocité de l'ennemi par une férocité égale. L'affrontement se termina par la prise du camp royal avar par Pépin, le fils de Charlemagne. Leurs terres furent placées sous le contrôle des Francs, puis christianisés. Un traitement analogue fut réservé aux Slaves de Bohème. A la suite de ces conquêtes, les territoires de Germanie, de Hongrie, de Bohème et d'une partie de la Yougoslavie furent arrachés à l'emprise barbare.

Empereur

Le sacre de Charlemagne

Les relations entre Charlemagne et le pape Adrien Ier n'étaient pas si exemplaires, la Toscane et toute l'Italie du Sud était promise au pape, mais le souverain franc préférait imposer sa propre domination sur l'Italie. L'indépendance des États du pape était de plus en plus fictive. Malgré tout, Charles est soucieux de sa construction politique, et il sait que le facteur religieux est essentiel. Aussi, lorsque le nouveau pape Léon III est emprisonné en 799 et roué de coups par des nobles qui l'accusent d'immoralité, Charlemagne intervient et assure le retour du pape à Rome sous bonne escorte. En remerciement de service rendu, notamment contre les Lombards, Charlemagne prend le titre inédit d'« Empereur des Romains ». La cérémonie se déroule à la basilique Saint-Pierre de Rome le 25 décembre 800. Il se présente de façon symbolique en continuateur lointain de l'empire romain d'Occident. C'est ainsi qu'il arbore comme emblème l'aigle monocéphale.

Le sacre de Charlemagne

(Bibliothèque nationale de France)

(Bibliothèque nationale de France)

La conquête de la Germanie

La tâche la plus ardue pour Charlemagne était de soumettre définitivement les Saxons afin de rattacher la Germanie à l'Empire, et de la pacifier. En 785, le chef barbare, Widukind, tombe malade, il fut alors obligé de céder son commandement. Dès lors les campagnes saxonnes ne furent plus aussi dures ni aussi laborieuses pour les Francs qui finirent par gagner en 799. Mais guérillas, répressions et déportations en masse reprirent et ne s'achevèrent qu'en 804. cette année-là, Charlemagne eut recours aux grands moyens, en décidant que « tout Saxon non baptisé et qui refusera de l'être serait puni de la peine de mort ». De plus, il déporta toute la population saxonne résidant entre les deux fleuves de l'Elbe et de la Weser. A mesure qu'elle était pacifiée, la Germanie fut divisée en marches (zones de défense) dirigées par des chefs francs.

L'organisation de l'Empire

L'Empire carolingien

Au début du IXe siècle, l'État franc représentait déjà un vaste Empire et ses frontières étaient fortement consolidées. Après le couronnement de Charlemagne, le centre de gravité de l'Empire se déplaça vers l'Est, c'est-à-dire au détriment de la France et au bénéfice de l'Allemagne. La capitale fut instaurée à Aachen, ville germanique connu sous le nom de « Aix-la-Chapelle ». Charlemagne appréciait les eaux thermales de cette ville, qui lui permettaient de soigner sa goutte et ses rhumatismes. L'annonce du couronnement ne pouvait plaire à Constantinople qui vit en Charlemagne un usurpateur. L'Empire byzantin, devant la démonstration de puissance affichée, s'orienta vers des transactions entre les deux empires, et celles-ci se mirent en place. Pendant un moment, on pensa marier l'Empereur d'Occident, à Irène, l'impératrice souveraine d'Orient, le plan ne pût aboutir. A cette époque, il y a trois empires rivaux : l'empire carolingien, l'empire byzantin et l'empire arabe. Ce nouveau monde, en raison de l'antagonisme religieux ne pouvait tirer profit des relations maritimes entre l'Orient et l'Occident, contrairement au monde romain. D'où la restructuration de l'empire franc qui s'orienta vers une activité économique située entre le Rhin et la Meuse, favorisant la future Allemagne.

L'Empire de Charlemagne

Homme de guerre, homme de paix

Le portrait de Charlemagne nous est connu grâce à Éginhard, un historien contemporain. Grand (il mesurait 1,92 m), fort et vigoureux, Charlemagne inspirait le respect de ses ennemis qui, sur le champ de bataille, craignaient davantage sa force physique que son intelligence tactique. D'une réelle bonté, il aimait faire des aumônes aux pauvres, pouvait éclater en sanglots à l'annonce de la mort d'un ami, et vénérait sa mère Bertrade, qu'il consultait souvent. Très attachée à sa famille, il ne séparait jamais de ses enfants, et fût marié à quatre reprises. Charlemagne a une grande curiosité d'esprit, il s'instruit beaucoup pour pallier ses lacunes, il donne ainsi une éducation complète à ses enfants. Mais il fut d'abord et avant tout un guerrier, bien que son but affirmé fût la paix. Profondément religieux, convaincu que Dieu avait confié au peuple franc et à son souverain la tâche de répandre et de défendre la foi chrétienne ainsi que les coutumes qu'elle apportait avec elle, il passa sa vie à combattre les Barbares, du nord au sud de l'Europe. Par le fer et le sang, il réussit à établir un empire chrétien sur la majeure partie de l'Europe occidentale, au point que les historiens lui attribuèrent par la suite le titre de Pater europae, père de l'Europe moderne.

Les Missi dominici

L'empereur ne pouvait pas toujours contrôler la manière dont ses ordres étaient appliqués. Charlemagne confiait donc les charges sûres à des personnes qui étaient « les yeux, les oreilles et la langue du souverain ». C'étaient les missi dominici (envoyés du maître). Véritables inspecteurs généraux du royaume, ils avaient les pleins pouvoirs pour rappeler à l'ordre comtes et marquis, surveiller le fonctionnement de la justice et de l'état des finances. Les missi dominici étaient en général au nombre de deux : un religieux et un laïc. Ils avaient pour mission de procéder à des enquêtes, de contrôler l'administration des provinces et de signaler à l'empereur les abus qu'ils avaient pu constater.

Les missi dominici se présentant devant Charlemagne

Comtes et marquis

Suivant en cela l'usage des Francs, Charlemagne divisa l'empire en comtés (il y en a plus de 200 dans l'Empire) ; aux frontières, il créa des marches ou régions tampons destinés à protéger les invasions extérieures. Comtés et marches, vivant en relative autonomie, furent confiés aux plus fidèles de ses compagnons (comtes et marquis). L'empereur leur rendait périodiquement visite ; il recevait alors les représentants de la population et les chefs du clergé, contrôlait les comptes, décidait des travaux à entreprendre. Dans chaque comté se tenaient régulièrement des assemblées provinciales ou plaids (du latin platicium, convention), qui tenaient lieu de cours de justice. Les juges ou échevins, réglaient les affaires ordinaires. Mais les jugements les plus importants étaient prononcés par le comte ou par le tribunal royal.

Plaids généraux et Champ de Mai

Les comtes et marquis se comportaient sur leur territoire comme de véritables petits souverains. En réalité, ils constituaient les vassaux de l'empereur, qui était le propriétaire des terres. Afin de centraliser son pouvoir, Charlemagne réunissait des plaids généraux (en moyenne trois fois par an). Tous ceux qui comptaient dans l'Empire étaient conviés : marquis, comtes, évêques, abbés (supérieurs de monastère)... Dans ces réunions, on débattait de tous les problèmes de l'Empire, et on instaurait des lois. Les fonctionnaires de l'Empire les transcrivaient ensuite de façon ordonnée en divisant le texte en chapitres. Revêtus de la signature et du sceau de Charlemagne, ces chapitres, ou capitulaires étaient répandues dans les provinces pour y être appliqués. Charlemagne tenta ainsi de remplacer les traditionnelles décisions orales par des écrits. Le Champ de Mai (appliqué au mois de mai) est un plaid général qui règle les questions militaires.

« L'Empereur à la barbe fleurie »

En prêtant à l'empereur une barbe alors qu'il était vraisemblablement imberbe, les représentations du souverain veulent souligner son autorité virile. Quand au qualificatif de fleurie, il s'agit d'une mauvaise traduction de « flori », qui signifie blanc en vieux français.

La société carolingienne

Une société belliciste

Dans l'Empire carolingien, la guerre avait une importance primordiale : elle était tenue pour une activité normale, presque une nécessité. Durant le règne de Charlemagne, les années où il n'y eut pas de campagne militaire peuvent même se compter sur les doigts d'une seule main. La période des combats était située entre mai et octobre. Les buts poursuivis étaient divers : remettre à sa place un comte récalcitrant ou traître, amasser un butin par des raids au delà des frontières et, bien sûr, conquérir des territoires et christianiser les infidèles. De toutes les régions de l'Empire arrivaient des armées entières avec armes et bagages, conduites par un comte ou marquis. L'empereur lui-même passait en revue l'armée franque. Le Champ de Mai était ainsi non seulement une assemblée de chefs, où se décidaient les opérations militaires à venir, mais aussi une occasion de réaffirmer avec éclat l'unité de l'Empire autour du souverain et de son armée.

La société carolingienne

  • Les serfs, moteur économique : L'économie au temps des carolingiens était fondée sur le travail des serfs. Ceux-ci n'étaient pas à proprement parler des esclaves, mais des personnes soumises à un maître, qui devaient accomplir la tâche qu'on leur ordonnait et qui restaient attachées à un domaine. Les villae étaient l'objet d'une attention particulière : domaine agricole vivant en autarcie, c'est-à-dire produisant tout ce qui est nécessaire à la vie de ses habitants, la villa formait l'unité économique de base de l'Empire.
  • Le clergé, ciment des peuples : Charlemagne s'appuya tout au long de son règne, sur l'Église. Le christianisme formait le ciment unissant les peuples de l'Empire, qui n'avaient en commun ni la langue ni les mœurs. Même s'il surveilla toujours de très près les affaires religieuses, l'empereur donna une place de premier rang aux dignitaires de l'Église.

Charlemagne et les évêques

(Bibliothèque nationale de France)

(Bibliothèque nationale de France)

La Renaissance carolingienne

  • La création d'écoles : Afin de former des administrateurs compétents, Charlemagne favorisa un renouveau des études, il créa entre autre l'École du palais, que dirigera Alcuin. Après de nombreux conciles, Charlemagne réussit à imposer des réformes religieuses (réforme liturgique, discipline dans les abbayes, écriture). Charlemagne s'indignait du style grossier de certains ecclésiastiques, aussi le clergé devait être instruit, d'où la création d'écoles près d'églises et de monastères. L'Église passa ainsi vers l'effort d'éducation du peuple. Dans les monastères, on recopie les Saintes Écritures, de façon élégante (nouvelle écriture plus ronde : écriture caroline) et dans un latin correct.
  • Charlemagne, restaurateur des arts et des lettres : Sous l'influence de l'art byzantin, les églises seront décorées avec des mosaïques et des fresques. Les reliures des Bibles s'ornent de bas-reliefs, on peint aussi des miniatures ou de délicates enluminures. Reliques et manuscrits sont ainsi décorés par de grands orfèvres. Les arts et les lettres subissaient une brillante renaissance, la langue latine était restaurée, des personnes brillantes comme Alcuin ou Angilbert relancèrent le goût de la culture antique. L'architecture subit également une véritable renaissance artistique, inspirée de l'art romain. Les constructions religieuses connaissent un véritable essor, le palais d'Aix témoigne également du renouveau de l'architecture civile.

Le monogramme de Charlemagne

Éginhard apprit à Charlemagne à signer de cette façon : une croix comprenant les lettres de Karolus, les consonnes sont aux extrémités, les voyelles situées dans le losange central.

La mort du souverain

La mort du souverain

Après la soumission des Saxons en 804, Charlemagne entreprend ses dernières campagnes militaires : contre les Arabes d'Espagne, les Avars ou les Bretons, mais aussi les Slaves, les Sarrasins, les Grecs et les Danois. En 812, l'empereur romain d'Orient Michel Ier reconnaît Charlemagne comme empereur romain d'Occident. Charles pense alors à sa succession :

  • De tous ses fils, l'un Pépin le Bossu avait tenté de le renverser, il fut enfermé dans un monastère.
  • Charles le Jeune, qui avait reçu l'onction du pape lors du sacre est destiné à la succession mais il meurt en 811.
  • Le second fils de Charlemagne, Pépin était roi d'Italie, il se distingua en capturant le trésor des Avars, « le Ring », il meurt en 810.
  • C'est alors Louis (le Pieux ou le Débonnaire) qui succédera à Charlemagne, il est sacré en 813, du vivant de son père.

Charles était fort et robuste, il ne fut malade que durant les quatre dernières années de sa vie, il se mit à boiter et à souffrir de la fièvre. En 814, il meurt de pleurésie, il est inhumé à la basilique d'Aix-la-Chapelle. L'unité de l'Empire qui était déjà difficile à maintenir à cause de l'immensité d'un territoire s'étendant de la Baltique à l'Adriatique et à cause du système des comtés et des marches, source de morcellement, put être sauvegardée aussi longtemps que Charlemagne fut en vie, mais ne devait guère survivre à la disparition du « ciment » que représentait son autorité et son prestige.


Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne
  • http://www.herodote.net/histoire12041.htm

 

Peu après la mort de Charlemagne, trois événements majeurs marquent l'Empire carolingien :

  • Des troubles de successions entraînent la dislocation de l'Empire, désormais la partie germanique est définitivement séparée de la partie romane. Ce sont les premiers visages de la France et de l'Allemagne qui apparaissent.
  • L'Europe est en proie à de nouvelles invasions (Sarrasins, Hongrois, Normands ...). Les Vikings constituent cependant la menace la plus importante. Leur intrusion dans la « Francie » va bouleverser à jamais le pays.
  • Les Robertiens (de Robert le Fort, ancêtre des Capétiens) vont très vite s'imposer face aux Carolingiens régnants. Pendant un siècle, les deux familles vont se disputer la couronne avant qu'elle ne soit définitivement attribuée aux Robertiens.

La division de l'Empire

La mort de l'Empereur

C'est en tant que dernier fils survivant de Charlemagne que Louis Ier le Pieux (ou le Débonnaire) obtient le titre d'empereur d'Occident en 814. L'empire ne sera donc pas découpé, comme il était coutume de le faire à l'époque. Pendant quelques temps encore, la machine crée par Charlemagne va continuer de fonctionner. Mais Louis Ier qui se fait appeler « le Débonnaire » en raison de sa faiblesse de caractère n'est pas l'homme apte à conserver l'unité. Jusqu'à sa mort, il va lutter contre ses trois premiers fils (Pépin, Louis, Lothaire), jaloux de leur demi-frère, Charles, fils de sa seconde femme Judith de Bavière. Par ailleurs, le pape Etienne IV gagne de l'indépendance et le lien entre Rome et l'Empire semble rompu. Après la naissance de Charles, un nouveau partage est décidé, celui-ci ne plaît pas aux trois frères qui déposent leur père en 833. Pépin et Louis, regrettant d'avoir donné tous les pouvoirs à Lothaire (l'aîné qui avait obtenu la plus grosse part du pouvoir), restaurent leur père déchu en 835. En 840, Louis le Pieux meurt, laissant derrière lui une succession qui s'annonce délicate.

Les trois frères

Pépin d'Aquitaine, second fils de l'empereur mourut en 838. A la mort de Louis le Débonnaire, l'Empire est donc partagé entre ses trois autre fils : Louis le Germanique, Lothaire et leur jeune demi-frère Charles le Chauve. Seulement, Lothaire décide de s'approprier l'intégralité du territoire. Louis s'allie donc avec Charles contre leur aîné qui est battu en 841 (bataille de Fontenoy en Puisaye). Les deux frères se prêtent serment à Strasbourg (842), puis gagnent Aix-la-Chapelle, où Lothaire est contraint d'accepter un partage équitable. En 843, le partage est finalement décidé à Verdun :

  • Lothaire reçoit la Francie médiane, de la mer du Nord à l'Italie, il garde le titre d'empereur.
  • Louis le Germanique reçoit la Francie orientale ou Germanie (la future Allemagne).
  • Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale (la future France).

Les frères tentent alors de mener une politique plus fraternelle, en tentant de se consulter. Parallèlement à ses querelles fratricides, les premières escarmouches normandes apparaissent sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique.

Le partage de Verdun

Les Normands

Les premières incursions normandes

En 793, les Vikings (guerriers de la Mer) font leur première incursion sur une île anglaise, pillant et saccageant un monastère. Leur réputation arrive même jusqu'à la cour de Charlemagne suscitant l'épouvante. Il faut dire qu'ils ne font pas les choses à moitié, arrivant sur leur proie par surprise, les mutilant de toute part, et incendiant tout sur leur passage. Réputés invincibles, ces guerriers barbares appartiennent à une civilisation très ancienne. Ils étaient originaires des pays scandinaves (Danemark, Finlande, Norvège). Leurs villages étaient situés au fond des fjords, là où de maigres terres permettaient la culture et l'élevage. C'est probablement la surpopulation ainsi que l'incapacité de ces terres peu fertiles à nourrir tous leurs habitants qui poussèrent les clans à chercher fortune ailleurs. Plus tard lorsqu'ils se rendirent compte que les frontières de l'empire carolingien n'étaient plus protégées, c'est la population de régions entières qui participa aux expéditions militaires, modifiant ainsi le destin de plusieurs pays. Leur expansion se fit dans deux directions :

  • Vers l'est et les plaines de Russie (Varègues originaires de Suède).
  • Vers l'ouest, où ils conquirent les îles du nord, de l'Angleterre au Groenland (conquête d'Erik le rouge), puis descendirent vers le sud, atteignant la Sicile (Robert Guiscard) et Constantinople ! Leif Erikson, fils d'Erik le Rouge gagna même l'Amérique du Nord.

Le drakkar, terreur des mers

Navigateurs infatigables, dont la technique maritime était supérieure à tous les autres peuples de l'époque, les Normands utilisaient le knorr. Bas sur l'eau, fuselé, souple, il était surnommé « le destrier des ondes », mais ceux qui le voyait apparaître à l'horizon le nommait le drakkar, c'est à dire dragon, car sa proue était souvent surmontée par une tête de cet animal fantastique.

La société des Vikings

Les Vikings vivaient dans de petits villages, les maisons et les fermes étaient généralement en bois, avec un toit recouvert de paille. La société viking était divisée en groupes. Un chef, ou roi, commandait le clan en temps de guerre. Mais, ordinairement, les décisions importantes étaient prises par les thing, ou assemblées d'hommes libres. A partir de 930 furent convoqués des assemblées de toute la nation viking, appelés al thing. Les hommes libres se divisaient en karl, riches agriculteurs qui formaient le gros de l'armée, et en jarl, agriculteurs modestes qui devaient travailler eux-mêmes leurs champs. Au bas de la société, les esclaves, ou thrall, prisonniers ou Vikings réduits en servitude parce qu'ils n'avaient pas pu s'acquitter de leurs dettes. Les Vikings partageaient la religion des Germains, la religion nordique. Après la conversion plus ou moins forcée de toute la Germanie par Charlemagne, ils restent les seuls adorateurs de Thor et d'Odin. Mais peu à peu, le monde viking entier se convertit. En l'an 1000, l'Islande devient catholique par choix politique.

La mythologie scandinave

La mythologie nordique est constituée des légendes provenant de la religion pratiquée autrefois dans une grande partie de l'Europe du Nord. Religion panthéiste accordant une large place à la Nature, à la femme (plusieurs déesses importantes) et à la divination (art associé aux runes), elle place la Vie au centre de son système, une vie conçue comme affrontement des forces de création et de dissolution, d'où résulte toute fécondité. Au delà des Dieux, la mythologie évoque aussi la présence de créatures célèbres (trolls, elfes, géants, dragons...).

L'avenement des Robertiens

Le règne de Charles le Chauve

Au moment où Charles le Chauve reçoit la Francie occidentale, certaines régions refusent sa tutelle. C'est le cas de la Bretagne où Nominoë parviendra à garder son royaume en battant les troupes royales (846). Les Aquitains, quant à eux, proclament roi Pépin II, fils de leur précédent roi Pépin Ier (également demi-frère de Charles). Mais en 841, les Normands font leur première incursion sur les côtes françaises en saccageant Rouen, pillant tout sur leur passage. Très vite le royaume est investi, et les Aquitains sont contraints de traiter avec Charles le Chauve, puis finissent par lui proposer le royaume d'Aquitaine. Pépin II, vexé, s'alliera avec les Vikings pour saccager son ancien royaume. Chaque année, les Vikings reviennent, encore plus violents, Charles ne parvient pas à trouver l'appui des autres Nations du traité de Verdun, il essaye en vain de restaurer la situation mais au prix de lourdes concessions. Dès 856, les Vikings font leur première grande incursion, cette vague de déferlements ne cessera qu'en 861. Compte tenu de la gravité de la situation, Charles est contraint de confier des responsabilités militaires à de hauts dirigeants.

Robert le Fort, père des Robertiens

Au même moment où règne Charles le Chauve, apparaît un personnage important de l'Histoire de France, c'est Robert le Fort. Appartenant à la même famille que la première épouse de Louis le Pieux, Robert devient missi dominici en 853. Deux ans plus tard, il se soulève contre son roi, puis devient duc de la région entre la Seine et la Loire. Il s'illustre alors contre les Bretons, mais surtout il arrête par deux fois (864 et 865) les Normands. Robert devient alors une des personnes les plus influentes du royaume. En 856, la situation devient plus grave, Charles le Chauve lui confie alors un commandement important à l'Ouest. Robert fortifie les villes et les fleuves et affronte vigoureusement les Normands. La même année, il meurt au cours du combat de Brissarthe près d'Angers. Pendant ce temps, Charles tente de mater les conflits avec l'aristocratie française. A la mort de l'empereur Lothaire, Louis le Germanique (Allemagne) et Charles le Chauve (France) décident de se partager le royaume de leur défunt frère. En 875, les amitiés de Charles avec la papauté lui sont favorables, il parvient à gagner le titre d'empereur. Mais, il meurt en 877, laissant derrière lui une situation difficile dans le royaume.

Les Vikings débarquant sur les côtes françaises

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

Le renforcement des Robertiens

Après la mort de Robert le Fort, son demi-frère Hugues l'Abbé est chargé de la tutelle de ses deux fils : les jeunes Eudes et Robert. Hugues s'acquitte fort bien de son rôle en renforçant l'héritage de Robert le Fort. Il fortifie les places fortes de la région du Centre (Orléans, Blois...), mais surtout il gagne de l'influence à la Cour. Ainsi, à la mort de Charles le Chauve, le fils du roi, Louis II le Bègue est soumis à la grande influence des Grands du royaume qui l'élisent roi aux prix de fortes concessions, Louis est même contraint d'accepter la tutelle d'Hugues l'Abbé qui agit comme le faisait les maires du palais sous les Mérovingiens. Louis le Bègue est faible et malade, sous son règne, le pouvoir royal perd son autorité. Il meurt prématurément en 879. Dès lors, ce sont les partis des Grands qui tiennent la couronne entre leurs mains, néanmoins les partisans des rois légitimes l'emportent et la couronne est alors octroyée à Louis III et Carloman, les deux fils du roi. Avec les différends que connaît le royaume, le pays est alors depuis plusieurs années à la merci des Normands. Ces derniers ont depuis changés de méthode, au lieu de se contenter de remonter les fleuves, ils s'engouffrent de plus en plus à l'intérieur des terres. Les deux jeunes rois se montrent plus actifs que leur père, et c'est l'aîné Louis qui est chargé de lutter contre les Normands. Après plusieurs succès, Louis tombe malade et meurt, son frère Carloman, âgé de 16 ans tente de reprendre l'œuvre de son frère. Mais les Grands décident alors de payer un important tribut aux Vikings en échange de leur retrait. Carloman meurt en 884 au cours d'un accident de chasse.

Les Robertiens

Les Robertiens sur le trône

Devant l'anarchie intérieure et la menace normande, les Grands écartent le dernier fils de Louis le Bègue (âgé de 5 ans), et confient la couronne à Charles le Gros, fils de Louis le Germanique, qui, possédant déjà l'héritage de son père, devient alors empereur d'Occident. L'unité de l'empire est alors ressoudée, mais Charles le Gros est loin d'avoir l'envergure de Charlemagne. Atteint d'épilepsie, le souverain s'avère médiocre et incapable d'assumer un tel titre. Eudes, le fils de Robert le Fort, est alors nommé comte de Paris. Face à l'immobilité de l'empereur, les Normands commencent l'assaut de Paris durant l'hiver 885-886. Mais la ville ne cède pas, le comte Eudes se couvre de gloire en défendant courageusement son territoire. C'est un succès décisif qui vaut à Eudes l'appui des Grands du royaume. Ainsi en 888, Charles le Gros est renversé, et Eudes devient roi de France. Ancêtre des Capétiens, il porte la couronne 108 ans avant Hugues Capet. Ceci est l'aboutissement de la prise du pouvoir par la Noblesse. La monarchie héréditaire franque est devenue élective. Le roi qui nommait les ducs et comtes (fonctionnaires du royaume) est maintenant choisi par eux et parmi eux. Eudes continue l'œuvre de son père Robert le Fort, et bat les Normands à Montfaucon. La seconde vague d'invasion normande qui commença en 879 paraît s'achever en 892. Pour éviter les dissolutions intérieures, Eudes fait du carolingien Charles III, son successeur à la couronne.

Eudes, défendant Paris des Normands

La sédentarisation des Vikings

A la mort de Eudes en 898, c'est Charles III le Simple, qui comme convenu monte le trône. Mais le pouvoir royal a bien changé. Pour répondre aux invasions normandes, mais aussi hongroises et sarrasines, le roi reconnaît et partage son pouvoir avec les comtes et marquis du royaume. Le champ d'action du roi se trouve alors rétréci. Mais le nouveau système de pouvoir transféré aux princes porte ses fruits. Ainsi, l'action contre les Normands est plus locale et précise, et cela finit par payer. Rollon, l'un des chefs normand, échoue devant Chartres grâce à l'alliance de l'aristocratie du Nord de la France. Des deux partis, on est alors prêt à un accord commun. En 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, passé entre Rollon et Charles III, la Normandie (terre des Normands) devient un duché donné aux Normands (hommes du Nord), contre la promesse de cesser les raids sur la Seine, de se faire baptiser, d'épouser Gisèle de France, la première fille de Charles le Simple. La sédentarisation des Vikings met ainsi fin aux invasions normandes, et leur chef Rollon se trouve alors vassal du roi de France.

Le baptême de Rollon

En échange du territoire de la Normandie, Rollon doit se convertir. Il se fait baptiser sous le nom de Robert à Rouen.

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

La cohabitation : Robertiens et Carolingiens

Charles le Simple face à la révolte des Robertiens

La fin du problème normand amène alors les seigneurs du royaume à se soulever de nouveau contre le roi. Robert, frère d'Eudes avait toujours soutenu son frère pendant son règne. A la mort de Eudes, Robert reçoit l'héritage de la famille (marche de Neustrie, comtés de Paris, Blois, Orléans...). Ce puissant marquis a la charge de défendre l'Ouest contre les Bretons et les Normands. Il continue cet ouvrage sous Charles le Simple, en défendant notamment la ville de Chartres face à Rollon. En 911, lorsque la paix est faite avec les Normands, Robert s'allie avec les autres dynasties féodales, il trouve l'appui de son beau-fils Raoul de Bourgogne. Pendant ce temps, Charles s'oppose aux familles de l'Est pour réclamer la Lotharingie qu'il finit par obtenir. En 920, au cours d'une assemblée, Charles se brouille violemment avec Robert. En 922, les Robertiens fomentent alors une révolte contre le roi et parviennent à élire Robert, roi des Francs. Charles le Simple est contraint à la fuite, mais il possède suffisamment de partisans en Lotharingie pour contre-attaquer. Au cours de la bataille de Soissons, Robert est tué au cours de la bataille, mais son fils Hugues le Grand, galvanise ses soldats en montrant le cadavre de son père, et finalement la bataille sera perdue par l'héritier carolingien. Les grands feudataires refusent encore de le reconnaître roi et lui préfère Raoul de Bourgogne (beau fils de Robert). Charles devenu un roi sans couronne trouve refuge chez son vassal, Herbert II de Vermandois qui le retient prisonnier (Robert Ier est son beau-frère), et l'enferme dans une tour du château de Péronne où il mourra en 929 après 6 années de captivité.

Le règne de Raoul de Bourgogne

L'avènement de Raoul de Bourgogne entraîne la perte de la Lotharingie au profit du roi de Germanie Henri l'Oiseleur. Raoul se consacre alors à la lutte contre plusieurs troupes normandes non implémentées en Normandie. Il est contraint d'acheter leur retrait. La vie politique en Occident voit la rivalité entre Raoul et Herbert de Vermandois qui veut agrandir son comté. Bientôt Herbert emploie des moyens de forces : rapprochement avec la Germanie, appel aux Normands de Rollon, chantage à la restauration de Charles le Simple (Herbert détient Charles prisonnier dans son fief). Hugues le Grand, fils de Robert fait alors alliance avec Raoul pour combattre les prétentions d'Herbert. L'intervention du roi saxon Henri Ier sauve le rebelle. En 935, les deux partis signent la paix. Raoul se concentre alors pour étendre son influence face aux grands seigneurs. Mais son action est vaine, il ne peut empêcher la divisions du royaume en grandes principautés, résultat de la féodalité et du pouvoir croissant de ses vassaux. Le roi ne possédant pas de ressources fiscales et donc d'armée était contraint de faire alliance avec les dynasties dominantes du royaume. Raoul meurt à Auxerre en 936.

Assassinat de Guillaume Longue-Épée

Fils de Rollon, Guillaume Longue-Epée prête serment au nouveau roi de France, Raoul de Bourgogne. Il est l'un des fondateurs du duché de Normandie. Il se marie avec la fille d'Herbert, comte de Vermandois. Guillaume surnommé "Longue Épée" est énergique est influent, il fit plusieurs alliances avec Hugues le Grand. Attiré dans un guet-apens, il est assassiné par les Flamands à Picquigny dans la Somme.

(Bibliothèque Nationale de France)

(Bibliothèque Nationale de France)

La restauration carolingienne

A la mort de Raoul, Hugues le Grand, fils de Robert de France apparaît comme le personnage le plus puissant du royaume. Il possède de nombreux comtés et plusieurs abbayes. Il ne souhaite pas gouverner lui-même car il ne veut pas abandonner ses comtés. Il décide alors de donner la couronne au fils de Charles le Simple : Louis IV d'Outremer, surnommé ainsi car il a été élevé à la cour de Wessex en Angleterre. Agé de 16ans, Louis débarque à Boulogne et ne constitue qu'un instrument aux mains de Hugues. Ce dernier utilise la légitimité carolingienne pour mettre à bas son concurrent Herbert de Vermandois. Louis s'émancipe très vite et devient bientôt le principal rival de Hugues. Après plusieurs esquives diplomatiques, le roi parvient à réunir une armée pour s'attaquer au duc Hugues. Seulement, il ne possède que la région de Laon, il n'a aucune autorité sur toutes les régions au sud de la Loire. C'est Hugues le Grand qui règne sur la Francia et la Bourgogne. Le roi est donc capturé par les Normands et livré à Hugues. Libéré un an plus tard, après avoir cédé la place forte de Laon, Louis IV fait alliance à son beau-frère Otton Ier (empereur de Germanie) qui n'accepte pas l'abaissement du pouvoir royal. L'armée ottonienne pénètre en France mais est incapable de prendre une place forte telle que Laon ou Paris. Hugues contrôle en effet la majeure partie du territoire du royaume. Mais le souverain parvient à le soumettre, qui est bientôt contraint de s'incliner sous peine d'exclusion de l'Église. Finalement, Louis meurt peu après d'une chute de cheval en 954. Et sous le consentement de Hugues le Grand, le fils de Louis, Lothaire, monte sur le trône. La mort de Hugues en 956 va favoriser le début de son règne. Mais la diplomatie prudente de l'héritier des Robertiens, qui lui permit d'agrandir considérablement son domaine, sous peine de refuser à deux reprises le trône, va permettre l'avènement de son fils : Hugues Capet. La dynastie capétienne va ainsi rester sur le trône près de 900 ans.


Sources et liens

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Vikings
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Carolingiens
  • http://www.freinet.org/creactif/riec/exposes/vikings.html#les%20outils
  • http://choisyaubac.free.fr/choisy%20afda%2006%20carolingiens.htm
  • http://his.nicolas.free.fr/index.html?Page=http%3A%2F%2Fhis.nicolas.free.fr%2FHistoire%2FPanorama%2FMoyenAge%2FFrancieCarolingienne%2FFrancieCarolingienne.html
  • http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye3%20-%20robertiens.html

 

 

 

Les Capétiens (987-1xxx)

 

 

Après le traité de Verdun, les Carolingiens régnèrent sur la Francie occidentale, mais le pouvoir réel leur échappait de plus en plus, à mesure que de puissants seigneurs renforçaient le leur sur leurs fiefs. Les Robertiens, comtes de Paris disputèrent alors la couronne aux Carolingiens. Bientôt cette puissante famille allait obtenir le pouvoir royal et l'asseoir pendant près de 800 ans. Cette période est également marquée par l'essor du duché de Normandie, terre allouée aux envahisseurs Vikings. Les ducs de Normandie, de plus en plus puissants allaient conquérir la Grande Bretagne, provoquant un conflit quasi-permanent entre la France et l'Angleterre.

 

La fin d'une dynastie

 

Les derniers Carolingiens

 

En France, les multiples invasions des Scandinaves et des Hongrois avaient considérablement affaibli le pays. La dévastation des régions les conduisit au repli sur soi-même. Le féodalisme provoqua une hiérarchie à plusieurs niveaux. Un seigneur assurait la sécurité de ses terres, ces terres étant divisées en fiefs attribuées à un vassal. Le féodalisme aboutit ainsi à une localisation importante si bien qu'il n'y avait plus vraiment de Nation, mais plutôt un magma de régions dirigées par des ducs ou comtes, vassaux du roi de France. Ces ducs avaient fait de leurs fiefs un héritage familial. En 954, Lothaire, fils de Louis IV devient roi de France. La mort en 956 de Hugues le Grand, le puissant comte de Paris, va favoriser le début de son règne. Mais le jeune Hugues Capet, fils de Hugues le Grand tient à garder ses avantages familiaux. Pourtant le conflit qui l'oppose à Lothaire paraît tourner en faveur du roi Carolingien. Mais Lothaire va s'embourber dans un conflit avec Otton, l'empereur de Germanie, à la fin de son règne le roi est très affaibli. Son fils, Louis V était déjà associé au trône aux cotés de son père. A la mort de Lothaire, Louis est donc déjà roi, mais sa situation est des plus précaires. Il doit faire face au duc des Francs, Hugues Capet, qui a l'appui de l'archevêque de Reims, Adalbéron. Le soutien de l'Eglise de Reims est important car c'est elle qui assure la légitimité du roi de France, la même qui a baptisé Clovis. Mais en 987, Louis V meurt subitement dans un accident de chasse, il n'a alors aucun héritier direct.

 

Hugues Capet

Ce n'est qu'au XIIe siècle, que Hugues fut surnommé Capet, sans doute parce que, comme ses ancêtres, il était abbé de Tours, où était conservé un fragment du manteau (capa) de Saint Martin. A cette époque on prit conscience du tournant politique de 987 avec l'émergence d'une nouvelle dynastie qui se perpétua jusqu'en 1792, et fut restaurée de 1815 à 1848. En 1792, lorsque Louis XVI fut jugé, il se fit appelé sous le sobriquet de Louis Capet, en référence au nom de son ancêtre.

 

 

L'élection de Hugues Capet

 

A la mort de Louis V, seul son oncle Charles, duc de Lorraine, réclamait le droit à la couronne en tant que descendant des Carolingiens. Mais Hugues Capet, alors comte de Paris, de Senlis, d'Orléans et de Dreux, joua alors de ses relations avec le puissant prélat Adalbéron. Il profita de cette circonstance pour se faire élire roi par une assemblée de seigneurs qui se laissèrent convaincre par l'archevêque par ces mots : « Nous n'ignorons pas, que Charles de Lorraine a des partisans : ils prétendent que le trône lui appartient par droit de naissance. Si l'on pose la question, nous répondrons que le trône ne s'acquiert pas par droit héréditaire. On ne doit y élever que celui qui se distingue non seulement par la noblesse corporelle, mais aussi par la sagesse qui trouve son appui naturel dans sa loyauté... » Ainsi, le 3 juillet 987, Hugues Capet est sacré roi en la cathédrale de Noyon par l'archevêque Adalbéron. Le jour de Noël de la même année, Hugues associe son fils Robert au gouvernement et le fait sacrer de son vivant. Conscient de la fragilité de son ascension, il s'assurait ainsi l'héritage du royaume à son fils. Procédé astucieux qui permit de substituer la monarchie élective souhaitée par les Grands et en vigueur sous les derniers Carolingiens, en une monarchie héréditaire, gage de la continuité. Les Capétiens régnèrent en France jusqu'en 1848, avec pour unique interruption, la Révolution Française et l'arrivée de Napoléon.

 

Le rituel du sacre

Comme les Carolingiens, les Capétiens utilisèrent le prestige religieux pour asseoir leur légitimité. Après Hugues Capet et jusqu'à Charles X, chaque roi eu à cœur de renouveler le rituel du sacre. A l'origine le sacre est une pratique germanique héritée des barbares. Le roi fait office d'intercesseur entre le monde divin et le monde humain. Pépin le Bref fut le premier à être ainsi sacré en confirmation de son accession à la royauté. Les Capétiens entretinrent une confusion entre le sacre germanique et le baptême de Clovis dans le souci d'enraciner leur légitimité au plus profond de l'Histoire. Deux reliques caractéristiques sont utilisées au cours du sacre des rois :

  • L'épée de Charlemagne, dénommée « Joyeuse », cette épée faisait partie avec son fourreau du Trésor de l'abbaye de Saint-Denis.
  • L'huile sainte versée sur le front du souverain. La Sainte Ampoule qui contient l'huile aurait été transmise à l'évêque Rémi par un ange et son contenu se régénèrerait miraculeusement à chaque onction. L'évêque Rémi utilisa cette huile lors du baptême de Clovis.

 

 

Les premiers Capétiens

 

Le règne d'Hugues Capet

 

En cette fin du Xe siècle, le roi de France est un seigneur parmi tant d'autres. Il est même moins puissant et moins influent que la plupart de ses pairs. A la vérité, il n'est vraiment le maître que d'une région comprise ente Paris et Orléans. Mais à la différence des autres seigneurs qui l'ont élu, le nouveau roi a été sacré et personne ne doute qu'il ait été choisi par Dieu pour faire régner la paix dans le royaume. Le sacre de Hugues est un élément fondateur du royaume de France moderne. Le royaume de Hugues s'étend sur le bassin parisien, l'ancienne Neustrie mérovingienne. Les Capétiens vont en faire le noyau de la France actuelle. Le roi doit vite s'imposer sur son territoire face aux petits barons ou aux grands vassaux des comtés de Blois et d'Anjou. Sa légitimité est en effet bien fragile. Lorsqu'il s'oppose à son vassal Adalbert de Périgord, refusant de lever le siège de Tours, Hugues lui demande : « Qui t'as fait comte ? », et le vassal répliqua « Qui t'as fait roi ? ». Dans le même temps, Arnoul remplace son oncle Adalbéron, à l'évêché de Reims. Celui-ci étant un partisan du carolingien Charles de Lorraine, il devient alors urgent à Hugues Capet d'écarter ce dangereux prétendant. Grâce à une trahison organisée, Charles est finalement capturé, c'est la fin des prétentions carolingiennes. En 996, Hugues est à Saint-Martin de Tours lorsqu'il meurt de la variole. Il est inhumé à Saint-Denis.

 

La France de l'an mil

 

 

Le règne de Robert II le Pieux

 

Robert II est éduqué par le célèbre Gerbert d'Aurillac (qui deviendra pape sous le nom de Sylvestre II). Il a gardé de cette éducation une grande piété, d'où son surnom. Comme tous ses contemporains, il passa l'an 1000 sans s'en apercevoir. Il épouse Rozzala, la veuve du comte de Flandre, de 35 ans son aîné, mais celle-ci lui apporte une dot intéressante. Malgré sa piété, Robert est excommunié pour avoir répudié sa femme. Le règne de Robert est marqué par l'acquisition de la Bourgogne au terme de 12 ans de conflit. Le duché est donné à son fils Henri, qui sera peu après associé au trône comme l'avait fait Hugues Capet pour Robert. Les grands feudataires perdent ainsi leur droit d'élection. Mais la jeune dynastie reste sous la menace des Grands, le domaine capétien étant resserré autour d'un étau. En 1026, le fils de Robert, Henri est sacré roi à Reims. Désormais, pour consolider la position du fils aîné, il est décidé qu'à la mort de son père, il hériterait de la totalité du domaine royal et qu'il n'y aurait pas de partage entre lui et ses frères. La loi salique utilisé par les Mérovingiens et Carolingiens est ainsi oubliée, le partage du royaume entre les fils avait déjà provoqué la dislocation du royaume de Clovis et le démantèlement de l'empire de Charlemagne lors du traité de Verdun. Ainsi, à la mort de Robert II le Pieux, Henri Ier a une position plus solide au sein du royaume.

 

Robert II le Pieux

Robert II est le premier roi thaumaturge. Depuis, tous les rois Capétiens auront le don de guérir les écrouelles (tuberculose ganglionnaire). Ainsi, après qu'un roi avait touché un malade, une guérison spontanée pouvait être liée au geste royal considéré comme une intervention divine.

 

 

Le règne d'Henri Ier

 

Henri est le second fils de Robert II le Pieux, il est associé au trône lorsque son frère aîné meurt en 1026. Devenu roi, Henri épouse la fille de l'empereur d'Allemagne qui décédera l'année suivante. Henri épouse donc en secondes noces Anne de Kiev. Leur fils, Philippe sera le futur roi, dès l'âge de sept ans, il est associé au trône. La situation d'Henri est assez délicate, sa mère, Constance souhaite voir son troisième fils sur le trône. Elle trouve l'appui de plusieurs feudataires notamment de Eudes II de Blois. Henri est contraint de se réfugier chez le duc de Normandie, Robert le Diable. Il a néanmoins de nombreux alliés : le comte de Flandres, le comte d'Anjou et l'empereur d'Allemagne, Conrad. Il rétablit la situation en attribuant la Bourgogne (qu'il avait reçu par son père) à son demi-frère. Ce sont les différentes querelles entres les seigneurs qui va permettre la sécurité du roi. En 1047, Henri gagne la bataille de Vals les Dunes contre les barons normands qui s'opposait au jeune duc Guillaume. Mais bientôt, le roi doit renverser son alliance, le duc normand étant devenu trop puissant. Mais Guillaume de Normandie remporte une victoire contre le roi et ses alliés. Henri Ier meurt en 1060, son fils Philippe Ier lui succède alors.

 

La conquête normande

 

Le duché de Normandie

 

Après le traité de Saint-Clair sur Epte en 911, la Normandie (terre des Normands) est attribuée à Rollon, un chef viking. Le roi Charles II s'assurait alors de la paix avec les envahisseurs scandinaves. Les Normands s'étaient convertis et ils étaient désormais des vassaux du roi de France. Les successeurs de Rollon prirent le titre de comtes de Normandie jusqu'à Richard II où ils devinrent des ducs. La Normandie n'échappa pas au processus d'émancipation des princes territoriaux. Les ducs rendent la justice, frappent leur monnaie, lèvent l'impôt... Mais à la différence des autres princes territoriaux, les ducs normands évitent de laisser des pouvoirs trop importants à leurs vassaux. Le duché est l'un des plus grands et des plus riches du royaume. L'aristocratie franque se mélangeait à une partie d'hommes d'origine scandinave. Le duché s'agrandit au fil des années notamment grâce à Guillaume Longue Epée, fils de Rollon. En 1028, Robert le Magnifique (ou le Diable) devient duc à la mort de son frère. Celui-ci aide le roi Henri Ier à lutter contre sa mère et ses frères rebelles. Il meurt subitement à Nicée au retour d'un pèlerinage à Jérusalem.

 

Guillaume le Conquérant

 

Pierre de la sépulture de Guillaume le Conquérant (cloître de l'église de l'Annonciade, à Florence - Italie)

 

Pierre de la sépulture de Guillaume le Conquérant (cloître de l'église de l'Annonciade, à Florence - Italie)

 

Guillaume « le Bâtard »

 

Avant de partir pour Jérusalem, Robert le Diable désigna l'un de ses fils, Guillaume pour lui succéder. La tradition normande voulait qu'un homme ait plusieurs épouses et qu'il puisse choisir l'un de ses fils pour l'hériter. Arlette, la mère de Guillaume était la fille d'un tanneur, son origine modeste fit valoir à Guillaume le surnom de « Bâtard ». Durant la minorité de Guillaume, les désordres se multiplièrent en Normandie. Guillaume était encore jeune et très souvent livré à lui-même face aux barons normands qui essayaient de s'emparer du pouvoir. Avec l'aide du roi Henri Ier, il mata la révolte des barons à Vals les Dunes. En 1050, il épouse sa cousine Mathilde de Flandres, contrairement à son père, il restera monogame et fidèle à son épouse. Les années suivantes sont marquées par des conflits féodaux, Guillaume se révélant un formidable homme de guerre. Il bat même les troupes royales d'Henri Ier. En 1066, Guillaume de Normandie est devenu l'un des plus puissants hommes du royaume. Il fonde la ville de Caen, en bâtissant son château et deux abbayes (l'Abbaye aux hommes dédiée à Saint Étienne et l'Abbaye aux dames dédiée à la sainte Trinité).

 

La conquête de l'Angleterre

 

En 1066, le roi d'Angleterre, Édouard le Confesseur meurt sans héritier. Le demi-frère d'Edouard, Harold monte sur le trône oubliant une promesse faite quelques années plus tôt qui faisait de Guillaume le successeur de son cousin Edouard. Guillaume prépare alors l'invasion de l'Angleterre. Il obtient d'abord l'excommunication d'Harold par le pape, car il avait reconnu le choix d'Edouard sur des reliques sacrées. Sous l'étendard papale, Guillaume préparait alors l'attaque de l'Angleterre. Des chevaliers de toute la France se joignirent à lui. Après avoir traversé la Manche, il débarque dans le Wessex. Le choc des armées a lieu à Hastings. Victorieux, Guillaume le Conquérant se fait sacrer roi d'Angleterre, le jour de Noël 1066. Cette date est fondamentale dans la monarchie anglaise. C'est la fin de la domination saxonne sur l'île. La conquête d'Angleterre est racontée par la tapisserie de Bayeux, l'un des chefs d'œuvre artistique du Moyen Âge (70 mètres de long). L'origine de la tapisserie reste énigmatique, la légende l'attribue à la reine Mathilde. Devenu roi, Guillaume accomplit une œuvre immense, construisant de nombreux monuments, notamment la Tour de Londres. En 1085, il commanda ce qu'on peut appeler un recensement au sens moderne, le « Livre du Jugement Dernier » ou Domesday's Book, qui faisait l'inventaire des hommes et richesses du royaume. Guillaume reste cependant le vassal du faible roi de France. Et cela va causer de véritables conflits entre les deux pays en raison des possessions anglaises sur le territoire français. Les Normands se sont également établis en Sicile, où Robert Guiscard s'établit en 1059, délivrant le pape assiégé à Rome. Plusieurs dynasties normandes se sont ainsi installées en Europe. En Angleterre, le français est la langue de la Cour, l'anglais est en fait un amalgame entre le saxon et le français qui représente environ 60% de son vocabulaire.

 

La bataille d'Hastings

Le 14 octobre 1066, les troupes normandes et saxonnes s'affrontent à Hastings. On compte environ 7 000 hommes dans chaque camp. L'armée saxonne est très disparate et essentiellement constituée d'hommes à pied qui ont pour seule consigne de « bombarder l'ennemi avec tous les projectiles possibles. » La ligne de front est protégée par une ceinture de boucliers. En face, l'armée de Guillaume paraît mieux organisée. Elle est constituée de normands, bretons, flamands, français... Une première ligne d'archers est chargée d'harceler l'ennemi tandis qu'une ligne de fantassin prend le relais. Les chevaliers suivent... Suivant le plan de Guillaume, les archers décochent leurs flèches sur les lignes adverses. Mais la chevalerie normande s'éparpille dans les marécages, c'est la déroute. Le bruit circule que le duc de Normandie a été tué. La panique gagne les rangs, les Anglais se lancent à la poursuite des fuyards. Guillaume ôte son casque et parcourt ses lignes afin que ses soldats le reconnaissent. Mais les défenses anglaises tiennent bon. C'est alors qu'il ordonne un simulacre de retraite. Un trait de génie ! Il attire ainsi les Anglais désorganisés et sans discipline pour mieux les occire. La bataille se prolongea l'après-midi. Harold meurt après avoir reçu une flèche dans l'œil. A la nuit, Guillaume avait gagné la bataille d'Hastings, ainsi que le trône de l'Angleterre. La bannière papale arborée durant la bataille confère à l'expédition le statut d'une véritable croisade contre le roi saxon. Transformant le pays en l'un des plus puissants d'Europe, les Normands ont importé l'arc long, qui fait sa première apparition à Hastings. Arme de prédilection des Anglais, ravageuse lors de la guerre de Cent Ans.

 

Détail de la Tapisserie de Bayeux

 

Détail de la Tapisserie de Bayeux

 

Le renforcement des rois Capétiens

 

Le règne de Philippe Ier

 

A la mort du roi Henri Ier, son fils Philippe est encore bien jeune pour régner. C'est son oncle, le comte de Flandre, Baudouin V (père de Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant) qui assure la régence. Philippe doit rapidement s'opposer à la puissance de Guillaume le Conquérant, devenu roi d'Angleterre en 1066. Ne pouvant le vaincre directement, Philippe joue alors de la diplomatie, en soulevant les fils du roi anglais contre leur père. Après l'avoir chassé de Bretagne, il soutient Robert Courteheuse, le fils de Guillaume qui a hérité du duché de Normandie. Pour récompense, Robert Courteheuse lui offre Gisors. Guillaume le Conquérant meurt en 1087, son autre fils Guillaume le Roux lui succède alors. Philippe continue alors de soutenir Robert contre son frère, il a l'intention de dissocier la Normandie de l'Angleterre. Guillaume le Roux projette l'invasion du territoire royal, c'est le fils de Philippe, Louis qui parvient à le chasser du royaume. En 1095, le pape Urbain II lance la Première Croisade, mais Philippe est écarté de l'expédition pour avoir répudié sa femme, contre la loi de l'Église. Philippe Ier a contribué à élargir le domaine royal en obtenant notamment le Vermandois, le Vexin français et le Gatinais. Mais la situation du capétien reste sous la menace des grands seigneurs du royaume, certains n'hésitent pas à piller le domaine royal. Vers la fin de son règne, Philippe laisse son fils Louis gouverner le pays. Il meurt en 1108, après un long règne de près de 50 ans.

 

Le règne de Louis VI le Gros

 

Après la mort de Philippe Ier, la transmission de la couronne au fils aîné du roi défunt semblait être acceptée par tous les Grands du royaume. Louis VI, comme son surnom l'indique, était assurément un homme gros, mais sa corpulence ne l'empêchait pas de mener la vie active à laquelle son titre de roi le condamnait. Suger, le grand conseiller de la couronne, nous a laissé ce portrait saisissant du souverain : « Placé entre les corps de bataille ennemis, l'épée à la main... il combattait corps à corps, faisant l'office d'un simple chevalier, non d'un roi. » Et c'est bien ainsi qu'il faut imaginer le roi de France au début du XIIe siècle, payant de sa personne, et, si les circonstances l'exigeaient, rougissant son épée du sang de ses ennemis. Louis le Gros défendit d'abord le royaume contre les entreprises étrangères : celle d'Henri Ier, roi d'Angleterre, et duc de Normandie. La guerre, qui tournait à l'avantage d'Henri (victoire de Brémule en 1119) s'interrompit après la disparition des héritiers du roi anglais lors d'un naufrage dans la Manche. Henri Ier entraîna alors son gendre Henri V contre la France, l'empereur allemand qui tenta sans succès, en 1124, d'envahir la Champagne. Mais Louis passa le plus clair de son temps à affermir son autorité à l'intérieur même du domaine royal : contre les barons pillards qui menaçaient la sécurité des gens d'Église et celle des marchands, ou contre ses vassaux indociles ou félons (traîtres), il porta la guerre, chevauchant sans cesse et livrant bataille sur bataille. Louis aura agrandi son domaine de l'Auvergne, du Poitou, du Limousin, du Périgord, du Bordelais, de l'Agenais et de la Gascogne. Le royaume de France commençait à prendre forme.

 

Couronnement de Louis VI le Gros, roi de France

Le premier texte faisant référence au mot France remonte à 1119. Sur une lettre adressée au pape Calixte II, Louis VI se déclare roi de France, non plus des Francs, et fils particulier de l'Église romaine.

 

(Bibliothèque Nationale de France)

 

(Bibliothèque Nationale de France)

 


 

Sources et liens

 

  • Encyclopédie Tout l'Univers (Hachette)
  • http://www.francebalade.com/histo/capetiens2.htm
  • http://www.herodote.net/histoire07030.htm

 

Les Capétiens (987-1xxx)

 

source : http://www.histoire-france.net/moyen/

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